Société civile

Éducation et culture

Éducation : l'enseignement public beaucoup plus cher que le privé

N° 114 • 29 juin 2011 • Agnès Verdier-Molinié

Avec, en 2009, 9,95 millions d'élèves scolarisés dans le public et 1,98 million d'élèves scolarisés dans le privé sous contrat, la France a la chance d'avoir deux systèmes d'éducation comparables : le public et le privé sous contrat. Dans un contexte de raréfaction des deniers publics, nous avons cherché à évaluer l'efficience budgétaire des deux modèles d'enseignement.

Nos premiers chiffrages issus des données statistiques du ministère de l'Éducation nationale font ainsi apparaître que l'enseignement public serait entre 30 et 40 % plus cher que le privé, même en intégrant les dépenses des familles, pour des résultats sensiblement similaires – voire meilleurs – dans le privé.

Question : d'où viennent ces écarts très importants ?

Certainement d'une addition de facteurs qui renchérissent fortement l'enseignement public par rapport à l'enseignement privé sous contrat. Nous avons cherché à montrer et expliquer la nature de ces écarts, en consultant les meilleurs experts des enseignements public et privé sur ce sujet. Plusieurs pistes d'explications de l'écart de dépenses sont possibles : les salaires, les retraites, les investissements... Nous avons suivi ces pistes afin d'expliquer l'écart de coût entre enseignement public et enseignement privé. Au final : 1.951 euros de surdépense par élève du premier degré et 2.788 euros de surdépense dans le second degré. En cause : le coût des retraites publiques ; des investissements plus importants pour les écoles, collèges et lycées publics et le coût des personnels techniques dans le public.

Mais même en supprimant ces « biais », l'enseignement public reste 1.313 euros plus cher dans le premier degré et 721 euros plus cher dans le second degré.

A lire dans ce dossier :

- Comparaison des retraites des enseignants du public et du privé
- Le coût de l'enseignement pour les familles
- Le financement de l'éducation par les collectivités locales
- Les propositions de la Fondation iFRAP

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