Benoit Hamon

Vainqueur de la primaire de la gauche, le projet chiffré de Benoit Hamon a été dévoilé mi-mars, notamment avec les derniers calibrages de son projet de mettre en place un revenu universel en France (sur le très long terme). Un projet dont le coût sera passé de plus de 300 à quelque 30 milliards d'euros par an, un calibrage de bon sens mais qui ne reste pas sans conséquences sur les finances publiques. 

Dépenses publiques

Economies de dépenses dans le Programme de Benoît Hamon, en milliards d'euros

Montants en milliards d'euros des mesures détaillées (par an)

Economies sur les dépenses de fonctionnement (centralisation des achats publics).

5

Economies par des politiques de prévention dans le domaine de la santé, de l'énergie et des discriminations permettant des économies.

10

Total des économies de dépenses

15,0

Hausses de dépenses publiques dans le Programme de Benoît Hamon, en milliards d'euros

Montants en milliards d'euros des mesures détaillées (par an)

Etape 1 du RU : Augmenter le RSA de 10% dès 2018, mise en place du RU.

23,3

Revalorisation des minimas sociaux (hors RSA) dès 2017.

1,5

Revalorisation du point d'indice dans la FPH (hypothèse 2%).

0,8

Revalorisation du point d'indice dans la FPE (hypothèse 2%).

1,7

Budget 1% pour la culture.

1,7

Augmenter le budget de la recherche de 1% (7 500 enseignants chercheurs, augmentation du budget de l'enseignement supérieur).

15

Recruter 40.000 enseignants.

1,4

Budget Défense et sécurité à 3% PIB en 2022 (dont recrutement  5.000 agents sur le quinquennat).

18

Droit de l'Etat de reprendre la main du logement public cadre SRU, plus construction de logements.

5

Revalorisation du point d'indice dans la FPT (hypothèse 2%).

1,2

Hausse du smic pour la fonction publique (majoritairement FPT) (hypothèse 2%).

0,7

Total des augmentations de dépenses publiques

70,3

L’évolution nette des dépenses publiques dans le programme de Benoît Hamon est de 70,6 milliards d’euros en 2022. Avec son plan d’investissements, la mise en place du revenu universel « première phase » et des augmentations importantes de plusieurs postes des dépenses publiques, Benoît Hamon augmente de 27,5 milliards d’euros les dépenses publiques dès 2018. On ne peut cependant en conclure que Benoît Hamon tourne le dos à l’idée d’un équilibre budgétaire puisque la hausse des dépenses publiques qu'il prévoit est accompagnée d’une hausse, pas tout à fait équivalente, des prélèvements obligatoires.

 

Fiscalité et recettes

Baisses de prélèvements obligatoires dans le Programme de Benoît Hamon, en milliards d'euros

Montants en milliards d'euros des mesures détaillées (par an)

TVA différenciée sur les produits vertueux écologiquement.

3

Baisse d'IR pour la partie crédit d'impôt du revenu universel.

11,7

Taxe foncière prenant en compte les emprunts des primo-accédants.

1

Total des baisses de prélèvements obligatoires

15,7

Hausses de prélèvements obligatoires dans le Programme de Benoît Hamon, en milliards d'euros

Montants en milliards d'euros des mesures détaillées (par an)

Taxe sur les robots intelligents.

15

Conditionner le CICE aux embauches et à la baisse du temps de travail.

10

Alignement de la fiscalité du diesel sur l'essence.

7

Moduler l'IS en fonction des bénéficiaires investis et uniformiser un taux IS européen pour les grands groupes.

7

Refonte de l'IR dont individualisation et fusion CSG (+ progressive et + de tranches).

6

Contribution sur les « super-profits » des Banques.

5

Impôt patrimoine unique fusionnant taxe foncière et ISF.

0

Lutte contre la fraude fiscale.

11

Total des hausses de prélèvements obligatoires

61

Malgré le stimulus budgétaire d’ampleur (plan d’investissement, mise en place du revenu universel, revalorisation du point de la fonction publique…), ce nouveau choc fiscal à la hausse pèse fortement sur la trajectoire économique.

Solde public et dette

 Le solde budgétaire semble s’éloigner de la zone « acceptable », pour les obligations vis-à-vis de la Commission européenne (le solde des administrations publiques est de -2,5% en 2022 contre -1,1% dans le scénario de référence et ne repasse en-dessous de -3% qu’en 2020) même s'il ne s'éloigne pas trop de la trajectoire de référence. Le solde public serait déficitaire de 1,2% en 2022. Ceci est obtenu par une forte hausse des prélèvements obligatoires tandis que le poids des dépenses publiques resterait élevé. On peut donc escompter une certaine réticence des marchés financiers face à cette stratégie de relance par l’investissement et les dépenses publiques alors que la situation budgétaire française est loin d’être normalisée, surtout en comparaison de certains de nos voisins européens. Nous introduisons donc une légère tension sur les taux d’intérêt pour traduire cela (ceci augmente progressivement pour être supérieur de 70% à leur niveau du compte de référence en 2022).

La dette publique atteint 2.510 milliards d’euros en 2022 (93,1% du PIB) (il convient de noter que le PIB en valeur est différent entre les deux scénarios, notamment du fait de la progression plus rapide des prix dans le scénario « programme Benoît Hamon »).

Taux de chômage

Environ 10.000 emplois marchands sont détruits par an en moyenne entre 2017 et 2022. Si des emplois sont créés en 2018 (53.000) par l’effort de relance des dépenses publiques, des emplois sont ensuite détruits à partir de 2020 (57.000 emplois détruits sur la période 2017-2022). Le taux de chômage atteindrait 9,2% en 2022 contre 9,0% dans le scénario de référence.

PIB et balance commerciale

En 2022, le scénario « Programme Benoît Hamon » aboutit à un PIB inférieur de 0,26% à son niveau du compte de référence. Cette baisse du PIB par rapport au scénario de référence s’explique par la contribution négative du commerce extérieur et de l’investissement alors que la consommation contribue positivement (effet de la hausse des prestations sociales avec notamment la mise en place du revenu universel).

La contribution du commerce extérieur à la croissance est fortement négative et l’effet négatif s’amplifie au fil des années aboutissant, à long terme, à une détérioration forte de la situation comparativement au compte de référence. La fin du plan d’investissements en 2022 et les effets des hausses de fiscalité pèsent également sur la contribution de l’investissement qui est encore négative à long terme. A plus long terme, en 2027, le programme de Benoît Hamon, mis en place entre 2017 et 2022, pèse encore sur la croissance. Le PIB est ainsi inférieur de 0,92% à son niveau du scénario de référence en 2027.

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