Retraite

Les retraites de la RATP ne sont plus supportables

Malgré la réforme du régime spécial de retraite

05 décembre 2008 • Philippe François

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Financer les retraites des mineurs de fond ou des agriculteurs, les Français l'admettent. Ces professions auraient peut-être pu imaginer qu'elles allaient disparaître ou voir leur nombre divisé par six, et ne pas s'isoler dans leurs régimes fermés de retraite. Mais la solidarité a un sens, surtout vis-à-vis de personnes dont le travail était très dur ou les retraites très faibles. Et les Français savent que le problème sera transitoire. Mais est-il acceptable de faire financer en permanence les retraites de la RATP par l'ensemble de la société ?

Le nombre de salariés de la RATP est très stable ou en légère croissance, comme la population française. Impossible d'invoquer le "déséquilibre démographique" de leur régime de retraite pour justifier la subvention de l'Etat, de 500 millions € en 2009 et de 800 millions en 2030. Plus de la moitié du coût des retraites (56 %) est ainsi payée par les contribuables. En 2007, le niveau moyen des retraites à la RATP était de 2.000 € par mois, perçus à partir de 53 ans [1], un montant et une durée de retraite beaucoup plus avantageux que ceux dont bénéficient les autres Français. Difficile de faire appel à la compassion.

Un gain qui pourrait s'avérer nul

Au mois de juillet, dans son rapport, le Sénateur Bernard Auban s'étonnait de l'absence de chiffrage de la réforme des retraites RATP réalisée en 2007.

Il a osé le dire

"Les critiques récurrentes dont font l'objet les régimes spéciaux me paraissent infondées, dans la mesure où les avantages spécifiques dont bénéficient les assurés de ces régimes, sont le fruit de l'histoire."

Sénateur Guy Fisher (PC), 25/11/2008, Commission des Affaires Sociales, profession Instituteur

Heureusement, il n'était pas là la nuit du 4 août 1789.

Au mois de novembre, dans son rapport, le Sénateur Dominique Leclerc rapproche les économies faites sur les retraites, des dépenses supplémentaires consenties sur les salaires. La Cour des comptes avait conclu : "un gain qui pourrait s'avérer nul". Le Sénateur confirme : "le risque est grand de voir la réforme vidée de son contenu par les contreparties accordées lors des négociations d'entreprise".

Même en se fondant sur les chiffres fournis par le Ministère, l'écart entre les effets de la réforme et ce qu'il faudra faire pour rendre le régime de la RATP capable de financer lui-même ses besoins, reste insupportable.

Economies prévues grâce à la réforme du régime spécial des retraites RATP
En euro 2008 Montant total des pensions Subvention d'Etat Economie résultant de la réforme
2012 1 milliard 600 millions 8 millions
2030 1,4 milliard 800 millions 104 millions
Source : Rapports des Sénateurs Bertrand Auban et Dominique Leclerc

Il faut aligner le régime de retraite RATP sur celui du privé.

[1] Le rapport du Sénateur (PS) Bertrand Auban de juillet 2008 fournit ces informations chiffrées mais sans en tirer la conclusion qu'il faut que cela change. "Un alourdissement inexorable de la subvention d'équilibre de l'Etat" lui semble naturel.

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