Intervention de Jean-Marie Fessler - Colloque Hôpital

"Chez nous, les présidents président et les directeurs généraux dirigent"

31 mai 2005 • l'équipe de la Fondation iFRAP

Le 23 mars 2005, l'iFRAP a réuni autour des professeurs Bernard Debré, député de Paris, Paul-Henri Cugnenc, député de l'Hérault et Philippe Even, plusieurs experts du secteur de la santé pour un colloque à l'Assemblée nationale sur le thème de « Hôpital public : quel Avenir ? ». Voici l'intervention de Jean-Marie Fessler, Directeur des établissements MGEN.

En France, il y a 300 000 lits et places dans le public, de l'ordre de 100 000 pour le privé lucratif et un peu moins de 100 000 pour le privé non lucratif. Quels sont les atouts de cette dernière catégorie d'établissements ? D'abord le contrat de travail. Pour avoir été directeur d'hôpital public et pour être aujourd'hui dirigeant d'établissements privés non lucratifs au sein de la Mutuelle Générale de l'Education Nationale, je peux tout à fait apprécier la différence entre un statut, avec toutes les rigidités que nous connaissons, et le fait de signer un contrat de travail dans lequel un certain nombre de points sont fixés après accord entre l'employeur et l'employé.

Le deuxième élément à souligner, c'est que les hôpitaux privés non lucratifs ont une taille modérée qui les empêche de se disperser. Nous sommes tenus d'avoir des filières d'accès très lisibles et d'avoir une pratique particulièrement soutenue de la coopération avec des hôpitaux publics comme avec des cliniques privées à but lucratif. Bien évidemment, la taille limitée nous impose d'être particulièrement attentifs à l'égard de nos équipes médicales et soignantes. Il n'y a pas, dans nos établissements, d'anonymat de ces équipes.

Il y a un point sur lequel nous sommes particulièrement sensibles à la MGEN et que je tiens à mentionner, ce sont les passerelles plus simples avec le monde médico-social en termes de prise en compte des situations de handicap et de personnes âgées dépendantes.

Atout supplémentaire : celle d'une autorité directe. Les conseils d'administration sont de véritables conseils, avec une pleine capacité d'autorité, les présidents président et les directeurs généraux dirigent. Le recrutement direct de tous les professionnels est la règle. Au demeurant — et c'est peut-être la différence la plus impressionnante — la responsabilité économique est de plein exercice. Tant pour les cliniques privées à but lucratif que pour les établissements privés non lucratifs, le dépôt de bilan est possible et, dans un certain nombre de cas, c'est ce qui arrive. Nous sommes soumis au contrôle extrêmement précis des commissaires aux comptes et une alerte de ces derniers est quelque chose de très sérieux.

Il est clair que les choses doivent se faire au niveau des régions, au niveau des territoires de santé, et en mettant en coopération la totalité des acteurs, quel que soit leur régime juridique.

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