Société civile

Agriculture et énergie

La France face aux choix énergétiques

N° 143 • 14 février 2014 • Philippe François

À l'heure où les débats sur la compétitivité du pays, il convient de rappeler que, grâce à l'énergie nucléaire, le prix du Mégawattheure en France est l'un des plus bas d'Europe : 88 euros TTC pour l'industrie contre 134 euros en Allemagne. Mais le coût de production d'un MWh varie énormément d'une technologie à l'autre : de 1 (nucléaire) à 7 (photovoltaïque). Côté gaz, ces 10 dernières années, la production de gaz et de pétrole non conventionnels (schiste, houille…) a révolutionné la production d'énergie en Amérique du Nord et la France aurait l'un des potentiels les plus importants d'Europe : 3,800 milliards de mètres cubes d'après le département de l'énergie américain, soit 80 ans de consommation nationale alors qu'aujourd'hui, la France importe 99% de sa consommation de Gaz.

Or la Fondation iFRAP a évalué que réduire la part du nucléaire de 75 à 50%, comme cela a été annoncé par le gouvernement, pour augmenter la part de l'énergie renouvelable, conduirait à une augmentation de la facture de 30 milliards d'euros par an pour le consommateur.

Les propositions principales de la Fondation iFRAP pour renforcer l'indépendance de la France en matière d'énergie :

  • Maintenir en fonction les centrales nucléaires certifiées par l'Autorité de sûreté nucléaire, et jugées rentables par leur propriétaire.
  • Construire en permanence un puis deux réacteurs nucléaires en France, soit quatre d'ici 2030 – débuter en 2017 la construction de la centrale EPR de Penly.
  • Moduler finement le prix de l'électricité en fonction de son coût (saisonnier, journalier, horaire).
  • Évaluer le potentiel du gaz et du pétrole de schiste et mener des exploitations expérimentales. Passer à la production si elle est sûre et rentable.
  • Accentuer la recherche sur les technologies d'avenir (photovoltaïque, biomasse de seconde génération, nucléaire de 4ème génération, géothermie profonde, stockage hydrogène/méthane).
  • Supprimer les subventions et obligations d'achat aux technologies actuellement non compétitives.
  • Lancer la réflexion sur les moyens de défense contre les effets du dérèglement climatique.

Commentaires

  • Par Philippe François • Posté le 01/05/2014 à 10:56 Il me semble que les véhicules GPL munis de soupapes (donc tous) sont admis dans tous les parkings depuis 2009. Mais en ce qui concerne votre remarque de fond, c'est en effet à tort que j'ai indiqué "GPL" après "véhicules à gaz". J'aurais dû soit ne rien péciser après "véhicules à gaz", soit indiquer GPL ou GNV.

    Wikipedia fournit une bonne description des avantages et inconvénients des deux:
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Gaz_naturel_pour_véhicules
    Avec mes remerciements pour votre complément d'information.
  • Par Pierre • Posté le 01/05/2014 à 10:56 Compte tenu de l’impacte de vos articles sur des décisions politiques, je souhaite apporter ma participation avec un petit complément sur votre article relatif aux « sources et caractéristiques des énergies disponibles ». Page 16, vous proposez de « favoriser l’utilisation du gaz », ce en quoi je m’efforce de convaincre mon entourage et les élus de ma commune depuis 2001 d’autant que je suis délégué au SIGEIF. Mais votre phrase est complétée par : « relancer les véhicules fonctionnant au gaz GPL » et là je ne peux pas vous suivre. Le gaz GPL a au moins un gros inconvénient, celui de ne pouvoir être stocké dans un bâtiment fermé parce que s’il y a une fuite, il reste au sol et devient très dangereux. C’est pour cela que les voitures équipées au GPL sont interdites d’accès dans les parkings souterrains et garages fermés.
    Par contre, le GNV (Gaz Naturel de Ville) n’a pas ces inconvénients. Il est plus léger que l’air et se dissipe rapidement. Il se comporte comme le gaz butane en bouteille que connaissent encore quelques ménages pour faire la cuisine et parfois même pour se chauffer. Il y a environ 10 ans, Citroën avait sorti une voiture équipée d’un moteur tournant au GNV. Un tel modèle avait d’ailleurs été offert à l’école PETIER à Villeneuve la Garenne qui forme des jeunes gens aux métiers de garagiste.
    En 2005, j’ai essayé de convaincre la direction des services techniques de la ville d’acheter ce type de véhicule d’autant que le SIGEIF subventionnait en partie l’installation d’un compresseur pour remplir le réservoir des voitures à partir du réseau gaz de ville. Cette proposition n’a pas été retenue parce que la distribution de GNV chez les pompistes restait absente.
    Ces temps derniers, le conseil de l’Europe à demandé que les pompistes européens complètent leurs équipements avec une distribution de GNV. Pour moi, c’est une occasion inespérée de débloquer la situation et d’arrêter le déploiement des voitures électriques que l’on peut comparer à l’absurdité des ampoules fluo-compactes que vous mentionnez en page 21.
    Même si je ne développe pas ici une analyse fine des avantages et inconvénients des énergies pour véhicules, j’espère toutefois vous avoir convaincu que pour les 50 à 80 ans à venir, la substitution des carburants essence, fuel et électricité par le GNV est une solution indiscutable et à promouvoir pour réduire la pollution et probablement autre chose. Je vous fais confiance pour développer un article sur ce sujet et intéresser les politiques à vouloir que la France soit moteur en Europe sur cette approche.
  • Par Marcel Terrier • Posté le 13/04/2014 à 08:40 Bonjour,

    OK pour les centrales nucléaires et la recherche en matière d'énergie.
    Vous oubliez de traiter à part la question du transport qui demande une énergie concentrée et sûre. Aujourd'hui seuls les hydrocarbures répondent à ce besoin et il faut donc les obtenir sans passer par les énergies fossiles. Le stockage et la concentration énergétique sont deux exigences qui justifient de dépenser de l'énergie pour les satisfaire.

    Vous faites allusion aux dérèglements climatiques mais vous ne prenez pas la peine de vérifier ce que cette expression cache. Penchez vous scientifiquement sur les causes des variations climatiques et vous constaterez que le fameux consensus GIEC n'existe pas et que ces variations n'ont rien à voir avec l'activité humaine. Pour ce faire mettez dans vos thèmes de recherche l'analyse des vraies causes des variations!
  • Par jhu • Posté le 05/04/2014 à 14:48 "Maintenir en fonction les centrales nucléaires certifiées par l’Autorité de sûreté nucléaire, et jugées rentables par leur propriétaire.", certainement vrai, allez demander aux habitants a 100 km autour de fukushima; ah oui aussi autour de Tchernobyl; le nucléaire a peut être des avantages, mais si les arguments occultent toujours la part sécurité et la part retraitement futur (coût) alors il sont toujours biaisés et donc normal que les opposants aient de vrais arguments.
  • Par Philippe François • Posté le 04/04/2014 à 15:54 Nous estimons que le système Tempo n'est pas assez fin et donc pas assez incitatif.
    Malgré des taxes élevées, l'électricité est moins chère en France, notamment pour les particuliers.
    Chacun est absolument libre de consommer ce qu'il souhaite dans la mesure de ses moyens.
  • Par chris • Posté le 04/04/2014 à 15:53 Le systeme de facturationexiste deja:tarif de nuit, systeme Tempo.
    Tant qu'affirmer que le courant est le moins cher en France: regardez donc les taxes que l'on paie sur cette énergie en ce qui me concerne j'ai sorti la bougie et je fais presque tout àl'eau froide.

    @+
  • Par jipebe29 • Posté le 04/04/2014 à 15:31 Il s'agit d'une idéologie, construite sur des hypothèses non prouvées et de la science fausse. Il n'y a plus de RC depuis 1997, et l'action présumée du CO2 sur la TMAG (température moyenne annuelle globale) est fausse. Donc, au nom de cette absurde idéologie, on nous impose des dépenses pharaoniques pour des prunes, alors que nous avons bien d'autres problèmes, bien réels, à traiter.
    Voir: http://dropcanvas.com/#wJc9FpE34332em
    http://www.contrepoints.org/2013/10/15/142693-il-faut-donner-le-prix-nob...
    et :
    http://dropcanvas.com/#SAn7p952RfNrCE
    Il serait temps que l'IFRAP en prenne conscience et agisse auprès de nos politiques pour faire cesser ces absurdes politiques climat-énergie.