Agriculture et énergie

Agriculture : les SAFER en déficit

Eviter un futur plan social

11 janvier 2011 • Philippe François

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En 2010, une dizaine des 27 Sociétés d'Aménagement Foncier et d'Etablissement Rural (SAFER) qui couvrent tout le territoire de la France ont eu des problèmes pour équilibrer leur budget. Ralentissement économique, stabilité des prix des terres agricoles, stock excessif de propriétés constitué par les SAFER, embauches excessives, investissements hasardeux hors de leur champ normal et notamment dans des propriétés très haut de gamme. Les causes peuvent être nombreuses mais cela tombe mal à un moment où l'utilité des SAFER et leur mode d'intervention sont de plus en plus remis en question.

Ces déficits sont inquiétants pour le monde rural : pour les combler, les SAFER, sociétés privées au statut étrange, seront tentées de multiplier leurs transactions et d'augmenter leurs marges déjà souvent supérieures à celles des agences immobilières. Leur droit de préemption et, plus souvent encore, la simple menace de la préemption, leur permettent d'accroître le nombre de leurs transactions en fonction de leurs besoins financiers, indépendamment des objectifs qualitatifs que la loi leur a fixés. Au congrès 2010 des SAFER, leurs dirigeants ont réclamé la création d'un nouvel impôt destiné à combler leurs déficits, de deux euros pour chacun des 63 millions de Français. Cette proposition n'a heureusement pas retenu l'attention du gouvernement.

Non remplacement d'un SAFERiste sur deux

La règle du non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite s'applique depuis 4 ans à la fonction publique d'Etat. Après avoir massivement embauché depuis 20 ans, les collectivités locales vont devoir faire au moins de même pour la fonction publique territoriale. Cette mesure est déjà effective pour la fonction publique hospitalière dans des hôpitaux publics dont les budgets sont en déficit. Et le gouvernement l'exige à partir de 2011 de ses organismes satellites, les opérateurs de l'Etat, comme Météo France ou ONF.

Il serait juste de l'appliquer aussi aux SAFER qui vivent de prélèvements obligatoires sur les transactions de propriétés rurales. Le non remplacement des salariés des SAFER partant à la retraite est nécessaire pour équilibrer les comptes de ces sociétés, et également prudent pour leur éviter des problèmes sociaux trop importants quand elles seront ramenées au droit commun.

Commentaires

  • Par G • Posté le 14/01/2011 à 18:34 Je trouve que c'est encore trop gentil de leur accorder le principe d'un recrutement pour deux départs à la retraite. Ce principe c'est une moyenne entre des secteurs où tous les partants sont remplacés et qui peuvent même recruter (ex : la recherche), et d'autres secteurs où il n'y aura pas de remplacement du tout, voire disparition complète avec redéploiement ailleurs.

    Le secteur SAFER relève clairement du dernier cas. Zéro recrutement, ça doit suffire. Ou peut-être quelques "cost-killer" capable de sabrer et licencier sans ménagement : quand on a une ardoise de 120 millions, il y a du ménage à faire.
    En plus faut pas oublier que les SAFER ont déjà des privilèges exorbitants qui leur ont été accordés pour qu'elles puissent se financer, les agences immobilières ordinaires arrivent à vivre sans ces privilèges, les SAFER doivent y arriver aussi.
    Et si ce n'est pas le cas, c'est qu'il y a faute de gestion qui doit être sanctionnée comme il se doit.
    Mais c'est comme la caisse des dépôts, l'UGAP, etc. : l'état est incapable d'assurer sa mission de tutelle. Pour lui, ce qui est grave c'est quand ça fait du bruit, donc le problème c'est le fonctionnaire qui sonne l'alarme plutôt que l'organisme qui dysfonctionne. Et puis c'est tellement plus facile de casser le thermomètre et de ne surtout pas laisser entrer le médecin (fermer les yeux, remplacer les fonctionnaires regardant par d'autres fonctionnaires qui ne verront ou ne diront rien), que de soigner (imposer les désagréables mesures de redressement)...

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