Éducation et culture

Pour une meilleure diffusion de la culture économique en France

26 novembre 2010 • Agnès Verdier-Molinié

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Par une étrange ironie de l'histoire, l'organe chargé de la diffusion de la culture économique va bientôt disparaître pour des raisons essentiellement… économiques.

C'est en effet dans le cadre du plan gouvernemental de réduction des dépenses publiques que le Codice va devoir mettre un terme à l'opportune et passionnante mission de formation et d'information qui lui avait été confiée voilà quatre ans par le ministère de l'Economie. La création de cet organisme, dont le mandat n'est pas renouvelé, répondait à un besoin des Français, qui reste cependant d'une grande actualité avec les chantiers annoncés, notamment en matière de fiscalité et de dépendance.

Cette tribune cosignée par Agnès Verdier-Molinié, directeur de la Fondation iFRAP et membre du Codice, a été publiée dans Les Echos du 26 novembre 2010

Selon de récents sondages, il est en effet établi que la grande majorité des Français (75%) souhaite mieux comprendre l'économie et que près de deux sur trois (65%) de nos compatriotes se déclarent mal informés sur l'évolution de cette dernière. L'équipe du Codice a donc travaillé d'arrache-pied au cours de sa courte existence, lançant des pistes d'études, soutenant des initiatives de réformes, développant des actions et outils pédagogiques, favorisant le dialogue et les rencontres avec le monde de l'entreprise.

Le Codice a contribué activement au retour, dès la rentrée 2010, de l'enseignement économique dans les options obligatoires pour tous les élèves de seconde.

C'est encore le Codice, soucieux, en écho aux recommandations de l'Union européenne, de promouvoir les valeurs de l'entrepreneuriat, telles l'initiative et la prise de risque ou la gestion de projets en équipe, qui a soutenu, en concertation avec le ministère de l'Education nationale, l'action d'associations fortement engagées dans la découverte professionnelle. C'est toujours le Codice qui a accompagné le lancement des Journées annuelles de l'économie à Lyon, a développé un site (www.kezeco.fr) pédagogique gratuit qui décrypte l'actualité économique, très apprécié par les jeunes internautes (un tiers des 15-20 ans lui attribuent une note supérieure à 8 sur 10 d'après un sondage OpinionWay d'octobre 2010) mais aussi par les enseignants (54% saluent la qualité de son contenu), et un quiz annuel pour tester ses connaissances économiques. C'est enfin cette structure qui a sensibilisé les pouvoirs publics à la nécessaire implication des chaînes publiques de télévision dans cette démarche de pédagogie économique. Le Codice disparaît donc, mais ses missions perdurent.

La récente crise économique qui a engendré tant de tensions et d'incompréhensions dans le grand public faute de connaissance des réalités économiques et du monde de l'entreprise, a suffisamment démontré que les clichés subsistent et que la tâche des enseignants reste immense. Toutes les parties prenantes, pédagogues, journalistes, partenaires sociaux, pouvoirs publics, établissements bancaires et financiers et chefs d'entreprises se doivent de poursuivre aujourd'hui la route ouverte par le Codice. Les entreprises ont très largement investi le culturel et l'humanitaire, un champ nouveau s'offre à elles, celui de la citoyenneté économique et sociale. Une nouvelle structure reste à inventer pour prendre en charge ce « mécénat éducatif ». Il est en tout cas impensable que la diffusion de la culture économique en France puisse s'interrompre. Nous avons tous à y gagner.

Membres du comité exécutif : Nicolas Bordas, président, et Isabelle Knock-Méo, déléguée générale. Membres : François Dufour, Thibault Lanxade, Agnès Verdier-Molinié, Marie-Christine Levet, Etienne Wasmer, Yves de Kerdrel et Yseulys Costes.

Commentaires

  • Par Vladimir • Posté le 28/11/2010 à 15:42 L'économie est débat. Il y a plusieurs écoles. Ce qu'il faudrait, peut-être, ce serait financer des travaux d'écoles différentes.

    Par ailleurs, la pensée économique se développe à l'université. Que ne fréquentent ni les politiciens, ni les journalistes, ni les chefs d'entreprises, ni aucun leader d'opinion, tout ce beau monde sortant des grandes écoles.

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