Retraite

Comparatif des réformes des retraites en Europe

Allemagne - Report de l'âge légal à 67 ans

18 mai 2010 • Philippe François

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Le départ à la retraite en Allemagne sera fixé à 67 ans en 2029, soit sept années de cotisation en plus et de retraites à payer en moins que chez nous ! Une décision d'autant plus frappante -surtout pour des Français- qu'elle a été prise en 2006 par une « Grande Coalition » politique qui alliait les conservateurs et les sociaux-démocrates.

En Allemagne, comme dans tous les pays qui entourent la France, l'âge légal est aujourd'hui de 65 ans. Mais les salariés ayant cotisé 35 années peuvent partir à 63 ans. A partir de 2012, cette possibilité de départ anticipé sera découragée par un système de pénalités. Dès l'année prochaine, l'évolution vers 67 ans se mettra en place, progressivement, à raison de 1, puis 2, puis 3 mois par an. Elle sera effective en 2029.

Cette mesure, comme toutes celles prises en 2001, s'appuie sur un principe de responsabilité que l'ensemble des partis politiques ont approuvé. Il consiste à évaluer la part de la richesse nationale que le pays peut consacrer à ses retraites sans compromettre son équilibre économique et notamment sa compétitivité, puis à la répartir entre les bénéficiaires. Partant de 19,5% des salaires, le taux de cotisation montera à 20% en 2020 puis 22% en 2030. Une méthode logique.

Comme en France, le socle des retraites allemandes est un régime par répartition obligatoire mais unique, correspondant à la fois à notre régime sécurité sociale et à nos deux caisses complémentaires AGIRC-ARRCO. Ce socle alimente 80% des retraites, avec un niveau moyen de prestations de 875€ par mois qui s'adapte automatiquement à celui des ressources provenant des cotisations et du financement par l'Etat.

Un second pilier, facultatif et par capitalisation, couvre 10% des retraites. C'est essentiellement un régime organisé au niveau des entreprises, donc sensible à leur santé économique et, pour cette raison, de plus en plus délaissé. La réforme de 2001 encourage un troisième pilier également facultatif et par capitalisation mais individuel. Les cotisations des salariés sont abondées par celles de l'employeur, et les investissements sont réalisés dans des fonds indépendants de l'entreprise.

La situation démographique de l'Allemagne est plus défavorable que celle de la France. Une immigration pourtant plus forte ne suffit pas à compenser des naissances moins nombreuses. La proportion des Allemands âgés de plus de 64 ans atteignait déjà 15% en 1985, et elle atteindra 33% en 2050. Tandis qu'en France, ce taux passera de 14% à 26% sur la même période.

Cet article a été publié dans un dossier spécial "Comparatif des réformes des retraites en Europe" du Figaro Magazine du 15 mai 2010


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