Le chef d'entreprise, ce mal aimé des fonctionnaires

Témoignage d'un internaute

25 juin 2008 • Jean-Philippe de Lespinay

Comme le confiait à l'un de ses amis Ernest-Antoine Seillière énarque et alors Président du Medef : « j'ai pu constater dans toutes nos négociations avec les pouvoirs publics que les hauts fonctionnaires, et donc l'Etat, se comportent en ennemis des chefs d'entreprise, ce qui complique tout ». C'est normal ! Ce sont objectivement nos ennemis ! Nous sommes dans une lutte de pouvoir… que nous n'avons pas demandée mais à laquelle ils tiennent beaucoup. Le vrai pouvoir dans une économie comme la nôtre, ce sont les patrons. Ce sont leurs entreprises qui nourrissent les Français… dont les fonctionnaires ! Sans elles, la France n'existe plus. Et ça, ça reste en travers de la gorge de nos hauts fonctionnaires. Cette simple explication explique TOUS nos malheurs. La plupart des décisions des pouvoirs publics sont guidées par la volonté de garder ce pouvoir en réduisant celui des patrons.

C'est ainsi que - contrairement aux salariés dont pourtant les responsabilités sont faibles – le patron n'a pas de protection sociale, même s'il a cotisé ! Si, par malheur, il dépose le bilan de l'entreprise qu'il a fondée, il n'a pas le droit au chômage. C'est un homme fichu. Il est de notoriété publique pourtant qu'il y a mis tout son argent et plus encore, ce qu'aucun salarié ne fait jamais. Il a tout perdu. Ainsi que souvent sa femme, qui l'a quitté, écœurée par sa déconfiture. Prenons un exemple encore plus percutant. Si les juges d'un tribunal de commerce veulent mettre la main sur une entreprise pour le compte d'un de leurs copains, il suffit de la déclarer en cessation de paiement sous n'importe quel faux prétexte : à l'instant, le chef d'entreprise en est dépossédé ! Il ne peut plus rien faire pour elle ! On peut ainsi assister au licenciement du personnel d'une entreprise parfaitement saine, à sa vente par appartements, ou à la vente à prix d'amis de ses outils de travail coûteux (des avions par ex, le cas de Stellair à Nantes). S'il fait appel d'une condamnation de tribunal de commerce, il perd en appel dans 80 à 98 % des cas ! Même si l'escroquerie est avérée. S'il prend un avocat pour poursuivre un liquidateur véreux, celui-ci reçoit un courrier de son bâtonnier lui enjoignant de laisser tomber, dans son propre intérêt. En effet, si l'avocat ne tient pas compte de l'avertissement, comme par hasard il perdra ses procès et coulera lui aussi, ce qui en dit long sur l'indépendance de la justice française et explique pourquoi nos avocats sont souvent si… nuls. Si un patron fait un procès à une administration, il a perdu d'avance. Il y a même un tribunal "administratif" pour veiller au grain dans l'intérêt de nos fonctionnaires.

Vous ête-vous posé la question de savoir comment il se fait que le quart des Français sont fonctionnaires (ou assimilés), que tous nos présidents - depuis De Gaulle inclus - sont fonctionnaires, que l'écrasante majorité des députés sont fonctionnaires (ou assimilés) ?

Si l'on fait le raisonnement suivant, la situation de la France est édifiante :

- 1/4 du marché français est fonctionnaire ou assimilé

- 1/4 du marché est contrôlé par les pouvoirs publics (EDF, GDF, Airbus, Dassault, commissaires aux comptes, secteur médical et pharmaceutique, charges diverses, etc.)
- 1/4 du marché ne peut exister sans commandes de l'Etat (sociétés d'informatique, secteur automobile, etc.)
- Reste 1/4 du marché réellement privé, donc réellement sain…

Quand cette situation sera tellement devenue intenable et qu'un Chef d'Etat digne de ce nom – c'est-à-dire ayant travaillé en entreprise - prendra le pouvoir, il découvrira une France dans un état similaire à celui de l'Urss après la chute du mur de Berlin : vermoulu, exsangue, épuisé… Avec un quart des Français à rééduquer à l'économie de marché.

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