V. Affaire Anvar : la conclusion de l'inventeur floué

01 octobre 2008 • une contribution extérieure

L'Anvar est la chef de file du "soutien" à l'innovation, mais elle est loin d'être la seule, au contraire elle a métastasé et a proliféré en d'innombrables organisations régionales, départementales etc., ce qui donne au public l'impression que le soutien à l'innovation est un véritable système cohérent et fort dans ce pays.

FAUX : au contraire c'est un système très fragile, très lent, très lourd, où tout le monde se réfugie derrière les autres et qui aboutit à du saupoudrage et à de la déresponsabilisation. Par contre ça justifie beaucoup de réunions de concertation, beaucoup de personnels, ça remplit les foires et les salons, et ça permet à chaque petit pouvoir local de faire sa communication. C'est un système de communication, pas un système d'action. (Ce n'est pas de moi… mais j'ai assez payé pour l'entendre…) A souligner aussi que ce "système" ultra complexe, opaque et absurde, laisse le champ libre à quelques escrocs, qui ont très bien compris le langage des administrations, et font miroiter aux innovateurs une assistance pour obtenir les aides (souvent sur les recommandations des ces administrations qu'ils ont également bernées). Ils se font bien évidemment payer très cher pour ces « conseils ».

La justification principale de la création d'OSEO (par fusion de la BDPME et de l'ANVAR) était de pouvoir enfin procéder à l'amorçage via des moyens propres qui donnaient l'autonomie de décision à OSEO – la BDPME - avec un produit phare le CDI (Contrat développement initiative). De nombreux discours attestent de cette justification, y compris de Nicolas Sarkozy.

FAUX : les critères d'attribution du CDI éliminent la phase d'amorçage et privilégient les Entreprises déjà bien établies. OSEO avec son CDI est un gros mensonge qui a trompé même ses supporters de départ et les hommes politiques qui sont à sa source.

On peut également condamner l'Anvar qui va chercher ses futures proies dans les écoles et les salons étudiants, en leur faisant miroiter monts et merveilles dans des présentations dithyrambiques et que l'Etat français est vraiment le meilleur pour lancer des innovations. Alors que ces étudiants sont encore éloignés de la vie active et encore plus des pouvoirs de décision d'une Entreprise, le discours tenu est : « Vous avez des idées d'innovations…venez nous voir… ». L'Anvar dans ce jeu trouble trompe à la fois les étudiants démarchés mais également ses propres agents qui sont de bonne foi, à peine plus âgés que les étudiants qu'ils visitent, et à qui on a fait prendre des vessies pour des lanternes.

L'administration étouffe les business Angels et détruit l'innovation

Le système français : fiscalité, charges sociales, incertitude juridique, code du travail archaïque, surnombre et absurdité (voire nuisance) de nos administrations, a conduit à la quasi absence (sauf un peu à Paris) des business angels. Pourtant ils sont indispensables à la création d'entreprises et n'ont rien à voir avec le capital risque ou le capital développement.

Malheureusement, les quelques groupements de business angels qui existent sont presque tous noyautés par l'administration, l'Anvar et les Conseils Régionaux, et de fait sont presque devenus institutionnels. Loin de faire apparaître au grand jour ce manque (pour adopter le bon remède il faut d'abord faire le bon constat…) l'Anvar, -pire maintenant : OSEO- et toutes les organisations latérales ou filiales jettent à grand renfort de communication et de publicité un voile sur ce trou et le masquent. Cette attitude est irresponsable et bloque toute véritable prise de conscience sur le trou de l'amorçage, et donc tout progrès. ANVAR, OSEO et consorts sont de véritables toxiques au sein de la Société.

Le résultat : Pas d'innovations, des micro entreprises qui restent micro, un déficit chronique du commerce extérieur et pas de création d'emplois ni de richesse, sans parler de la pollution des esprits. C'est un véritable détournement intellectuel qui est ainsi réalisé et qui fait croire à la population française en un Etat providence et bienfaiteur.

Commentaires

  • Par Robert B • Posté le 10/11/2008 à 10:21 Dans votre témoignage sur Monsieur M, deux de vos lecteurs ont la réaction appropriée : Vincent D et Jean-Charles F.
    Dans mon activité professionnelle, il m'a souvent été dit que j'avais les employés que je méritais, etc. Donc les partenaires que je méritais.
    En France, nous avons tous (même à l'insu de notre plein gré) OSEO. Donc quelque part un partenaire que nous méritons.
    Que devons-nous faire pour nous en débarrasser ? Même la Cour des Comptes n'influe pas sur le cours de l'existence de cette organisation, qui continue à exister, donc à sévir.
  • Par Jean Chrétien FAVREAU • Posté le 01/10/2008 à 18:43 OSÉO ne finance que les entreprises qui ont des fonds propres équivalents à l'aide financière demandée. L'Europe fonctionne de la même manière. Autrement dit, les entreprises innovantes mais sans argent ne peuvent être aidées. Ainsi, un inventeur isolé et sans fortune n'a aucune chance de réussir. Ce n'est pas en France que l'on peut inventer un ordinateur dans un garage. On ignore de cette manière une source féconde d'innovations. Enfin, les commissions d'attribution des aides à l'innovation sont majoritairement composées d'ingénieurs, le plus souvent sans imagination ni sensibilité aux modes de vie en émergence. Pas de créatifs, ni de concepteurs, ni de stylistes, ni de designers, pour évaluer les inventions. Ce machisme-technocratique est très préjudiciable. Pourquoi l'ipod ou les bâches photovoltaïques n'ont-t-ils pas été inventés en France ? Voir l'histoire édifiante de la Nanopage sur www.inanov.fr