Quels espoirs pour les Républicains aux USA ?

30 avril 2009 • Bernard Zimmern

On sait que le les Républicains ont leur pouvoir suspendu à un fil car les Démocrates n'étaient plus qu'à une voix de détenir une majorité dans les deux chambres ; c'est en effet au Sénat que la majorité ne suffit pas et qu'il faut une « filibuster proof majority », une majorité permettant de surmonter le filibuster, cette pratique consistant à stopper le vote d'un texte en n'arrêtant pas de parler. Le Sénat a depuis longtemps décidé que pour empêcher cette procédure, il suffisait que le parti majoritaire dispose d'au moins 60 voix sur les 100 votes du Sénat.

Après les dernières élections, les Républicains alignaient encore 41 sénateurs et pouvaient donc stopper toute mesure trop outrageusement à gauche. Ils s'en sont servis pour tempérer certaines dispositions du plan Obama de sauvetage. Mais ils risquent de perdre cet îlot de résistance avec le basculement du sénateur de Pennsylvanie, Arlen Specter, qui vient de changer de camp et de s'inscrire comme Démocrate.

A l'origine de cette « conversion », peut-être l'action d'une petite association de droite, le « Club for Growth », dont le président a décidé de se présenter aux élections sénatoriales de Pennsylvanie en 2010 et qui aurait de bonnes chances de l'emporter dans une primaire contre Specter (mais pas forcément dans l'élection sénatoriale qui suit). Il est possible sinon probable que Specter a alors monnayé son ralliement au parti démocrate contre un soutien de ce parti à son élection comme sénateur démocrate en 2010 où il a des chances de l'emporter.

Ce basculement peut avoir des conséquences considérables car doit venir au vote un texte poussé par les syndicats américains, le « card check », qui permettrait aux syndicats de faire basculer une entreprise et obliger son personnel à se syndiquer s'ils obtiennent une majorité, non pas par un vote à bulletins secrets comme c'est le cas à l'heure actuelle, mais en obtenant une majorité de signatures des salariés sur des bulletins, où l'exercice de la coercition est infiniment plus facile à exercer sur les salariés individuellement.

Specter avait d'abord déclaré son soutien à ce texte, puis l'avait retiré. Gageons que maintenant il y sera favorable et que ce texte va passer.

Ce qui pose la question de l'avenir du parti républicain actuellement en complet désarroi, et à travers lui, de la société entrepreneuriale américaine.

Les espoirs de ce parti ne sont plus dans les dirigeants de Washington, très discrédités, mais dans les gouverneurs des états comme Bobby Jindal, le gouverneur de la Louisiane, d'ailleurs d'origine indoue. Ces gouverneurs sont pourtant pris en tenaille par le gouvernement Obama qui leur propose des subventions considérables en contrepartie de lancement de programmes publics mais avec la certitude que ces programmes une fois lancés ne disparaîtront pas dans le futur alors que l'aide du gouvernement fédéral est seulement prévue pour 3 ans. Une façon d'ancrer l'intervention de l'état à long terme et les dépendances qui l'accompagnent.

L'Amérique de la décennie 2010 risque de ne plus beaucoup ressembler à l'Amérique que nous avons connue alors que simultanément sa puissance et son influence internationale sont remises en cause par la montée en régime de l'extrême-orient.