Résultats de l'enquête : Situation financière des PME par Internet

06 novembre 2008 • Bernard Zimmern

Résumé :

- Environ 1/3 des entreprises affectées par les réductions de découvert, 10 % environ pour plus de 50 %,

- 35 % des entreprises manquent de capitaux,

- Que les entreprises soient affectées ou non par les découverts ou le manque de capitaux, un pourcentage important se dit fragilisé par la longueur et le coût des procédures de licenciements.

Pour nous faire une idée sur l'attitude des banques et le maintien des découverts bancaires au-delà de ce que disent des médias, nous avons lancé la semaine dernière une brève et très simple enquête auprès des PME qui sont parmi les lecteurs de nos sites.

Une centaine ont bien voulu accepter de répondre et nous les remercions ici bien vivement.

Il doit être toutefois clair qu'à la différence d'autres études menées par l'iFRAP avec l'aide généralement de l'IRDEME, les résultats doivent être pris avec précaution et ne sont que des indications car :

- ceux qui ont répondu n'ont pas été sélectionnés au hasard et leurs réponses peuvent être fortement biaisées

- nous n'avons pas vérifié les réponses

- le nombre de réponses est faible, seulement une centaine

Les résultats sont représentés sur les 2 tableaux ci-dessous.
Le premier donne les résultats pour les petites entreprises (moins de 50 salariés), le second pour tous ceux qui ont répondu y compris 7 entreprises dont les effectifs sont entre 51 et 700 salariés.

Dans chaque cas on trouve 6 chiffres, la colonne de droite correspond au nombre d'entreprises, celle de gauche aux effectifs couverts.
La première ligne vise des entreprises que les procédures de licenciement mettent en difficulté, la seconde ligne ceux qui ne sont pas affectés, la troisième ligne le total.

ENTREPRISES DE ≤ 50 salariés
Pas de réduction de découvert Réduction du découvert
11 379 2 40
31 537 4 18
42 916 6 58
9 154 11 154
12 81 2 3
21 235 13 157
ENTREPRISES TOUTES TAILLES
Capitaux propres Pas de réduction de découvert Réduction du découvert
Suffisants 12 1029 2 40
34 887 5 268
total 46 1916 7 308
Insuffisants 10 319 12 354
12 81 3 103
total 22 400 15 457
CAPITAUX PROPRES PAR SALARIE Pas de besoin de capitaux propres
≤ 50 salariés 56 929 20 400
> 50 salariés 40 642 24 978

Principaux résultats

  1. Un pourcentage important d'entreprises et d'emplois se décrit fragilisé par les difficultés et délais des procédures de licenciement.
  2. Un bon tiers des entreprises sont concernées par les réductions de découvert. Notons que sur les 4 entreprises de plus de 50 personnes, 2 sont dans le domaine de l'ameublement. Environ la moitié de réduction de découvert sont inférieures à 20 %. 10 % à plus de 50 %.
  3. Bien entendu, le plus grand nombre (15 sur 22) des entreprises ayant subi une réduction de découvert sont aussi les entreprises qui ont un manque de capitaux propres.
  4. Les entreprise (tableau 3) qui n'ont pas eu de problèmes de découvert ont des capitaux propres par salarié de 56.929 pour les ≤ 50 salariés, de 40.642 pour les > 50 salariés.

Ces capitaux propres tombent à 20.400 €/salarié pour les entreprises de ≤ 50 salariés pour les entreprises ayant besoin de fonds propres et 24.978 pour celles de > 50 salariés.
Donc les entreprises ayant besoin de capitaux ont en moyenne la moitié des capitaux propres de celles qui déclarent ne pas en avoir besoin.

Elles souhaitent les augmenter d'environ 75 % pour les ≤ 50 salariés et de 25 % pour les > 50 salariés.

Les capitaux propres/salarié des entreprises ayant assez de capitaux sont bien de l'ordre de grandeur des chiffres que nous avions déjà sur les capitaux propres /salarié en France.

Commentaires

  • Par Réactions • Posté le 06/11/2008 à 14:53 Nous n'avons observé aucune limitation des financements bancaires octroyés tant pour nous-mêmes que pour nos nombreux clients qui ont emprunté en 3 mois pour plus de 11 millions d'€. Nous ne comprenons pas l'emballement médiatique qui nous semble totalement infondé.
    Les banquiers ne font plus leur travail. Je suis pour la politique du Président. mais le retour sur terrain n'est pas au rendez-vous. Où est passé tout cet argent ?
    En fait nous n'utilisons pas de découvert. Les concours de nos banques sont des mobilisations de créances et des crédits à moyen terme pour investissement.
    Soyons sérieux, quand nous avons lu dans la Presse que les banques ne prêtaient plus, ce fut un gigantesque éclat de rire entre nous... Qui a déjà vu une banque prêter de l'argent à une entreprise ? Actuellement, sur quatre banques nous devons avoir des autorisations de découvert pour 30K€.
    A ma surprise j'ai reçu de ma banque, le Crédit Agricole, une proposition de prêt de 60 000 € pour travaux. Je n'en ai pas besoin car je m'auto-finance. Ceci étant je suis une toute petite structure qui se bat juste pour exister. Pour le personnel j'en ai eu jusqu'à 300 et il y a 6 ans j'ai décidé que je n'en voulais plus. La France a créé des relations employeur-employé malsaines dans lesquelles l'entrepreneur est le dindon de la farce.
    Pas de problème. Très bonne réactivité d'OSEO qui veut absolument me fournir des financements alors que je n'en ai pas besoin.
    La crise je la vis à titre personnel depuis 4 ans sans aucune aide ni de la banque ni de l'Etat. Les administrations, URSSAF, impôts, et autres ainsi que les banques, dès que vous êtes en situation de catastrophe dans une entreprise vous lâchent totalement et n'ont apparemment qu'un seul but : vous mettre des bâtons dans les roues. Pourquoi la situation s'améliorerait-elle parce que les politiques en place leur tireraient les oreilles ? L'espoir fait vivre un pouilleux de gérant qui est en train de sortir de la galère.
    Ma banque habituelle (CIO) m'a refusé un prêt immobilier pour l'acquisition d'un immeuble avec travaux et RdC pour mon cabinet arguant d'une prétendue limite de ratio d'endettement (5 fois le montant de mes revenus annuels en investissement locatif (après calcul je suis inférieur à ce ratio en intégrant le projet). Une autre banque (BPO) a accepté sans problème et s'étonne de cette "limite". Mon CA est en forte progression. Ma trésorerie en excellente santé et ma situation financière personnelle tout aussi excellente. Endettement personnel hors locatif = 1 année de revenus. Endettement locatif => loyers perçus égaux aux mensualités de prêts Endettement professionnel pour acquisition de mon portefeuille = 14 mois de résultat (et 60% de la valeur de revente de mon portefeuille).
    Je recherche la consolidation des crédits court terme résiduels de l'ordre de 4500 K€ qui sont sur plusieurs banques afin d'éviter de me faire grignoter progressivement car je crains que la crise ne se prolonge.
    Notre ligne de crédit se négocie au mois de mars. Je ne connaîtrai qu'à cette date la position de ma banque. On a vu apparaître ces derniers temps multitude de prélèvements de frais de toute sorte : commission de manipulations, commission d'actualisation de dossiers, commission d'interventions. Le moindre dépassement fait aujourd'hui l'objet d'une relance avec menace... "conformément à l'article L.131.73 du code Monétaire...etc." Pour les PE je pense qu'il n'y a plus aujourd'hui de réelle concurrence entre les banques ce qui abouti à un réel abus de pouvoir.
    Ayant une trésorerie solide (pour l'instant) je ne fais pas appel aux banques, par contre un fournisseur m'a prévenu que la Sté ALTRADIUS (assurance crédit) avait coupé toutes garanties (raison invoquée : 2 derniers bilans négatifs). Bilans négatifs s'expliquant par des investissements importants et un déménagement. Conclusion : si vous voulez avoir une bonne cote, n'investissez pas, vous mourrez mais plus tard.
    Suite au 2 dernières lois de financement de la sécu, la marge des pharmacies a baissé radicalement. J'ai demandé au mois de mai 2008 une restructuration de mon prêt de financement, à ce jour je n'ai toujours pas de réponse du Crédit Lyonnais ! Ni positive, ni négative, il n'y a plus d'interlocuteur!
    Pour l'instant je suis plus inquiet du fait des "bruits de couloir" que par la chute de l'activité de mon "marché". Mon carnet de commandes est stable. pour l'instant mes partenaires financiers : les banques, me suivent toujours, pourvu que ça dure!
    En avril sous prétexte d'un mauvais bilan, notre découvert de 3000€ et notre accès à l'escompte de 72 000 €, que nous n'utilisions pas à fond, avec des moyennes de factures de 1000 € sur 150 clients, 30 a 40 factures mois, tout cela nous a été sucré avec un délai de 2 mois pour se retourner, en nous imposant le factoring, toutes les autres banques contactées (7) ont décliné et nous ont orientés sur le factoring.
    Pour le moment, pas d'impact sur nos financements, Seule une période très longue a été constatée pour la mise en place d'une couverture sur les marchés à terme MAT ( plus de 6 mois ) ce qui pour le moment a été dissuasif, mais aussi, il faut dire que les matières premières n'ont fait que baisser depuis les 3 derniers mois ; nous allons intervenir pour nous couvrir d'une éventuelle hausse à venir et donc allons pouvoir éventuellement toucher du doigt les éventuels dysfonctionnements.
    Il faut être inconscient ou kamikaze pour oser entreprendre aujourd'hui... c'est plus rentable et moins risqué d'être fonctionnaire ! Nota : Notre banquier, rencontré très récemment, confirme que jusqu'à nouvel ordre, il ne prête plus d'argent à des entreprises telles que la nôtre. Conséquence, nous suspendons tous nos projets d'investissement.
    Même si mon entreprise est saine, les banquiers ont commencé à resserrer le crédit par des limitations administratives : le nombre de papiers, d'autorisations, de cautions, validation par voie hiérarchique, etc. demandés deviennent rédhibitoires pour une PME. Il en est de même pour mes clients particuliers et professionnels : nous avons des projets repoussés à cause des délais d'accord ou de déblocage de fonds.
    Ma banque a réduit à zéro toutes mes autorisations. Ligne d'escompte, découvert, autorisations diverses, bien qu'elle m'ait fait signer une caution, toujours en vigueur et qu'elle détienne sur mes comptes personnels plus de dix fois mes autorisations.
    Depuis 3 semaines, aucun changement intervenu dans l'attitude des banques. Dans mes consultations, j'en suis à mon quatrième établissement !
    Nous travaillons avec le Crédit Coopératif de Poitiers et à ce jour, nous n'avons constaté aucun changement de comportement de la part de cette banque.
    Depuis 3 semaines, aucun changement intervenu dans l'attitude des banques. Dans mes consultations, j'en suis à mon quatrième établissement !
  • Par Réactions • Posté le 06/11/2008 à 14:52 Avant la crise, une des banques (LCL) a jugé ma dispersion trop risquée (4 activités très différentes) et est partie : 70 k€ de découvert à rembourser et un billet à ordre de 30 k€. Après mon dépôt de bilan d'une filiale, la banque du groupe (banque Rhône-Alpes) est partie : 150 k€ de Dailly, 62 k€ de billet à ordre et 25 k€ de découvert à retrouver (impossible évidemment) Les autres banques me font confiance, mais pas de prêt moyen terme pour restructurer intelligemment les dettes et baisser les coûts financiers !
    Je suis en train de vendre cette entreprise, mais si j'étais plus jeune, après un licenciement à 49 ans, je ne créerais plus d'entreprise en France. Les lois et la réglementation sont, par expérience, entièrement édictées pour dégoûter tous les petits patrons. J'ai toujours eu une trésorerie excédentaire, justement pour ne pas devoir demander de l'argent aux banques. Mon acheteur a attendu et démarché OSEO pendant près de 2 ans pour obtenir un prêt lui permettant l'achat. Finalement c'est la Caisse d'Epargne qui lui fait le prêt. Il n'a jamais obtenu une réponse claire de OSEO, mais il a pu perdre beaucoup de temps.
    Je ne pense pas que les banques vont changer quoi que ce soit à leurs habitudes. Depuis plus de 20 ans que je suis à mon compte, j'ai appris à les connaître et à me méfier d'elles. Lorsque vous en avez besoin, en contrepartie systématique, vous devez signer une caution personnelle qui peut vous faire tout perdre. Si vous êtes à découvert et devez faire les salaires ou les charges, cela devient un vrai casse-tête. Je reste persuadé que les banques vont au contraire être plus dures et vigilantes. J'ai eu l'occasion d'en discuter avec mes 3 banques et ils ne m'ont absolument pas contredit.
    J'ai actuellement un petit problème de trésorerie. (il me manque 10.000 € pour boucler les fins de mois. Ce mois-ci je n'ai pas pu payer l'ensemble de mes charges (16.000 € et 3.500 € de TVA) j'ai donc demandé à l'URSSAF de pouvoir payer en 3 fois et ai payé 1/3. Je viens de recevoir une injonction à payer le solde et une pénalité ! Je suis retraité et ai créé cette entreprise à 62 ans (il y a 3 ans), j'y ai investi toutes mes économies 350.000 € et je n'ai jamais pris ni salaire, ni dividendes. Elle commence à peine à couvrir ses frais. J'ai une retraite et n'ai donc pas besoin de travailler. Quand je vois la façon dont nous traite l'administration j'ai juste envie de leur dire que je ne peux pas les payer "de suite", mais que je peux me rendre au Tribunal de Commerce pour me mettre en liquidation et mettre 7 personnes à la rue.
    La crise financière fait découvrir les PME mais est-ce bien sérieux ? Les Français ne sont pas partagés entre riches et pauvres mais entre entrepreneurs et rentiers de tous poils (fonctionnaires, y compris ceux des collectivités locales, retraités, professions protégées comme notaires, pharmaciens..). L'économie française a toujours favorisé la rente et c'est bientôt la faillite.
    C'est aujourd'hui la SFAC qui tue les entreprises car elle a depuis 10 jours réduit les couvertures. Ceci est honteux car cette même SFAC (Syndicat français des Assureurs Conseils) demande des cotisations exorbitantes pour des prestations médiocres et honteusement trafiquées. Cette même SFAC est aujourd'hui le fossoyeur des PME françaises. Richard Grangladen PDG.
  • Par Réactions • Posté le 06/11/2008 à 14:52 Le financement n'est pas un problème pour nous, mais nous sommes dans un cas si particulier qu'il n'est pas représentatif. Par contre, l'insécurité juridique autour des licenciements, plus encore que son coût élevé, est un frein très important dans notre développement et conduit, malheureusement, à limiter nos embauches au strict minimum.
    Mon effectif est aux 39 heures impossibilité de réduire les horaires temporairement.
    La masse salariale pèse 50% du CA : si ce dernier baisse, l'équilibre financier de l'entreprise est rapidement mis en danger. On ne peut guère agir sur les matières premières : énergies, assurances, coûts de maintenance du parc mobilier et les autres économies sur divers frais sont à la marge, quand elles sont possibles. Ne pas avoir de liberté au licenciement, empêche d'embaucher quand on a de la charge (c'était le cas des 12 mois précédents) et précipite les difficultés quand la charge diminue. De plus ce sont souvent les moins bons qui bénéficient du statut quo, les plus récemment embauchés, ou les contrats précaires en font les frais les premiers, même si parfois leur comportement et qualité au travail est très supérieure. On ne donne jamais leur chance aux anciens salariés de se remettre en cause. Pourtant, dans la vie rien n'est garanti et sûrement pas la croissance ; refuser cet état de fait naturel en créant coûte que coûte l'illusion de sécurité, ne peut que provoquer ou amplifier la crise. L'emploi que l'on se félicite d'avoir protégé aujourd'hui, c'est l'entreprise entière et tous ses salariés qui en feront les frais demain...
    Cas d'un salarié recruté sous contrat d'apprentissage à une fonction commerciale. Période d'essai réelle de 15 jours du fait de l'alternance. Donc impossibilité de juger des adéquations réelles de la personne avec le poste dans le délai. Puis impossibilité de se séparer de la personne. Conséquences : 20 mois de retard sur le plan de développement. Et retard d'autant sur l'embauche d'un 2nd salarié en CDI. Pire : impossibilité de faire comprendre à l'apprenti son erreur sur la voie choisie et probables difficultés professionnelles dans les prochaines années pour cette personne.
    Le licenciement est toujours au profit de l'employé et coûte très cher à une petite entreprise.
    Les procédures de licenciement me freinent dans mes décisions d'embauche au risque de louper des opportunités (et une entreprise qui n'avance pas est une entreprise en train de mourir). Or la crise actuelle s'accompagne nécessairement d'opportunités (!).
    1500 € pour un simple SMIC peut faire couler une boîte en un mois ! S'il faut trois mois pour licencier une simple employée par manque d'argent... Nous sommes bons pour le prud'homme à 100%.
    Ce sont surtout les coûts et incertitudes des licenciements qui sont dangereux ( exemple cette année 35 000 € pour un salarié qui a été atteint d'une maladie suite à Tchernobyl pour laquelle je n'ai aucune responsabilité mais suis seul à payer ! ).
    Nous avons restructuré notre entreprise en septembre en licenciant économiquement un employé à temps complet. De plus notre équipe de livreurs à été totalement renouvelée du fait que nos étudiants livreurs nous quittaient pour poursuivre leurs études dans de plus grandes villes. La baisse du CA dû à la conjoncture, le licenciement économique, les départs de nos étudiants et les congés à payer : tout a contribué à fragiliser notre entreprise.