Fonction publique et administration

Fonction publique : Les absents ont toujours raison

Palmares de l'absentéisme

30 avril 1998 • Sandrine Gorreri

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L'absentéisme du secteur public est un secret bien gardé. Et pour cause, chaque administration centrale, chaque collectivité territoriale ou chaque administration de Sécurité Sociale n'exploite qu'une infime partie de son potentiel de travail.

Le graphique ci-joint donnant le palmarès de l'absentéisme a été réalisé par l'iFRAP à partir des bilans sociaux des ministères, des agences publiques et des mairies. Les résultats ont été entièrement validés par la commission ROCHE. ("Rapport de la mission interministérielle sur le temps de travail dans les trois fonctions publiques" - Ministère de la Fonction Publique de la Réforme de l'Etat et de la Décentralisation - Janvier 1999) Voyez plutôt . . .

(*) Source : Estimation iFRAP ; * iGAS

Note méthodologique

Pour parvenir à ces résultats, l'iFRAP a transposé aux effectifs publics, la définition de l'absentéisme donnée par le Ministère du Travail dans son enquête de 1990 portant sur le secteur privé.
Eléments pris en compte dans le calcul du palmarès de l'absentéisme

- les absences santé : maladie, accident du travail, maternité
- les congés autorisés supérieurs au 27 jours de CA (25 jours de congés payés + 2 jours de fractionnement) accordés en application de textes législatifs, de conventions collectives ou d'accords d'entreprises
- les absences non prévues comme les autorisations exceptionnelles pour événements familiaux, naissance, mariage, décès, les gardes d'enfants malades, etc.
- sont toutefois exclues les absences liées à la formation et à l'exercice de fonctions syndicales.

Les données ont été extraites des bilans sociaux de 18 ministères, 30 mairies et du rapport annuel 1995 de l'IGAS (Inspection Générale des Affaires Sociales)

A lire également dans cette enquête :

-Absentéisme comparé secteur public/privé

-Palmarès de l'absentéisme

-Combien ça coûte ?

Commentaires

  • Par lélé • Posté le 13/10/2010 à 13:30 En plein conflit social sur les retraites, au moment où la mobilisation sera comme d'habitude la plus forte dans la fonction publique, la majorité présidentielle a plutôt intérêt à dénoncer des fonctionnaires grévistes et absentéistes plutôt que de tenir un discours positif sur la fonction publique. Alors quand un rapport aux conclusions plutôt flatteuses pour la fonction publique par rapport au privé arrive sur le bureau du ministre, mieux vaut l’enterrer. C'est ce qu'a fait Georges Tron, le ministre de la fonction publique, d'après Le Canard enchaîné.
    Dans son édition du 6 octobre, l'hebdomadaire raconte que le ministre a lancé une grande campagne contre l'absentéisme des fonctionnaires : les congés maladie abusifs représenteraient 10% de l'ensemble et coûteraient 500 millions d'euros à la Sécurité sociale. Sauf qu'en juillet 2009, une étude de la Direction générale de l'administration de la fonction publique (DGAFP) démontrait exactement le contraire :
    "Réalisé sur la base de l'enquête emploi effectuée en 2008 par l'INSEE, ce document affirme qu'en moyenne, selon la DGAFP citée par Le Canard, 14% des fonctionnaires "ont été absents pour raisons médicales la semaine précédent l'enquête", contre "19% des salariés du secteur". Si on limite ce pointage à la seule fonction publique d'Etat (sans les hôpitaux et les collectivités locales), ce pourcentage tombe à 9%. Ce n'est pas tout : l'arrêt maladie qui a causé l'absence au travail des fonctionnaires durant la semaine de référence est plus court que dans le secteur privé : 89 jours contre 93".
    Pourquoi le ministre a-t-il caché ce rapport plutôt positif ? D'après Le Canard, il y aurait d'autres rapports du même type, mais un haut fonctionnaire explique dans l'hebdomadaire que "ce n'est pas le moment pour féliciter les agents de l'Etat. Particulièrement sensibles à la réforme des retraites, soumis à des purges dans leurs rangs (32 000 fonctionnaires en moins dans le prochain budget) et au gel de leurs salaires, ils risqueraient d'en tirer argument pour revendiquer". Une bonne raison pour cacher ce rapport effectivement.
    Page Lue dans Le Canard enchaîné n°4693, 6 octobre 2010, page 4

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