Retraite

Réforme des retraites et acquis sociaux

08 septembre 2010 • Bertrand Nouel

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On entend beaucoup présenter la réforme des retraites comme un recul des « acquis sociaux » qu'on n'hésite pas à faire remonter jusqu'en 1945, date de la création de la Sécurité Sociale. Voici ce qu'il en est de l'évolution historique des principaux traits de la réglementation des retraites : l'âge légal, le taux de remplacement et la durée de cotisation.


Historique des principales règles de retraite depuis 1945 (âge de départ, durée de cotisation, taux de remplacement)

Commentaires :

- Les avantages de la retraite ont régulièrement augmenté depuis l'origine. Personne ne se contenterait évidemment de ceux qui existaient en 1945, ni même de ceux acquis après les réformes de 1971/1975 quand le taux de remplacement n'était que de 25% à 60 ans.

Depuis ces réformes, ce taux est passé à 50% (hors régimes complémentaires), et depuis 1982, ce taux est garanti à 65 ans quelle que soit la durée de cotisation, ce qui constitue un avantage majeur.

- En 1982 le gouvernement socialiste abaisse à 60 ans l'âge légal de la retraite, soit 5 ans, cependant que l'espérance de vie a augmenté de 4 ans depuis 1945. A l'époque, on n'est pas encore politiquement conscient de l'importance du vieillissement due à l'espérance de vie, et il faudra attendre les rapports Rocard de la décennie suivante pour commencer à s'alerter. Mais l'effet de ciseau est déjà considérable.

- La réforme actuellement en discussion, combinée à celles intervenues depuis 1993, n'aura pour effet que de repousser de deux années les avantages acquis antérieurement, cependant que la durée de cotisation est augmentée de 3 ans et demi. Mais les avantages restent supérieurs à ce qu'ils étaient jusqu'aux réformes de 1982, alors que l'espérance de vie aura augmenté de plus de 4 années dans l'intervalle, … et d'environ 8 ans depuis 1945. Peut-on réellement faire moins dès maintenant, alors qu'on sait déjà qu'il faudra aller encore plus loin à un horizon assez proche ?

Commentaires

  • Par pensetdit • Posté le 29/09/2010 à 17:29 Taxer spécialement les retraites dites chapeaux : voilà qui démontre encore une fois que les élus et ministres, de tous bords, proposent des mesures en totale méconaissance de la réalité des situations !

    A partir de situations tout à fait scandaleuses, on jette l'opprobre sur un système de complément de pension qui permet à des cadres moyens de percevoir un total de retraite avoisinant les 60 à 70 % de la moyenne des derniers mois de salaires : pour ma part, il s'agit, après une carrière de cadre de 36 annnées dans la même entreprise, de toucher ~ 70 % de la moyenne des 12 derniers mois de salaire, et ce, qu'à partir de 65 ans.

    Où y aurait-il donc injustice lorsque l'on sait que ces compléments sont soumis à l'impôt sur le revenu et que quasiment tous les fonctionnaires touchent plus de 70 % de leur dernier salaire, et ce, dès leur départ en retraite ?

    Que des ministres s'engagent dans des voies sans s'être fait établir un panorama complet de la situation réelle d'un problème ou d'un statut est totalement ubuesque.
  • Par meynier gabriel • Posté le 29/09/2010 à 11:59 Bonjour,

    la plupart des "spécialistes" ecrivent couramment que l'âge legal de la retraite a été porté de 65 ans à 60 ans en 1982 .

    Sauf erreur de ma part il y a confusion ( peut être voulue et entretenue ) entre l'âge légal auquel un employeur pouvait mettre à la retraite un salarié , qui était resté 65 ans , et l'âge auquel un salarié pouvait prendre sa retraite sans abattement à condition d'avoir cotisé 37,5 ans qui est passé en 1982 de 65 ans à 60 ans

    ce qui n'est pas du tout la même chose

    salutations distinguées

    g.meynier
  • Par Emmanuel • Posté le 25/09/2010 à 12:33 A t on une idée de l'âge moyen de première embauche, sur ces différente années ?
  • Par Joan50 • Posté le 16/09/2010 à 19:45 Nous sommes particulièrement d'accord avec votre article. Mon compagnon, qui est à la retraite depuis 1996, avait vu, à l'époque, son départ en retraite du privé reculer de plusieurs trimestres selon de nouveaux critères de durée de cotisations. Il est parti à 62 ans, ce qui semble maintenant choquer BEAUCOUP de monde (au moins d'après l'echo qu'en fait les médias mais où est donc la masse silencieuse avec qui nous discutons des retraites et qui ne semble pas être comprise dans les sondages...) Autour de nous, les exemples ne manquent pas. De plus, nous avons constater que des grèvistes interrogés n'étaient pas concernés par la grève car ils avaient commencé très jeunes. Avant de pousser de grands cris, ne faudrait-il pas être au moins informé un peu mieux. Si personne ne fait rien comme par le passé, en occultant ce qui risque d'arriver, c'est à dire la baisse des retraites ET POUR TOUT LE MONDE, il faudra faire en urgence ce qui se dessine à tout petit pas vu l'échéancier prévu... Bon courage à tous ceux qui veulent vraiment une réforme, mais espérons qu'elle ne se fera pas en vidant les caisses du privé comme par le passé.

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