Fonction publique et administration

Réforme des retraites : un début de consensus entre majorité, opposition et experts

Vers un système obligatoire unique pour tous les Français

15 décembre 2008 • Philippe François

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Deux bonnes nouvelles sur le front des retraites. Des voix dans la majorité et dans l'opposition demandent que soit envisagée la mise en place d'un système unique à la suédoise, proche de nos régimes par points type ARRCO/AGIRC. Une reconnaissance que la réforme de nos régimes actuels de retraite, injustes et allant à la faillite, reste à faire et de façon urgente.

Dans l'opposition, c'est Ségolène Royal qui a discrètement cité le système par points. Et un de ses conseillers économiques (Thomas Piketty) vient de publier pour l'officiel CEPREMAP une étude approfondie et positive sur le nouveau système suédois.

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Pour un nouveau système de retraite
Thomas Piketty

Dans la majorité, le Sénateur Leclerc dénonce depuis des années l'impasse dans laquelle se trouve notre système et le coût des régimes spéciaux (SNCF, RATP, EDF/GDF, Fonctionnaires). A la suite d'une Mission d'Etude en Suède de députés UMP et PS, le député Denis Jacquat a publié un rapport sur le modèle suédois de retraite. Et deux députés, Yves Bur et Denis Jacquat viennent de commander au Conseil d'Orientation des Retraites un rapport sur le passage à un système par points. De son côté, le COR a publié en 2008 une étude approfondie sur le modèle suédois de retraites. Et la CFDT n'exclut pas de la prendre en considération en 2010 tandis que le MEDEF semble favorable à un régime par points.

Avec 80 % de répartition et 20 % de capitalisation individuelle, le système suédois peut être un compromis acceptable par tous. Une fois le régime établi, ces pourcentages pourront évoluer vers plus de capitalisation, au fur et à mesure de l'élévation du niveau de vie et de formation économique des Français, et donc de leur capacité à prendre leur responsabilité en assurant eux-mêmes leur avenir.

D'après Ole Settegren, l'expert technique qui a construit et mis en œuvre la réforme, même en Suède, le consensus entre la gauche et la droite a été très difficile à construire. Le projet a été lancé et décidé quand la droite était au pouvoir. Il n'a pas été remis en cause par la gauche revenue aux commandes. Le défi posé aux dirigeants n'était pas du même ordre de grandeur que celui surmonté par Mandela et de Clerck en Afrique du Sud pour mettre fin à l'apartheid, mais il a quand même fallu trouver deux responsables politiques vraiment responsables. Qui seront-ils en France ?

Commentaires

  • Par Philippe François • Posté le 12/06/2010 à 17:12 Comme tous les régimes spéciaux, ceux des parlementaires doivent être sérieusement réformés, en tenant compte de deux facteurs: entre leurs activités dans leur circonscription et à Paris, la quasi totalité de ces élus travaillent énormément. Ils doivent être payés au niveau de cette activité et responsabilité. La seconde contrainte est de ne pas décourager les non-fonctionnaires (c'est-à-dire ceux qui ne sont pas certains de retrouver leur poste après un échec électoral) de s'engager en politique. C'est vital pour notre pays.

    Les élus locaux cotisent à l'IRCANTEC très similaire à l'ARRCO/AGIRC. C'est toute l'IRCANTEC qui n'a aucune raison d'exister et qu'il faudra fusionner avec l'ARRCO/AGIRC. Ces séparations en catégories différentes sont coûteuses en gestion et sources d'antagonisme entre Français.
  • Par Jojo • Posté le 12/06/2010 à 17:12 Quelle est votre position sur les régimes spéciaux du Sénat et de l'Assemblée nationale ainsi que sur le régime de retraite des élus locaux?
  • Par JT • Posté le 18/12/2008 à 15:43 Enfin, l'iFRAP accepte l'idée d'une généralisation des régimes par répartition et accorde une place non exclusive aux régimes par capitalisation.
  • Par HM • Posté le 18/12/2008 à 11:00 Merci de ne pas nous citer (à l'avenir) en exemple des petits pays comme la Suède, la Finlande ou le Danemark. La démographie n'est en effet pas comparable avec la France, l'économie non plus. Les français sont 60 millions de "râleurs" dont beaucoup depuis le passage de la gauche Mittérandienne, sont éduqués à la bêtise, à l'assistanat sous perfusion étatique sans la dynamique nécessaire. Nous devons tout celà à une majorité embourgeoisée d'enseignants à caractère socialiste .

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