Quand une banque met un petit patron en difficulté...

...ce n'est pas elle qui en assume les responsabilités

08 janvier 2009 • René Hans

Le 10 mars 2007, Philippe a acheté un fonds de commerce au prix de 900.000€.

Avec deux amis, il réunit 400.000€ d'apport personnel qu'il destinait au financement de son besoin en fonds de roulement. Il sollicite sa banque pour un crédit à moyen terme de 900.000€. La banque lui accorde 500.000€ estimant que cette somme était suffisante dans la mesure où le client disposait d'un apport de 400.000€.

A la signature de l'acte notarié, il faudra payer les honoraires et les droits d'enregistrement (45.000€). Première impasse…
Des amis avanceront la somme. Le banquier se montre rassurant : « Nous mettrons en place une autorisation de découvert de 100.000€ ». Depuis, et ce malgré les nombreuses relances, rien n'est fait.

En décembre 2008, Philippe ne sera pas en mesure de faire face à ses échéances (loyer, taxe professionnelle, TVA, charges sociales, fournisseurs, etc.) Il fera l'impossible pour assurer le paiement de ses salariés.

Pour aboutir à la mise en place de l'autorisation de découvert promise, il fera appel au médiateur du crédit.

Souhaitons à Philippe que ses demandes seront efficaces, car j'avais oublié de vous dire qu'il est caution pour les 500.000€ de crédit à moyen terme.

Les parachutes dorés sont pour les patrons irresponsables : ils ont le titre sans les responsabilités.

Commentaires

  • Par GP • Posté le 30/01/2009 à 18:29 message pour M René Hans,

    Bonjour,

    Vous avez raison de souligner l' l'importance de la trésorerie et dela difficulté de mise en place comme de la difficulté des relations avec les banques;

    Il existe pourtant une solution très simple dans un pays aussi surfiscalisé que la France : Le report en trésorerie du versement des charges sociales et fiscales de manière à permettre aux entreprises de reconstituer un matelas de trésorerie de sorte que le PB se résoud de lui-même:

    Pour une certaine tranche de TPE-PME et à concurrence d'un montant maximal, autorisé le report jusqu'à 6 mois des versements de cotisations sociales et même fiscales (TVA,IS,TP) (les cotisations dues étant declarées chaque mois).Ensuite, à partir du 7ème mois, l'entreprise verse les cotisations du 1er mois plus 10% de celles du 7ème mois, puis le 8ème mois elle verse celles du 2ème mois, plus X%(a definir) de celles du 8ème mois. Tout ceci selon un plan d'apurement régularisation étalé sur 18 a 36 mois.

    Ainsi,l'Etat, au lieu de tenter de reverser 26 millards aux TPE-PME avec toutes les difficultés induites, délais erreurs et manipulations frauduleuses, l'Etat compenserait en trésorerie l'urssaf etc. du dit report de versement.

    Si les TPE-PME sont tellement "dépendantes" des banques, c'est simplement la conséquence de la surfiscalité appliquée aux TPE-PME, en regard de la valeur ajoutée produite;

    En effet, une grande entreprise pour chaque emploi existant doit disposer d'un investiment moyen de 300.000€;(une usine de 100 salariés(necessairement automatisée) representera un "ticket" de 30Millions €. Cet investissement déclenchant à la fois un gain en valeur ajouté (les machines ne payent pas de charges sociales) accompagné d'un gain défiscalisant lié aux amortissements déductibles permettant de baisser la fiscalité IS(supposant que l'amortissement fiscal est plus elevé que l'amortissement "industriel & technique").
    Par comparaison, la PME consommera en investissement jusqu'à 30.000€ par emploi créé, soit un coût en capital 10 fois moindre que pour la grande entreprise. Simultanément, le prélèvement social en TPE-PME sera 10 fois plus élevé en regard de la valeur ajoutée produite que pour la grande entreprise (en grande entreprise chaque salarié produit 10 fois plus de valeur ajouté que dans une TPE-PME, ceci pour des salaires équivalents).

    Si le gouvernement veut relancer l'embauche et l'activité induite partout où les entrepreneurs pressentent des possibilités de croissance, il est impératif de créer un vrai choc fiscal (provisoire et plafonné au juste niveau (à ce jour, les plafonds ont toujours été définis trop bas)).
  • Par vieuxsage • Posté le 12/01/2009 à 16:20 La banque fait peut-être preuve de trop de rigidité, mais il est difficile de juger de l'extérieur.Au médiateur de donner son avis.

    En revanche, il apparaît clairement que le créateur de l'entreprise estimait à 400 000 ses besoins en fonds de roulement au départ, et qu'il a commis l'imprudence de se lancer alors qu'il n'avait pas trouvé cette somme...
  • Par paltrie • Posté le 11/01/2009 à 08:18 Suite à cet article, qui met en cause l'efficacité de notre gouvernement, celui-ci viendra-t-il nous exposer ses avis sur cette question ????
    Faut-il en déduire qu'il n'a aucun pouvoir face aux puissances finacière ?
  • Par Paltrié • Posté le 09/01/2009 à 21:15 Nos gouvernants n'ont-ils pas de moyens pour régler ce problème? Qui devrons-nous élire pour mettre de l'ordre dans cette pagaille où les interêts de quelques uns sont, à l'évidence moteur, voire les instigateurs d'un tel désordre! Le plus nul d'entre nous n'est pas à ce point stupide pour croire le contraire.

    Alors qui fait le ménage au gouvernement? C'est encore et toujours les banquiers ????????????