Budget et fiscalité

Dépenses publiques : Macron peut mieux faire

04 janvier 2018 • l'équipe de la Fondation iFRAP

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Tous les mercredis avant le Conseil des ministres, Le Macronomètre, l'observatoire des réformes du gouvernement lancé par la Fondation iFRAP attribue une note aux réformes d'Emmanuel Macron. Cette semaine, comme publiée dans une tribune dans la version en ligne du Figaro, la note est de 4/10 à la baisse des dépenses publiques. 

Le président Emmanuel Macron s'est engagé, pendant la campagne, à faire 60 milliards d'économies sur la durée de son quinquennat. Son gouvernement a porté l'effort à 80 milliards d'économies sur les dépenses publiques d'ici 2022. L'ambition est bonne (La Fondation iFRAP proposait de baisser les dépenses de 95 milliards d'euros d'ici 2022 et de 100 milliards d'euros d'ici 2024) mais attention ! Dans l'évaluation du Macronomètre, on constate que ces économies sont survendues et peu fiables dans le budget 2018 et leur programmation jusqu'en 2022.

Le plus important : le gouvernement a usé d'une tactique classique pour gonfler les économies promises, celle d'une surévaluation implicite de la hausse mécanique des dépenses. Grâce à cela, le gouvernement affiche 46,4 milliards d'économies virtuelles… sauf que celles-ci sont, en quelque sorte, virtuelles. L'évaluation de la Fondation iFrap faite pour le Macronomètre conclut provisoirement à un respect des promesses du train des économies les 2 premières années avant un décrochage en 2020 : si la trajectoire des dépenses n'est pas réorientée, Emmanuel Macron n'aura réellement économisé que 37,6 milliards d'euros d'ici 2022.

On constate aussi que les économies ont été repoussées dans la loi de programmation 2018-2022 par rapport aux objectifs annoncés juste après l'élection. À l'époque les objectifs du gouvernement étaient de 20 milliards d'euros d'économies en 2018, 38 milliards en 2019, 58 milliards en 2020, 71 milliards en 2021 et 80 milliards en 2022. Fin 2017, tout a été revu à la baisse puisque les économies attendues en 2018 sont désormais de 14 milliards, 26 milliards en 2019, 42 milliards en 2020, 60 milliards en 2021 et 80 milliards en 2022 pour respecter la promesse. Plus elles s'éloignent, plus la réalisation de ces économies est improbable.

À noter, le gouvernement a changé la présentation des économies par rapport au tendanciel (rythme des dépenses inchangé). Une présentation à la fois plus sincère… et plus trompeuse ! Plus sincère car la baisse des dépenses en volume par rapport au PIB est un véritable alignement sur les autres acteurs économiques. Cela va permettre de rompre avec les évaluations tendancielles contradictoires (systématiques) entre la Direction du Budget et la Cour des comptes. Plus trompeuse car avec une révision du PIB à la hausse +1,9% en 2017 et un acquis de croissance de 1,7% en 2018, la dépense publique va baisser et des économies supplémentaires apparaître mécaniquement sans avoir à économiser plus en euros courants….

Si on trouve pas mal d'économies documentées au niveau de l'État pour 2018 mais déjà en baisse (APL: 800 millions et hausse de TVA de 700 millions contre 1,7 milliard de baisse initialement), elles sont moindres au niveau de la Sécurité sociale (incertaines sur l'hôpital). Et pour la sphère locale elles dépendront des négociations avec les (très nombreux) partenaires locaux… C'est peu encourageant et il semble que là, encore, le temps soit l'ennemi du gouvernement pour des économies dès 2018.

 

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