Fonction publique et administration

Présidentielle 2017 : ce qu’ils proposent pour la fonction publique

20 avril 2017 • Manon Meistermann

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Sur la question de l'avenir de la fonction publique, seul un candidat ne fait pas de proposition particulière, François Asselineau. Pour les autres, 4 stratégies sont développées : augmenter les effectifs titulaires au maximum notamment pour recruter les demandeurs d'emplois (Jean-Luc Mélenchon, Nathalie Arthaud et Philippe Poutou), recruter sur des secteurs particuliers comme la santé, la dépendance et la défense (Marine Le Pen, Nicolas Dupont-Aignan et Benoit Hamon) ou baisser les effectifs de la fonction publique et en flexibiliser le management (François Fillon et Emmanuel Macron). Avec une position plus atypique, Jean Lassale propose de recruter 200 000 agents... sous contrat de droit privé. 

Nathalie Arthaud : favorable à de nouveaux recrutements

En utilisant l’argent actuellement versé à fonds perdus aux entreprises, l’État devrait embaucher massivement dans tous les services publics où le personnel manque cruellement, dans les hôpitaux, dans l’éducation, les transports.

François Asselineau

Pas de proposition spécifique.

 

Jacques Cheminade : favorable à  200.000 recrutements dans le domaine de l’assistance

  • Créer 100.000 postes d’aides maternelles par an, en vue de remplacer les départs à la retraite (50.000 par an).
  • Créer 100.000 postes d’assistance à la personne (aides à domicile) et d’accompagnement des personnes âgées.

Nicolas Dupont-Aignan : favorable à un redéploiement des effectifs et à 80.000 nouveaux recrutements dans les forces de l’ordre

  • Redéployer les effectifs de la fonction publique, en instaurant des contrats d’objectif par ministère.
  • Recruter 30.000 représentants des forces de l’ordre et 10.000 personnels administratifs. (investissement de 2 milliards d’euros par an) dont 10.000 douaniers et policiers de l’air et des frontières, 10.000 effectifs mobiles pour relayer les effectifs militaires mobilisés sur l’Opération Sentinelle, 10.000 policiers et gendarmes et 10.000 personnels administratifs.
  • Recruter 50.000 soldats sur la durée du quinquennat.

François Fillon : favorable à une réduction de 500.000 postes

  • Revoir les automatismes de déroulement de carrières et réaffecter les économies réalisées grâce aux suppressions des postes dans une politique de revalorisation salariale qui veillera à mieux récompenser le mérite, à simplifier les conditions de recrutement de contractuels, pour limiter la création de postes de fonctionnaires sous statut aux missions dont la nature ou la durée le justifient.
  • Récompenser le mérite et valoriser les compétences plus que l’ancienneté, que ce soit en termes de salaire, d’avancement, de promotion ou de changement d’affectation des agents publics.
  • Mettre en œuvre à compter de 2018 un grand plan de modernisation de la gestion des ressources humaines au sein des administrations, dans tous les domaines clés (recrutement, évaluation, formation, accompagnement des carrières, dialogue social).
  • Augmenter le temps de travail dans les trois fonctions publiques (Etat, territoriale et hospitalière) de 35h à 39h. Ce passage de 35h à 39h pour les 5,5 millions de fonctionnaires représente un gain de temps de travail d’environ 10% soit l’équivalent de 500.000 postes.
  • Mieux organiser la mobilité au sein et entre les fonctions publiques, en accélérant en particulier le travail de simplification statutaire, ainsi qu’entre public et privé. Ajout du 13 février 2017 : Cette mesure ne touchera pas les effectifs dans les Outre-Mer.
  • Simplifier et élargir pour les administrations le recrutement des contractuels de droit public, afin d’en faire un outil complémentaire au statut.

Benoît Hamon : favorable à 41.000 nouveaux recrutements

  • Revalorisation du point d'indice de la fonction publique. 
  • Il y a urgence à recruter dans certains secteurs : l’éducation, la santé, la petite enfance, la prise en charge de la dépendance. Cette politique de recrutement doit être assumée.
  • Renforcer les moyens de la police et de la gendarmerie par le remplacement de tous les départs à la retraite et la création de 1.000 postes par an.
  • Au cours du quinquennat, recrutements de nouveaux enseignants supplémentaires. La priorité sera donnée au primaire : 20.000 postes y seront créés pour qu’il n’y ait pas plus de 25 élèves par classe en CP, CE1, CE2 et pas plus de 20 élèves dans les REP, et REP+, les Outre-mer et les territoires ruraux. 15.000 postes seront créés pour la formation continue et 2.000 postes pour garantir le remplacement des enseignants absents. A ces 37.000 postes créés, s’ajouteront 3.000 postes volants pour garantir un droit à la scolarisation dès 2 ans dans les REP.

Jean Lassalle : favorable à 200.000 recrutements sous contrat de droit privé

  • Recruter en CDI 200.000 personnes pour remettre à niveau les services  publics : santé (80.000 aides-soignant(e)s et infirmièr(e)s), enseignement  (70.000 enseignant(e)s en sciences), forces de l'ordre, etc.
  • Remettre sur le terrain la moitié des effectifs actuellement affectés aux grandes Administrations centrales.
  • Faire respecter l'intérêt général par les grandes entreprises dont l'État est actionnaire et administrateur. 

Marine Le Pen : favorable à de nouveaux recrutements dans le domaine régalien mais à une politique de non remplacement dans la territoriale

  • Dégeler et revaloriser le point d’indice pour les fonctionnaires.
  • Préserver le statut de la fonction publique.
  • Augmenter le nombre de postes de magistrats, notamment par un recrutement au tour extérieur.
  • Plan de recrutement de 15.000 policiers et gendarmes
  • Les collectivités territoriales devront maîtriser leurs effectifs et les effectifs de l’Etat seront dans le même temps stabilisés. Ajout du 13 mars 2017 : Concernant les effectifs territoriaux, des économies dès la première année seront réalisées par des non-remplacements de départs à la retraite.
  • L’objectif sur le quinquennat sera de réserver 1 embauche sur 3 dans la fonction publique aux plus de 45 ans issus du privé.

Emmanuel Macron : favorable à une réduction de 110.000 postes

  • "Passer d'une administration du contrôle et de la sanction systématique, à une administration (…) du conseil et de l'accompagnement."
  • Embauche de 10.000 fonctionnaires de police et de gendarmerie, en plus des 9.000 embauches déjà prévues par l'actuel gouvernement et réinventer une « police de proximité ».
  • Réduction du nombre d’agents publics de 120.000 emplois sur la durée du quinquennat. "Cela correspondra à un volume de 50.000 postes non renouvelés dans la fonction publique d’Etat et d’environ 70.000 dans la fonction publique territoriale, où les départs en retraite vont être nombreux dans les années à venir. Les effectifs de la fonction publique hospitalière seront en revanche maintenus".

Jean-Luc Mélenchon : favorable à 420.000 nouveaux recrutements

  • Mettre fin au pantouflage : tout haut fonctionnaire souhaitant travailler dans le privé devra démissionner et rembourser le prix de sa formation s'il n'a pas servi au moins 10 ans.
  • Supprimer le concours externe de l'ENA "pour toute personne n'ayant jamais travaillé".
  • Titulariser tous les précaires des trois fonctions publiques.
  • Engager une revalorisation des salaires des fonctionnaires, gelés depuis 2010
  • Recrutement de 420.000 nouveaux agents dans la fonction publique sur le quinquennat dont : 18.000 magistrats et greffiers, 60.000 enseignants, 62.000 agents dans la fonction publique hospitalière, 5.000 douaniers, 10.000 policiers et gendarmes.

Philippe Poutou : favorable à 1 million de nouveaux recrutements

Création d’un million d’emplois dans les services publics.

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