Retraite

Les régimes spéciaux de la Banque de France

Partie X. Le paradis des régimes spéciaux et « très » spéciaux

10 juin 2003 • Philippe François

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Dans cette institution dont l'existence même ne se justifie
plus vraiment, surtout depuis l'introduction de
l'euro, le personnel, en commençant avec le gouverneur,
est particulièrement chouchouté.

En période d'activité, en plus d'un salaire moyen plus
élevé qu'ailleurs (2900 euros/mois, 60 % de plus que le
salaire moyen des fonctionnaires français et 70 % de
plus que dans le privé), les salariés bénéficient de nombreux
congés : les personnels permanents ont droit à
30 jours de congé par an, plus 1 à 7 jours hors période,
plus 10 jours par an pour les agents originaires des
DOM-TOM, plus 10 jours par an pour « soins à proches
parents », plus 10 jours en cas de mariage, plus 3 jours
en cas de naissance (pour le père) ou 42 semaines (pour
la mère). La formation représente en moyenne 10 jours
par an et par personne, et les autres absences 10 jours.

Le budget social s'élève à 36 millions d'euros/an, soit
3600 euros/agent, beaucoup mieux qu'EDF qui n'accorde
que 2400 euros/agent.

Enfin, les retraites à la Banque de France peuvent
atteindre 80 % du dernier salaire après 40 ans de
présence. Ces 80 % sont en outre majorés d'une
promotion dans la dernière année de présence,
parfois d'années de présence fictive, d'un supplément
appelé « bénévolence » qui atteint en
moyenne 12 % de la retraite de base, des allocations
« spéciales », etc.

Et les dirigeants ne sont pas oubliés. Le gouverneur se
refuse de communiquer son salaire annuel, ce que
n'hésite pourtant pas à faire son collègue britannique
qui annonce 400 000 euros/an. Il est entouré d'un
conseil d'administration dont on ignore les jetons de
présence et d'un conseil de la politique monétaire
d'une douzaine de membres qui est l'une des plus belles
retraites de la République : chaque membre dispose
d'un traitement de plus de 10700 euros/an, avec
bureau et voiture de fonction pour un travail à quart
temps. Le Conseil n'a pratiquement plus rien à faire
depuis que la politique monétaire a été transférée à la
Banque Centrale Européenne qui gère l'euro.

A lire également dans ce dossier :

- I. Le paradis des régimes spéciaux et « très » spéciaux

- II. Listing des régimes très spéciaux

- III. Les régimes spéciaux de l'Aviation civile

- IV. Les régimes spéciaux de La Poste

- V. Les régimes spéciaux de France Télécom

- VI. Les régimes spéciaux de la SNCF

- VII. Les régimes spéciaux d'EDF

- VIII. Les régimes spéciaux des mineurs

- IX. Les régimes spéciaux de la RATP

- X. Les régimes spéciaux de la Banque de France

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