Jean-Luc Mélenchon

Jean-Luc Mélenchon a développé son programme tôt dans l'année 2017 par une vidéo d'un colloque explicatif de son chiffrage. Une vidéo très précise dont nous avons pu extraire les données des propositions du candidat qui, fiables, n'ont pas eu besoin d'être recalculées ou complétées. Le programme de Jean-Luc Mélenchon mise sur une importante hausse des dépenses publiques, des recettes publiques et un vaste plan d'investissement. Ses très bons résultats sur le plan du chômage s'expliquent par son intention de recruter 440.000 nouveaux agents publics, de signer 420.000 contrats aidés ainsi que plus de 250.000 contrats coopératifs entre l'Etat et les demandeurs d'emploi de longue durée.

Dépenses publiques

Hausses de dépenses publiques dans le Programme de Jean-Luc Mélenchon, en milliards d'euros

Montants en milliards d'euros des mesures détaillées (par an)

Construction de logements (budget Etat)

0,1

Construction de 38 000 logements pour sans abris

0,701

Plan pauvreté (reste) et Remonter tous les minimas sociaux aux dessus de 1 000 euros ou mise en place d'un revenu minimum social

32,2

Augmenter budget culture + gratuité le dimanche + centre musique et jeu vidéo

3,7

Scolarité obligatoire et gratuite jusqu'à 18 ans

7,2

Recrutement de 60 000 profs + revalorisation salariale

3,1

Enseignement supérieur

4,6

Reste politique éducative

5,4

Politique en faveur des salaires (revalorisation +6,7 points dans la FP et aides aux petites entreprises pour la revalorisation du smic)

22

Politique contrat jeune jusqu'à 5 ans

5,9

Services à la personne

21

Service citoyen de 9 mois

8,6

Signature de 820 000 contrats coopératifs sur 5 ans (Etat employeur en dernier recours)

6,4

Recrutement de 10 000 policiers, gendarmes et 5 000 douaniers

0,555

Reste politique Sécurité

2,9

Recrutement 18 000 magistrats et greffiers + augmenter moyens de la justice

2,3

Reste politique justice

0,7

Retraite à 60 ans

18

Revalorisation petites retraites

3,8

Relever le minimum vieillesse

2

Allocation autonomie pour les jeunes

6,3

Assurance chômage : indemnisation au 1er jour

2

Recrutement 62 000 agents dans la FPH

3

Dépenses pour la médecine scolaire, du travail, généralistes publics et plan 0 désert médicaux

4

Sécurité sociale à 100% remboursée

42,2

Recrutement de 265 000 agents FP en plus sur 5 ans

8

Signature de 440 000 contrats aidés sur 5 ans

1,32

Autres

6

Total des augmentations de dépenses publiques

228,0

Economies de dépenses publiques dans le Programme de Jean-Luc Mélenchon, en milliards d'euros

Montants en milliards d'euros des mesures détaillées (par an)

Fin de l'opération Sentinelles

0,19

Légalisation du cannabis (libéralisation des agents sur ce service et fonctionnement)

0,31

Intégration des mutuelles à la Sécurité sociale (régime unique)

2,6

Encadrement des prix des médicaments

2,5

Encadrement des prix optiques et dentaires

1,5

Suppression dépassements d'honoraires

7,6

Economie sur les frais de gestion Sécurité sociale

6,9

Total économies de dépenses publiques

21,6

En 2022, l’écart entre les évolutions nettes de dépenses et de recettes est de 130 milliards d’euros. Le cumul de ces écarts entre suppléments de dépenses et suppléments de prélèvements obligatoire sur l’ensemble du quinquennat atteint 585 milliards d’euros. C’est donc ex ante (avant le bouclage macroéconomique) le stimulus budgétaire positif qui est insufflé à l’économie française. Il est gigantesque. Cela peut occasionner un supplément d’activités grâce aux investissements publics supplémentaires ou pouvoir d’achat donné aux ménages. Cependant ces 585 milliards d’euros sont également le supplément ex ante de dette publique, avant le retour macroéconomique.

Une telle perspective d’augmentation de plus de 25% de la dette publique, même si cela doit occasionner un peu de croissance supplémentaire, ne peut qu’avoir des conséquences dommageables  sur l’économie à travers le retour financier. La dette française serait dès lors considérée comme orientée sur une trajectoire non soutenable et les taux d’intérêt associés à la dette (le rendement des obligations d’Etat) augmenteraient de manière importante.

Nous tenons compte de cet effet en considérant que le taux d’intérêt pour les emprunts à long terme de l’Etat (de l’ordre de 2% aujourd’hui) augmenterait à 3% en 2017, 4,5% en 2018 puis à 6% à partir de 2019.

Fiscalité et recettes

Baisses de prélèvements obligatoires dans le Programme de Jean-Luc Mélenchon, en milliards d'euros

Montants en milliards d'euros des mesures détaillées (par an)

IS à 25%

10

Total des baisses de prélèvements obligatoires

10,0

 

Hausses de prélèvements obligatoires dans le Programme de Jean-Luc Mélenchon, en milliards d'euros

Montants en milliards d'euros des mesures détaillées (par an)

Fin du CICE

20

Augmentation de la contribution additionnelle sur les dividendes

3

Renfort ISF et fiscalité sur les successions

3

Taxe grand luxe

5

Imposition sur les hautes transactions immobilières

5

plus 2 points sur les prélèvements sociaux (pour financement retraite à 60 ans)

4

plus 2,6 points sur les cotisations chômage

0,9

Plus 2 points "sur l'impôt" (hypothèse IR)

1,4

taxes sur les produits importés néfastes type huile de palme et taxes sur les importations des pays ne respectant pas les droits sociaux

0,7

Une réforme fiscale pour gagner 10 Mds "l'impôt universel" : tous les français payent l'impôt où qu'ils soient dans le monde

10

Lutte contre l'évasion fiscale

15

Suppression de niches fiscales (entreprises et ménages)

38

Total des hausses de prélèvements obligatoires

106

Solde public et dette

La mise en place du programme de Jean-Luc Mélenchon pèserait très fortement sur le solde public qui serait déficitaire de 7,5% en 2022 (soit 199 milliards d’euros). Ceci provient à la fois des nombreuses dépenses nouvelles engagées mais également du surcroît d’intérêt de la dette (dette plus lourde et envolée des taux d’intérêt qui atteindraient 6% à partir de 2019).

La dette publique atteint 3154 milliards d’euros en 2022 (116,5% du PIB) (il convient de noter que le PIB en valeur est lui-même différent entre les deux scénarios notamment du fait de la plus forte progression des prix dans le scénario « programme de Jean-Luc Mélenchon»).

Taux de chômage

Environ 13 000 emplois par an en moyenne seraient détruits entre 2017 et 2022. En 2020 et 2021, 57 000 emplois marchands supplémentaires seraient créés dans le scénario « Programme de Jean-Luc Mélenchon» relativement au scénario de référence, mais ceci succèderait à trois années initiales de destruction d’emplois. En 2022, il y aurait encore 19 000 emplois marchands non agricoles supplémentaires dans le scénario Mélenchon (comparativement au scénario de référence). Après avoir augmenté sensiblement en début de quinquennat, lorsque l’emploi marchand connaît des destructions, le taux de chômage atteindrait 9,2% en 2022 contre 9,0% dans le scénario de référence. L’ensemble des dépenses publiques supplémentaires et investissements publics aurait ainsi un rôle très marginal sur l’emploi.

PIB et balance commerciale

En 2022, le scénario « Programme Jean-Luc Mélenchon » aboutit à un PIB inférieur de 0,46% à son niveau du compte de référence. Cette faiblesse du PIB par rapport au scénario de référence s’explique par la contribution négative de l’investissement (-0,81 point de PIB) et du commerce extérieur (-0,74 point de PIB) tandis que la contribution de la consommation est fortement positive (+1,09 point de PIB), tirée par les mesures de hausse des dépenses publiques et de renforcement du pouvoir d’achat des ménages. Les hausses de fiscalité et le surcroît d’inflation pèsent sur la compétitivité. La contribution du commerce extérieur à la croissance est fortement négative sur toute la période tout comme celle de l’investissement qui réagit négativement à la hausse des taux d’intérêt.

Le programme de Jean-Luc Mélenchon continue à produire des effets au-delà de 2022. En 2027 le PIB est inférieur de 1,74% à son niveau du compte de référence. La hausse des taux d’intérêt provoquée par l’envolée de la dette publique pèse sur l’investissement privé. La compétitivité est durablement dégradée par le surcroît d’inflation. La contribution positive de la consommation qui soutenait la croissance a disparu. 

En 2022, le déflateur du PIB est supérieur de 2,6% à son niveau du compte de référence. Le choc des dépenses publiques débouche sur des pressions inflationnistes, même si celles-ci demeurent contenues du fait du ralentissement économique provoqué par les hausses de taux d’intérêt.

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