iFRAPLe Think Tank de la Société Civile

Réaction à notre article :

L’autofinancement et la croissance de nos entreprises plombés par les prélèvements obligatoires

MP - 21/11/09 21:54

EBE

Les deux remarques précédentes révèlent une incompréhension étonnante de la notion de "capacité d'auto-financement"
d'une entreprise, dont la principale composante est l'EBE.

L'un parle de l'influence des amortissements (durée plus courte en Allemagne, donc base fiscale plus réduite à investissement égal, et pas de TP), soit après constation de l'EBE, l'autre de "subventions", qui étant quasi exclusivement composées de dégrêvements sociaux, sont intégrées dans l'EBE, et participent donc de la capacité d'autofinancement.
Pour résumer, l'auto-financement, c'est "après subventions, avant amortissements et impôts".

Partant du principe que la France dispose des meilleurs fonctionnaires (c.a.d qu'ils sont plus productifs que ceux des pays voisins) et des meilleurs salariés (idem ci-dessus), l'explication la plus communément admise (et la plus facile à admettre pour la majorité de nos concitoyens qui sont, ou salariés, ou fonctionnaires) c'est que les chefs d'entreprise Français sont moins bons que les autres.
CQFD...

Evidemment, pour valider cette hypothèse séduisante, il faudrait placer les chefs d'entreprise Français dans la même situation sociale et fiscale que leurs homologues allemands par exemple... mais ce serait sacrifier un niveau de protection sociale dont il est connu qu'il est bien moins avantageux en Allemagne qu'en France...

Naturellement, l'importance des aspects psychologiques de l'implication des chefs d'entreprise dans l'amélioration des résultats de leur entreprise est totalement ignorée.
Un chef d'entreprise n'étant qu'une machine, la reconnaissance sociale qui accompagne, ou pas, les résultats de son entreprise n'a donc pas d'importance dans ses motivations.
Un chef d'entreprise ne ressent rien, seuls les salariés (ou les fonctionnaires) ressentent, et ont besoin, eux, de
reconnaissance.

De même, la problématique des conséquences fiscales sur les personnes physiques du niveau des résultats, qui dépendent en partie de l'EBE, et de leur transformation en dividendes qui génère de l'IR et de l'ISF, n'est pas prise en compte.

Le chef d'entreprise Français étant une machine, il doit aussi être indifférent au fait que la pression fiscale sur les tranches supérieures du revenu soit parmi les plus élévées d'Europe et nonobstant, avoir autant envie que ses homologues allemands ou britanniques, moins taxés en tant que personnes physiques, de "faire du résultat" (ce qui passe d'abord par un bon EBE)

Il manque en effet un "détail" aux chiffres de cet articles :
Les entreprises françaises sont en effet plus taxées que leurs homologues britanniques ou allemandes, mais les hauts revenus français aussi... égalitarisme social et performance économique ne vont pas de pair.

MP - 21/11/09 21:54