Mieux qu'un CDI, un logement HLM

17 septembre 2008 • Julien Lamon

A la tête d'une petite PME familiale qu'il a créée au début des années 90, Jean-Paul emploie 5 salariés. Au départ de son informaticien webmaster il commence à chercher, via l'ANPE, un remplaçant. Il connaît déjà les difficultés du recrutement, ayant eu toutes les peines du monde à trouver un magasinier et ayant mis plusieurs années à recruter une comptable fiable.

Passent deux mois sans qu'il trouve quelqu'un pour remplacer son ancien employé, et qu'il met à profit pour apprendre les rudiments de la programmation et de la gestion de son site internet, qui nécessite une mise à jour quotidienne. Au bout de cette période, quelqu'un se présente via l'ANPE. Le courant passe avec Jean-Paul, qui fait passer lui-même les entretiens d'embauche vu la taille de l'entreprise. Il est embauché directement en CDI, politique de la maison : « quand on est content d'avoir un employé, dans une petite entreprise, on veut qu'il reste ».

Le nouveau webmaster dispose de talents graphiques bien au-dessus de la moyenne, « l'équivalent d'un bac +5 en infographie ». Il semble bien s'intégrer dans la structure. Le salaire, correct pour le métier, autour de 2000 euros bruts par mois, semble satisfaire le nouvel employé. Jean-Paul apprend par ailleurs que son webmaster travaillait également en indépendant dans le domaine informatique, alternant les petites missions dont certaines au noir. Il ne semble pas être à court d'argent mais cherche néanmoins à se loger dans un appartement de type HLM.

Un beau jour, deux mois après son embauche, le nouveau webmaster demande à voir Jean-Paul pour lui annoncer sa décision de partir. Il ne se plaint pas du tout de son travail, ni de son salaire, et déclare qu'il est satisfait. Mais il ajoute qu'il a obtenu son logement HLM, qu'il n'a donc plus besoin de travailler. En effet, il a à sa charge un enfant en bas âge, et sait qu'il a plus de chance de garder son logement s'il ne dispose pas de revenus trop élevés. Le système lui permet de vivre en continuant ses activités non déclarées, tout en profitant du système de notre Etat providence.

Ecœuré, car en tant que petit patron, Jean-Paul travaille énormément pour maintenir à flot son entreprise, il a pourtant décidé de ne plus faire appel aux services d'un webmaster, échaudé par ce comportement. Il dispose désormais des savoirs rudimentaires pour assurer le fonctionnement de son site internet, et bien que la gestion informatique lui prenne un temps précieux il préfère s'en charger lui-même…

Commentaires

  • Par MC • Posté le 19/09/2008 à 22:26 J'habite dans un endroit où le travail au noir est une véritable institution connue de tous. Lorsque j'étais élue locale j'ai eu connaissance de certains faits et je me suis insurgée. Hélas, que de problèmes sur ma route ! Si je dénonçais ces pratiques je risquais d'avoir des ennuis... En creusant un peu je me suis rendu compte que bon nombre de personnes qui critiquent cet état de fait en sont bénéficiaires. Que faire contre ce fléau ?
    Un jour j'ai rencontré un gendarme chargé d'une mission sur le travail au noir et nous avons échangé nos points de vue. Après quelques mois je ne l'ai jamais revu, j'ai appris qu'il avait été muté !!! Depuis, rien n'a changé. La France va crever de tous ces détournements si rien n'est fait sérieusement.
  • Par RESKEBIL • Posté le 19/09/2008 à 09:44 Effectivement, dès lors que l'on obtient un logement social, il est aisé de s'y maintenir (voire de s'y incruster) et ce n'est pas le mécanisme de surloyer peu pénalisant et de mon point de vue parfaitement justifié qui change grand chose.
    Notre pays a encouragé depuis 30 ans l'assistanat en déplaçant la responsabilité individuelle vers le collectif et surtout sans contrepartie !
    Quant au logement social, il s'agit bien là d'une imposture. La centralisation des décisions aboutit à un système soviétiforme qui décide au plus haut niveau, sans tenir compte des besoins réèls du terrain.
    Cherchez l'erreur, tous nos décideurs sont issus du secteur public du plus bas au plus haut niveau....
    Il faut faire place à la société civile
  • Par chtiric • Posté le 19/09/2008 à 09:19 Moi aussi je trouve un peu "bizarre" cet article :
    Tiwa n'a pas entièrement raison de dire qu'on ne vire pas une personne d'un HLM; lorsque le loyer est conditionné aux ressources et que celles-ci sont de 2.000 euros, alors le locataire ne bénéficie plus des tarifs à loyer modéré et il est souvent logique et préférable d'acheter son logement dans un cadre verdoyant, et ne plus payer de loyer ! Tout en déduisant de ses impôts les intérêts de l'emprunt... Et c'est préférable de voir grandir son jeune enfant loin d'une cité, n'est-ce pas ?!
    Ce patron plutôt que d'être écœuré devrait être soulagé de voir partir ce type sans ambition, avec un vue courte sur son avenir, car qui va, plus tard, embaucher un gars qui est resté 4 ou 5 ans au chômage ???
    De plus, le fait qu'il soit adepte des boulots au noir de façon récurrente me fait m'interroger sur sa philosophie de vie. J'aurais tendance à croire que j'ai devant moi un profiteur, voire un arnaqueur doublé d'un feignant !
  • Par ME • Posté le 18/09/2008 à 17:02 Je suis sidéré par les faits que j'apprends aujourd'hui, alors que je connais

    déjà beaucoup d'abus de ce genre. Je ne citerai que le cas d'une jeune femme qui

    a déjà eu un enfant hors mariage et qui en a eu un avec un autre homme avec

    lequel elle vit maritalement. Cela lui permet d'avoir un logement social et divers "minima" sociaux, comme si elle était seule, pour élever ses enfants. La

    France est devenue une immense Pétaudière et une sorte d'usine à gaz dont les

    tuyaux sont percés un peu partout. Mais je crois que cette fois-ci, nous

    arrivons au bout du rouleau.