Fonction publique et administration

« Rendre leur fierté aux fonctionnaires »

05 septembre 2011 • Philippe François

arton12268.jpg

« Rendre leur fierté aux fonctionnaires » : l'expression utilisée récemment par la Fondation Jean-Jaurès est forte. Pour que les fonctionnaires retrouvent leur fierté, la Fondation iFRAP propose des changements indispensables dans la gestion de la fonction publique (et des entreprises publiques).

Aligner les conditions de travail sur celles des salariés du secteur privé, c'est-à-dire du plus grand nombre :

Lire aussi le livre d'Agnès Verdier-Molinié :

Les fonctionnaires contre l'État. Le grand sabotage"

Tant que ces particularismes ne seront pas supprimés, les fonctionnaires seront soupçonnés de bénéficier de privilèges injustifiés conduisant à un coût excessif et à un manque d'efficacité. Impossible de retrouver leur fierté dans ces conditions.

"Le privilégié se considère avec ses collègues comme faisant un ordre à part, une nation choisie dans la nation. Les privilégiés en viennent réellement à se regarder comme une autre espèce d'homme."

Sieyès, Essai sur les privilèges (1788), in Qu'est-ce que le tiers état ?

Cité par Pierre Rosanvallon dans son livre La société des égaux

Commentaires

  • Par prot • Posté le 13/10/2011 à 19:31 Il n'est pas acceptable que les fonctionnaires qui veulent s'engager en politique, puissent simplement se mettre en congé de leur poste pour le retrouver au terme de leur mandat politique.

    Il faut les obliger à démissionner de leur poste comme c'est le cas pour ceux qui travaillent dans le privé. Leur engagement politique deviendra un véritable engagement....

    cela changerait beaucoup de choses dans nos représentations politiques.

    Il faut mettre ce sujet sur la table aux présidentielles.
  • Par Philippe François • Posté le 15/09/2011 à 20:23 Merci d’avoir pris le temps de nous faire parvenir votre commentaire. Cela me donne l’occasion de préciser ma position sur les fonctionnaires. Condamner les fonctionnaires (et les salariés du secteur public) en bloc serait évidemment ridicule et injuste. Après avoir enquêté sur de nombreux domaines du secteur public (hôpitaux, université, préfectures, SNCF …) ma conclusion est que le système dans lequel travaillent ces personnes est fondamentalement vicié parce qu’il nie la réalité des capacités et des motivations des êtres humains : importance disproportionnée du diplôme (système de castes), progression de carrière et de salaire largement à l’ancienneté, impuissance/irresponsabilité des décideurs proches des salariés et traitement de masse (est-il acceptable qu’un changement du point d’indice s’applique à 5 millions de personnes couvrant une gamme complète de métiers ?).
    On peut rêver du meilleur des mondes, mais les hommes et les femmes de 2011 ont, dans leur quasi totalité, besoin d’être encouragés, sanctionnés, récompensés, guidés, motivés tout au long de leur carrière. Pour les différentes catégories de personnes, le système anonyme actuel du secteur public a des conséquences variées : pour les quelques pourcents de personnes capables de rester, par elles-mêmes, très motivées ET très compétentes pendant 40 ans, supposons qu’il est satisfaisant, même s’il est très injuste puisqu’elles n’en retirent pas une légitime récompense. Pour les moins compétentes et moins auto-motivées, le système est catastrophique pour eux et pour leurs « clients » puisque ces fonctionnaires n’ont aucune chance de s’améliorer (imaginons les dégâts sur 40 générations d’élèves causés par un jeune professeur abandonné à lui-même pendant 40 ans). Pour la masse des moyens-bons et moyens-mauvais, elle sera tirée vers le bas par le temps qui passe dans cette ambiance débilitante.
    Le recrutement dans le secteur privé est plutôt mieux organisé que dans le public, basé à la fois sur la motivation, les compétences techniques et humaines, et non pas uniquement sur le niveau de connaissances validé par des concours. Malgré cela, le secteur privé a trouvé indispensable de mettre en place tout un système de gestion des ressources humaines qui n’est pas parfait, mais qui tend à tirer tout le monde vers le haut. Pour l’employeur, c’est très profitable, et pour les salariés, être encouragés à mieux utiliser leurs capacités, c’est une question de dignité.
    Sans doute pour compenser la grisaille dans laquelle beaucoup travaillent, les salariés du secteur public s’accrochent à des particularismes : régimes spéciaux de retraite, régimes spéciaux d’avantages familiaux, régimes spéciaux d’assurance maladie, syndicats spéciaux, classifications spéciales … . Loin de leur rendre leur fierté, ces particularismes les isolent des autres Français choqués de les voir prôner et militer pour plus d’égalité, et en même temps défendre farouchement leurs privilèges.
    On peut voir les fonctionnaires, gérés par un employeur lointain et généralement peu exigent, et bénéficiant de sérieux avantages, comme des enfants trop gâtés. Avec les conséquences bien connues : jamais satisfaits et cantonnés, au moins au niveau professionnel, à un niveau de développement très inférieur à leur potentiel réel.
    Les salariés du secteur public auraient un grand intérêt à ce que leur gestion soit alignée sur celle des salariés du secteur privé. Et pour le redressement de la France, c’est indispensable.

    note : Sur le point particulier de la dépendance du fonctionnaire vis-à-vis de son chef, je suis surpris qu'il soit invoqué de façon aussi forte. L'administration est justement un très gros employeur qui offre des possibilités de mutation importante et sans risque. Les fonctionnaires bénéficient là aussi d'un avantage significatif par rapport aux autres salariés, notamment des entreprises petites et moyennes.
  • Par BC • Posté le 15/09/2011 à 20:23 Voici plusieurs articles que je parcours sur votre site.

    A l'evidence, vous n'aimez pas les fonctionnaires.

    Mais n'oubliez pas que le fonctionnaire a un devoir d'obéissance envers sa hierarchie.

    Si cette hierarchie est incapable, est-ce la faute du fonctionnaire de base ?

    Le fonctionnaire de base, mal payé, obéit aux ordres, meme si ces ordres sont idiots, incomprenables,et sa notation -donc sa carriere-dépend de ses réactions.

    En clair, la hierarchie du fonctionnaire a droit de vie ou de mort sur la carrirere du petit fonctionnaire

Fermer

Newsletter

Inscrivez-vous à la lettre d'information hebdomadaire de la Fondation iFRAP.

Recevez chaque semaine notre lettre d'information pour vous tenir au courant de l'activité et des travaux de la Fondation iFRAP.