Qui profite de l'étouffement du mécénat ?

Partie IV. La "relance du mécénat et des fondations" : L'ESCROQUERIE

Il n'est pas très difficile de voir que ceux qui bénéficient de la mise des fondations en résidence surveillée, ce sont les étatistes, tous ceux qui profitent de l'Etat et des privilèges qu'ils ont su s'octroyer.

Nous les trouvons dans tous les secteurs où de confortables monopoles leur assurent un maintien de leurs privilèges que la concurrence d'un secteur privé, non lucratif et non dépendant des subsides de l'Etat, pourrait remettre en cause. Nous en avons dressé une liste non exhaustive dans "Les Fabricants de chômage" [1], en montrant que ces privilèges expliquaient au moins la moitié du chômage français, à commencer par l'imperium quasiment non contesté de l'Inspection des Finances sur la banque française jusqu'au désastre des années 1995-1998 et au recul de plus du quart de l'activité des banques françaises, tandis que celle des banques étrangères explosait.

Imperium de l'INSEE sur les activités d'étude économique qui assure que l'on ne peut entendre d'interprétation économique discordante.

Imperium des fonctionnaires qui ont envahi tous les tissus du système de santé français et l'ont complètement paralysé [2].

Imperium de la fonction publique sur tout le domaine dit du social et de la solidarité.

Mais il est un domaine essentiel pour l'avenir de notre société et qui explique en très grande partie notre décadence, domaine directement lié à l'étouffement des fondations et qui est celui de l'élaboration des politiques publiques. Cette élaboration est en France le monopole de l'administration et celle-ci en abuse largement pour le service de ses propres intérêts.

Nous avons montré dans "Les Profiteurs de l'Etat" [3] que cette attitude de l'administration est normale. Chacun, très naturellement, défend son pré carré mais ceci conduit à l'agonie d'une démocratie si la société civile ne crée pas un anti-virus au virus de l'étatisme, le virus naturel de ceux qui ont le pouvoir, et s'en servent à leur profit. Et il n'existe dans les institutions d'une démocratie aucune institution, aucun mécanisme qui permette de lutter contre ce virus. Les seuls anticorps peuvent être créés par la société civile, par ceux qui ne vivent pas de l'Etat et qui doivent se défendre.

Comment se défendent-ils ?

A l'étranger, dans les pays qui ont résisté aux ravages de l'étatisme et de ses séquelles, cette défense est assurée par des fondations particulières, les think-tanks, des laboratoires d'études et de réflexion auxquels la société civile donne les moyens de réunir les faits permettant de combattre les désinformations disséminées par l'administration (du style de celles que l'on a vu ci-dessus ou de celles dénoncées dans "Les Profiteurs de l'Etat") et surtout, de proposer d'autres solutions, d'autres alternatives aux solutions suggérées par l'administration.

L'iFRAP en vit depuis 8 mois un exemple, jour par jour, celui consistant à dénoncer la vacuité d'un plan concocté par l'administration pour répondre à une demande essentielle du gouvernement : créer plus d'entreprises pour créer plus d'emplois. Nous sommes à peu près les seuls à avoir montré, faits en main, que le plan gouvernemental n'apporte guère plus que les plans précédents. Mais de cette contestation l'administration a horreur car c'est sa légitimité qui est en cause. Ainsi lui faut-il à tout prix interdire que des think-tanks puissent s'implanter en France.

Des clubs réunissant quelques centaines de participants et qui sortent des propositions concoctées par des bénévoles, en quelques séances de travail. Très bien. Cela fait contestation et démocratique. Mais des fondations qui pourraient avoir des permanents, des statisticiens faisant pièce aux chiffres de l'administration, des enquêteurs qui rétabliraient la réalité du terrain, des think-tanks employant quelques dizaines de collaborateurs à plein-temps, avec des services de relations publiques, des journaux, horresco referens !

C'est pourquoi, en France, nous n'avons aucune think-tank. En Grande-Bretagne ou aux Etats-Unis, plusieurs milliers de personnes sont employées à plein-temps dans des fondations financées par le secteur privé, les plus grandes, d'ailleurs, étant plutôt orientées à gauche. Mais au moins il existe dans ces pays un vrai débat sur les faits et sur les conséquences des politiques publiques ; et de ce débat jaillit la démocratie. Nous sommes en France à des distances de plusieurs années lumières...

A lire également dans ce dosssier :

- I. La "relance du mécénat et des fondations" : L'ESCROQUERIE

- II. Les tromperies des rédacteurs du plan pour la relance du mécénat et des fondations

- III. De quelle énergie l'administration française prive-t-elle la nation ?

- IV. Qui profite de l'étouffement du mécénat ?

[1] Paru en 2002 aux éditions Plon

[2] Voir les livres : "Le scandale des hôpitaux et de l'hôpital Pompidou" par le doyen Evin, et l'étude de l'iFRAP, juillet 2002 : "La santé malade".

[3] Parus en 2001 aux éditions Plon