Réaction à notre article :
Philippe François (iFRAP) - 01/06/09 21:39
Votre commentaire est sincère et ma réponse le sera aussi.
Quand Renault, il y a des dizaines d'années, fabriquait des voitures peu fiables, trop chères et sans attrait spécial, on n'a pas demandé aux clients d'étudier pourquoi: est-ce que cela venait d'un bureau d'étude sans imagination, d'un management incompétent, de salariés trop payés ou démotivés, d'usines mal organisées ou de tout autres raisons ? On a acheté des Peugeot, des Toyota ou des Fiat. Et cela a réveillé Renault qui est sortie de son marasme.
La SNCF est dans la même situation. On voit bien qu'avec ses déficits, le mécontentement de ses salariés malgré leurs réels avantages et les 10 milliards de subvention que la SNCF reçoit chaque année, il y a quelque chose de malsain dans le système. Pour la SNCF et surtout pour ses salariés, le monopole qui sert de protection est devenu un handicap. En évitant au système d'avoir à se remettre en question, la SNCF traîne des lourdeurs insupportables aux salariés et aux clients. Ces clients critiquent-ils à tort telle ou telle catégorie de cheminots ? C'est possible, leur rôle n'est pas de réorganiser la SNCF. Dans l'intérêt des cheminots aussi, il faut ouvrir le trafic ferroviaire à la concurrence pour avoir une évaluation objective de leur performance.
Pour les salariés de Renault quel a été leur moment de fierté: quand ils étaient la risée des Français pour la mauvaise qualité de leur production et la masse des subventions qu'ils recevaient, ou quand leur entreprise allait de succès en succès au point de sauver Nissan ?
Il est urgent que la SNCF retrouve sa fierté en démontrant sa capacité face à une concurrence ouverte.
Philippe François (iFRAP) - 01/06/09 21:39