Budget et fiscalité

Emmanuel Macron doit stopper le train infernal de la fiscalité verte !

30 novembre 2018 • Agnès Verdier-Molinié

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Le gouvernement veut éteindre l'incendie de la révolte fiscale ? Il ne peut pas, dans ce cas, esquiver la question du tsunami de la fiscalité verte qui va nous tomber dessus. Selon les prévisions actuelles des finances publiques pour 2022, le produit de la fiscalité énergétique passerait, sous la présidence Macron, de 50 à… 67 milliards. Or, 17 milliards de plus, c'est une augmentation jamais vue, un Everest fiscal. Il est là, le cap infranchissable de la fiscalité écologique.

Pourtant, la France avait déjà une fiscalité écologique substantielle. Nous n'étions pas un pays réfractaire à cette notion, loin de là. Selon l'OCDE, la fiscalité verte représentait en 2016 en moyenne 1,63% du PIB des pays industrialisés, 1,90% en Allemagne, 2,21% en France, 2,22% en Suède et 2,43% au Royaume-Uni. Surtout, si les décisions d'Emmanuel Macron en la matière sont maintenues, la fiscalité verte représentera 2,53% du PIB en France en 2022. Nos concitoyens seront alors assujettis à l'une des fiscalités écologiques les plus élevées du monde.

Ce n'est pas tout. Pendant que la France veut devenir le premier de la classe en matière « d'impôts verts », la Suède, qui ne passe pas pour indifférente au sort de la planète, a baissé sa fiscalité écologique de près de 0,46 point depuis 2009. Même les Danois, qui ont le record du niveau de taxes écologiques, sont en train de les diminuer !

Mais rien n'y fait. Malgré la spectaculaire fronde des « gilets jaunes », Emmanuel Macron entend maintenir ses décisions en matière d'impôt écologique. Le premier ministre l'assure, le 1er janvier 2019, les taxes vont augmenter : « Le président l'a dit, on a fixé un cap et on va tenir ce cap. » Le gouvernement, pourtant, annonce dans un même souffle aux «gilets jaunes» 500 millions d'euros d'aides, chèques et primes à la casse ainsi que la mise en place d'un « Haut Conseil pour le climat et la réduction du parc nucléaire ». La réponse politique à la crise est vraiment trop faible. Le seul élément notable serait la mise en place d'une TICPE (la taxe sur les carburants) révisable à la baisse si les courts du baril venaient à monter.

Le président explique à juste titre que Nicolas Sarkozy puis François Hollande avaient, eux aussi, souhaité augmenter la fiscalité verte. Cela ne dispense pas d'identifier les causes de la vertigineuse montée en charge de la fiscalité écologique imaginée au ministère des Finances et d'en appréhender les effets sur les payeurs.

Depuis l'élection d'Emmanuel Macron à la tête du pays, quelques baisses d'impôts ou de cotisations sociales ont été entreprises, ce qui mérite d'être salué. Cependant, l'erreur de Bercy a été de vouloir compenser les pertes de recettes qui en résulteraient pour le Trésor public par une augmentation de la fiscalité verte et de la CSG. Bref, l'exécutif a choisi la facilité plutôt que d'engager une baisse sérieuse des dépenses publiques. Imaginons les hauts fonctionnaires des finances avec leurs ordinateurs. Quelque 3,8 milliards d'euros de taxe d'habitation supprimée en 2019 ? Ce sera 3,9 milliards de TICPE en plus.

Ce jeu de bonneteau incessant et douloureux ne peut à aucun moment satisfaire les Français. L'argument du fumeur qui roule au diesel ne porte pas. Tous les Français se retrouvent dans le sentiment d'un matraquage fiscal, il n'est que de consulter les derniers sondages en la matière.

La hausse des taxes « vertes » ne finance pas en majorité la transition énergétique. Il s'agit surtout de mesures de rendement pour remplir les caisses du Trésor public. Entre 2018 et 2019, le produit de la TICPE augmente de 3,9 milliards. Or, la quasi-totalité de cette somme viendra nourrir le budget général de l'État et seuls 80 millions seront reversés sur le compte d'affectation spécial « Transition énergétique », qu'on appelle dans le jargon administratif un fonds dédié.

La France est désormais le pays le plus taxé d'Europe avec des prélèvements obligatoires qui représentent près de 45,6% du PIB, contre 40% en moyenne dans les pays de la zone euro.

Depuis 2017, la France a passé la barre symbolique des 1.000 milliards d'euros d'impôts et de taxes payés par les Français et les entreprises (1.038,5 milliards hors crédits d'impôts). Ces prélèvements, en 2022, feront un bond et atteindront 1.188 milliards si les décisions fiscales prévues sont maintenues.

Le mouvement des « gilets jaunes » n'est que le début d'une prise de conscience aiguë que le poids des taxes et des impôts ne va pas baisser si la politique gouvernementale ne s'attaque pas enfin à la baisse de la dépense publique et à la transformation de notre modèle social. D'autant plus qu'entre en application en janvier 2019 (autant dire demain !) le prélèvement à la source de l'impôt sur le revenu, qui va renchérir le poids du prélèvement et le complexifier.

Tous les gouvernements français ont peur d'une vraie baisse des dépenses publiques. Diminuer sérieusement les dépenses pour alléger la fiscalité ? Cela veut dire rehausser l'âge de départ à la retraite, augmenter la durée du temps de travail réel des agents publics, lutter contre l'absentéisme dans nos administrations, recentrer l'État sur ses missions régaliennes, responsabiliser les exécutifs territoriaux.

On peut encore sortir par le haut de cette désastreuse situation. Ne tombons pas dans la facilité en montant les ruraux contre les urbains, les retraités contre les actifs, les « héritiers » contre les « non-héritiers », les collectivités locales contre l'État : ce serait irresponsable et tellement triste.

Reste l'urgence pour désamorcer la crise des « gilets jaunes ». Il n'est jamais déshonorant de reconnaître une erreur. Le président de la République doit renoncer à l'augmentation de la fiscalité verte et à ces 17 milliards de recettes. Et les compenser, cette fois, par des baisses de dépenses. Il lui appartient de fixer un nouveau cap en termes de taux de prélèvements obligatoires à atteindre en 2022 ainsi qu'en dépenses publiques, en part de la richesse nationale mais aussi en euros. Rien n'est encore perdu pour la France mais il faut faire vite et changer de cap.

Cette tribune a été publiée dans les pages du Figaro, le vendredi 30 novembre 2018. A voir, en cliquant ici.

Commentaires

  • Par Bernard 412 • Posté le 30/11/2018 à 16:46 La France a une des administrations les plus coûteuses de tous les pays de l'OCDE par tête d'habitant. Elle n'est pas mieux administrée que les autres pour autant... Pire, chaque fois qu'un haut fonctionnaire fait un rapport sur un dysfonctionnement de l'Etat, il conclut à un manque de moyens. Inutile d'être Aristote pour conclure que d'une part c'est injurieux pour les fonctionnaires, déjà plus nombreux que leurs homologues des pays voisins et d'autre part, cela prouve l'inconséquence du fonctionnaire auteur du rapport puisqu'objectivement, il y a déjà plus de moyens que dans les autres pays. Mais les hommes politiques, pour la plupart issus du même moule, ne veulent pas toucher à un cheveu de la tête d'un seul fonctionnaire. Combien de postes de fonctionnaires a-t-on supprimé quand on a demandé aux entreprises de se substituer à l'Etat pour prélever l'impôt ? Alors il faut bien trouver de l'argent. Comme l'environnement et le climat constituent la nouvelle religion d'Etat, elle est utilisée comme justification suprême pour ponctionner toujours plus le citoyen au profit de l'administration. La haute fonction publique est notre nouvelle noblesse : on ne devient plus noble par la naissance, mais par le succès à un concours passé à l'âge de 20 ans qui donne à son lauréat droit à une rente à vie payée avec l'argent du peuple... Cette noblesse, comme celle d'ancien régime n'a toujours qu'un souci, ponctionner davantage le peuple pour financer son train de vie. Et elle s'en donne les moyens : au pays de Montesquieu et de la séparation des pouvoirs, les fonctionnaires, agents du pouvoir exécutif, se sont octroyé le droit d'être aussi députés, donc législateurs. Tant que cette anomalie démocratique subsistera, la loi n'assignera au peuple qu'un seul rôle, celui de payer toujours plus d'impôts pour que l'administration puisse dépenser toujours plus d'argent.
  • Par Gauthereau • Posté le 30/11/2018 à 16:40 Le théorème de base de Bercy ou des "sanguinaires" : inventer des taxes latérales . Il faut se souvenir de la vignette automobiles et plus récemment le "lundi de Pentecôte." Pour mémoire Mme Merkel en prenant son premier ministère c'est aperçue qu'elle n'était là que pour prononcer des discours, alors elle a "viré" les têtes de son ministère........
  • Par Mio • Posté le 30/11/2018 à 16:36 Ne serait-il pas juste de déduire du revenu imposable tout impôts payé par ailleurs ex: la taxe foncière de l'habitation principale ? Car nous payons un impôts sur de l'impots
  • Par Théophile • Posté le 30/11/2018 à 16:30 Ce qui ne fonctionne plus et aboutit au non consentement à l'impôt c'est le vieux principe de non affectation des recettes aux dépenses. Les gens veulent savoir pourquoi ils payent et ne supportent plus le pouvoir excessif et opaque de Bercy. On peut repartir de principes simples à base zéro : - Tout service public (y compris régalien strict) doit être financé par une redevance (à défaut une taxe) dont le tarif à l'unité d'œuvre sera calé sur celui du pays de l'OCDE le plus performant sur ce service (en qualité/coût). - Tout citoyen résidant légalement en France fournit en plus (par exemple) à l'état 50% de ses gains en revenus primaires et accroissements de patrimoine et reçoit en contrepartie (par exemple) 1000 euros par mois. On fait en sorte que ce soit équilibré. Là au moins ce serait clair et le résultat serait au fond assez raisonnable, pas moins en tout cas que ce qu'on fait aujourd'hui en gaspillant inutilement beaucoup plus d'argent.
  • Par MAX • Posté le 30/11/2018 à 15:59 Ceux qui s'aperçoivent de la complexification et du surcoût du prélèvement à la source sont fautifs de ne pas les avoir dénoncés il y a deux ans. J'ai rédigé un article (publié dans une revue professionnelle) pour le démontrer. Mais les journalistes et économistes que j'ai sollicités ont continué à faire l'apologie du PAS. Il était encore temps il y a un an, de stopper cette stupide et coûteuse réforme. (article à votre disposition). MAX
  • Par JeanRen • Posté le 30/11/2018 à 15:51 Le réchauffement anthropique est maintenant une certitude. J'ai suffisamment consulté le rapport scientifique édité par le GIEC pour le savoir. Ce rapport est de qualité, chaque chapitre faisant référence à des milliers de publications de journaux scientifiques utilisant des référés. L'urgence absolue est de ne pas dépasser +2°C, voire 1,5. Mais nous sommes les plus vertueux dans l'OCDE en émission de GES, après la suède et la Suisse. Ceci grâce au nucléaire, au gazole. Alors il faudrait faire plus en centrales nucléaires, ce qui donne un sursis de 30 ans environ. Mais EdF est surendetté et la nationaliser avec sa dette ne changera rien, ni pour elle, ni pour l'État. Un progrès significatif serait de revoir toute notre politique anti GES en classant les actions par efficacité et au cout à la tonne de CO2 évité. (voir en particulier les courbes d’abattement de CO2 éditées par Kinsey). Et ne choisir de nouvelles actions que d’après ces données. Mais cela ne suffira probablement pas. Alors, attendre que les autres nous aient rejoint en émissions ramenées à l'habitant, et ensuite ? N'oublions pas qu'aller à +3°C sera une catastrophe pour l'humanité et la biodiversité.
  • Par MAX • Posté le 30/11/2018 à 15:51 Ceux qui aujourd'hui s'aperçoivent de la complexification et du surcoût du prélèvement à la source sont vraiment fautifs de ne pas avoir fait campagne contre le PAS il y a deux ans. J'ai d'ailleurs rédigé un article (qui a été publié dans une revue professionnelle) pour l'expliquer, mais les journalistes et économistes sollicités ont continué d'en faire l'apologie au lieu d'inviter à le stopper, ce qui était encore possible il y a un an. MAX
  • Par Keomar • Posté le 30/11/2018 à 15:32 Une croissance du PIB et du pouvoir d'achat qui ne profite qu'aux plus riches et aux urbains, qui n'est qu'une moyenne dans laquelle il y a des masses de perdants et un petit nombre de gros gagnants, nous conduit dans le mur. Or cela constitue l'un des plus grands risques de la mondialisation, de l'Europe et de la "métropolisation". La taxe carbone version Macron amplifie cela en faisant financer, et supporter matériellement, par les provinces, des mesures idéologiques, contestables d'ailleurs (bannissement de diesels récents qui ne polluent plus et rejettent moins de CO2 et moins de particules --si, si! -- que les essences, sacralisation de voitures électriques sur les quelles il y a beaucoup à dire), voulues par des populations déjà favorisées. Les aides gouvernementales "à la casse" sont un désastre: destruction de tout un patrimoine automobile, appauvrissement aggravé des destinataires des aides, qui ne pourront en profiter qu'en dépensant encore plus, tout ça pour acquérir un véhicule à essence qui consommera plus qu'un diesel! On marche sur la tête! On voudrait augmenter les émissions de CO2 qu'on ne s'y prendrait pas autrement. Cela fera-t-il de la "croissance" . Bien sûr, si l'on ne rentre pas dans le calcul la dépréciation des véhicules bons à casser (ceux qui le seront vraiment plus ceux qui ne le seront pas mais qui seront quand même dévalués). Même si l'on admet la réalité d'une croissance ainsi obtenue, à qui va-t-elle profiter? Pas à ceux qui auront été "aidés" à dépenser pour ne rien avoir de plus, mais à ceux qui vont récupérer la mise en vendant des véhicules neufs, autrement dit les déjà favorisés, voir ci-dessus! Et la mise c'est quoi? Ce que les "pauvres" auront dû payer plus la prime gouvernementale, autrement dit les impôts de demain qu'on financera, j'imagine, avec la prochaine hausse de taxes sur les carburants. Les gilets jaunes ont mille fois raison. Ce qui inquiète c'est que le gouvernement s'est tellement enferré et entêté dans une logique fausse de A à Z, inspirée par les gourous à la Hulot, qu'on se demande comment il va être possible de rectifier le tir et de sortir de la crise. La deuxième chose qui inquiète c'est qui après Macron? Aucun politique actuel ne semble assez clairvoyant pour établir un programme de développement économique visant l'augmentation de la production dans le sens d'un enrichissement réel des citoyens (donc déduction faite des dépréciations d'actifs comme la casse obligatoire de véhicules) et une adhésion réelle mais raisonnée à l'Europe: assez de beaux discours et de leçons données à ceux qui font mieux que nous, mais mise en œuvre d'une politique fiscale dans la moyenne, fin des surenchères par rapport aux règles européennes, fin des déficits, résorption de la dette etc. On en est loin! On me dira qu'il est difficile de baisser les dépenses. Croyez-vous? Il suffit de circuler pour voir l'argent dépensé pour gêner la circulation et donc au final nuire à l'efficacité économique (et rejeter plus de CO2). On entend des politique parler d'investissement concernant par exemple la destruction d'une centrale, destruction qui va "créer des emplois". Pas la peine de chercher si loin pour créer des emplois, il suffit de payer quelqu'un pour creuser un trou, puis pour le reboucher! Ce sera moins dommageable, au moins n'aura-t-on pas détruit un outil. On ferme des petites lignes parce qu'elles ne sont pas rentables, pour construire des lignes TGV.... dont on sait d'avance qu'elles ne seront pas rentables! Dans l'état où est la France, plus aucun investissement ne devrait être lancé sans la démonstration de sa profitabilité globale. Si ces 3 axes avaient été lancés il y a 18 mois (productivité, Europe harmonieuse, audit de rationalité des investissements publics), nous n'en serions certainement pas là aujourd'hui, des résultats seraient là, le moral aussi, et le consentement à l'impôt aussi.
  • Par Jean-Louis • Posté le 30/11/2018 à 15:21 transition écologique oblige et désertification des campagnes et centres villes :pourquoi ne pas TAXER les DRIVES (surtout en SUV et Cross-Over) et le commerce en ligne ?par exemple
  • Par Malauzat Patrick • Posté le 30/11/2018 à 15:18 Ajoutez à la réduction des dépenses publiques la nécessité de réduire la dette qui, avec la remontée des taux d'intérêt, va nous coûter encore plus cher. Ce sera un effort à étaler sur des années.Bien au-delà d'un quinquennat.
  • Par Seagal le justicier • Posté le 30/11/2018 à 15:06 L'article invite à ne pas sombrer dans la facilité en opposant les français entre eux mais présente nombre d'informations fallacieuses contre l'Etat et ses agents. La cohérence intellectuelle n'est décidément pas le fort de l'Ifrap. De même, je vais vous adresser une calculette. Elle vous permettra d'additionner les cadeaux faits aux "premiers de cordée" (ISF, flat tax et exit tax) et aux multinationales (CICE). Sans oublier l'évasion fiscale massive, largement cautionnée par vos écrits exagérant l'enfer fiscal que serait devenue la France! Le mouvement des "gilets jaunes" vous dépasse car les gens réclament moins d'impôts pour eux mais plus pour les puissants de la "macronie" dont vous faites partie.
  • Par ludovic Penin • Posté le 30/11/2018 à 15:05 Les ayatollahs verts ont pris le contrôle du développement stratégique du pays, auxquels le gouvernement a donné carte blanche. Celui-ci a engagé, sous l’influence des mensonges et illusions du GIEC et des accords de Paris totalement infondés et irréalistes, un gigantesque projet de refonte totale de notre société, sans aucun fondement scientifique ni économique, avec un impact majeur sur la vie de chacun de nos citoyens, impliquant des dépenses sur six ans d’au minimum 600 milliards d’euros!! M. Macron n’a aucun mandat pour le faire, et doit impérativement demander l’avis du peuple par référendum. On aura enfin au moins un vrai débat sur ces sujets cruciaux.
  • Par CASALIS • Posté le 30/11/2018 à 15:03 Une récente publication de l’Union Française des Consommateurs UFC fait le constat que « 70 % des offres d’électricité proposées au grand public par la vingtaine d’acteurs qui se partagent le marché s’affichent désormais « 100 % vert ». Et de rappeler que tous secteurs confondus, le nucléaire a produit en France 72 % de l’électricité en 2017, les centrales thermiques au fioul, au charbon et, surtout au gaz 11 %, et les renouvelables 17 %. Sachant que l’hydraulique pèse pour 10 points dans ce total, les nouvelles énergies dites renouvelables (éolien, photovoltaïque, biomasse, etc.) ne dépassent pas 7 %. Cette quantité est d’autant plus faible que la consommation électrique ne représente qu’environ 45 % de la consommation énergétique totale. Or l’électricité est totalement fongible et ne permet en aucun cas de distinguer son origine. Commercialiser une offre 100 % renouvelable n’est possible que par un artifice : celui des certificats verts. 1) Le terme "vert » sous-entend un recours exclusif aux énergies renouvelables. Le consommateur est donc invité à croire que la totalité de l’électricité qu’il achète répond à des exigences de protection de la nature plus élevées qu’auparavant. En réalité, il consomme pour l’essentiel de l’électricité « classique ». Le terme "électricité verte" cache donc une supercherie. 2) Le terme « vert » est lui-même ambigü : est-il réservé aux énergies susceptibles de se renouveler en permanence, sans épuiser les ressources disponibles, ou est-il destiné à insister sur le caractère non émetteur de gaz à effet de serre ce qui est très différent ? L’hydraulique, stable et pilotable, remplit les deux critères : elle est assurément la plus verte des ressources. 3) Si l’objectif est de ne pas émettre de gaz à effet de serre, le nucléaire est tout aussi « vert » : il n’en émet pratiquement pas. De ce point de vue, il mérite ce qualitatif. 4) Les énergies intermittentes, le photovoltaïque et l'éolien, sont qualifiées d’énergie verte. Or ces énergies n’existent que dans leur interdépendance avec d’autres filières énergétiques puisqu’il faut compenser leur intermittence et les aléas de leur production. En France, l’éolien est principalement couplé à la filière gaz qui prend le relais pour compenser un rendement moyen de 23 %. Il s’agit en réalité d’une filière éolien-gaz. Celle-ci contribue non seulement à l’épuisement des ressources fossiles mais augmente l’émission de gaz à effet de serre. De plus elle porte gravement atteinte à la biodiversité et à la dégradation des sols (atteinte aux sous-sols et en particulier aux nappes phréatiques) ce qui n’est pas le cas du photovoltaïque. L’électricité éolienne est –elle verte ? 4) Des filières vraiment vertes (le biométhane ou le biogaz) sont à peine aidées par les pouvoirs publics. On se demande pourquoi, alors qu’il s’agit, avec l’hydraulique, des meilleures ressources énergétiques (réduction de l’émission des gaz à effet de serre, recyclage des déchets). 5) La réalité est que les centrales nucléaires sont actuellement, avec l’hydraulique, la meilleure protection contre l’émission de gaz à effet de serre et le réchauffement climatique, puisqu’elles n’en émettent pas. Respecter les engagements français d'émission de gaz à effet de serre impliquerait que les investissements soient massivement orientés vers cette filière avec un effort de recherche sans précédent pour réduire encore les déchets résiduels.Le professeur Gérard Morou vient d’être récompensé par le prix Nobel pour ses travaux de physique qui ouvrent la voie au retraitement absolu des déchets nucléaires 6) Les « certificats verts » fonctionnent par un artifice : ils ne sont « verts » que pour autant que les consommateurs les qualifient comme tels par la signature d’un contrat. C’est un mécanisme inversé voulu par la Commission Européenne et le législateur. Tout contrat dit « vert » assure par la loi un gain supplémentaire au distributeur. La « vertitude » n’est pas une réalité scientifique : c’est un acte de foi. Toute personne peut ainsi enrichir un intermédiaire commercial en mettant le coût de sa décision à la charge des autres consommateurs. On comprend l’engouement des distributeurs à verdir leurs contrats. Dès lors, il est sidérant que le Président Macron, conseillé par des idéologues éloignés de la réalité, ait décidé de s'engouffrer dans le piège de la fiscalité verte pour verdir son discours. Payer 70 à 80 milliards d'euros dans les 10 ans à venir, pour des investissements inutiles, est une aberration sociale qui explique la forte hausse déjà annoncée du prix de l'électricité en 2019. Macron sera vite rattrapé par la réalité, même s'il a pris le soin de différer les effets de ses décisions après la fin de son quinquennat. Il s'agit de tout sauf d'une décision rationnelle mais d'une démagogie regrettable. On retrouve l'ancien monde !
  • Par napo • Posté le 30/11/2018 à 14:51 Bercy doit montrer l'exemple: supprimer la moitié de ses 'haut fonctionnaires' en un an.
  • Par Jidé • Posté le 30/11/2018 à 14:36 Pour que Macron ne veuille pas céder par rapport à la suppression de l’augmentation des taxes sur les carburants jusqu'en 2022,peut-être qu'il ne le peut pas. En effet n'y aurait-il pas eu un accord secret avec Bruxelles du genre:" vous me fichez la paix sur la dette et moi je m'engage à suivre les directives sur l'écologie..."?
  • Par phidias • Posté le 30/11/2018 à 13:43 Il n'y a pas réellement de fiscalité verte, à l'évidence elle sert d'argument pour augmenter la pression fiscale sous des apparence présentées comme vertueuses, afin de boucher les trous provoqués par L'absence de réduction des dépenses, une redistribution incontrôlée clientéliste, et le financement de l'immigration.
  • Par Zoïle • Posté le 30/11/2018 à 13:25 Connaissez-vous la différence entre un énarque et un train ? Un train, quand il déraille, finit par s'arrêter.
  • Par Tharpon • Posté le 30/11/2018 à 13:14 Oui. Tant que la sphère publique d’Etat et des collectivités ne sera pas dégonflée, les dépenses resteront élevées. Les politiciens et élus pratiquent l’entre soi , restent aveugles et ne comprennent pas que le pays est en phase pré insurrectionnelle. Etat et collectivités non compétitives, obèses qui ne protègent que leurs jobs et ne travaillent pas à l’interet genéral Macron’s+ Philippe ´s + ville de Paris’s= ENA + X = LOUIS XVI We want ou money back TINA Réduisez la sphère publique
  • Par DOKI • Posté le 30/11/2018 à 12:41 Pourriez vous faire un mémo sur la TVA appliquées sur les taxes, qui me semble constituer - à défaut dune erreur historique sur la définition marxienne de la valeur-ajoutée - une hérésie en matière de comptabilité publique. çà me semble un énorme point de levier pour maximiser les recettes fiscales sur des taxes spéciales en tous genres et troubler ainsi la finalité de leur justification. Merci
  • Par espoir37 • Posté le 30/11/2018 à 11:19 Pour financer notre modèle social, la France doit fixer un plafond, par exemple 43% et le graver dans la loi pour bloquer tous les gouvernements successifs sinon, à quel taux arrêterons-nous? Les français ne sont pas réfractaires à l’impôt mais à l'overdose d’impôt!

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