Fonction publique et administration

"Machins" inutiles pour postes d'énarques

ANVAR et Fondation de France

30 novembre 2004 • Bernard Zimmern

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De nombreux "machins" sont créés chaque année, inutiles et même parfois destructeurs, pour faire des postes pour recaser des énarques du pouvoir. Examen rapide de 2 machins : ANVAR et Fondation de France.

Les exemples de ces « machins » abondent.

Diriger un machin c'est pour l'énarque dirigeant, c'est :

- Sortir de la limite des traitements de la fonction publique.

- Bénéficier de toute une série d'avantages (voiture, chauffeur, voyages, logement de fonction).

- Une absence totale de risque car jamais les pourvoyeurs de fonds ne viennent contrôler l'efficacité du « machin » et de toutes manières, au pire, il sera réintégré dans son corps d'origine.

C'est l'ANVAR (Agence Nationale de Valorisation de la recherche) créée en 1967 pour Jean-Pierre Berard, un administrateur civil de la France d'Outre-Mer recasé au Conseil d'Etat et qui s'ennuyait. 200 millions de pertes et onze ans plus tard, il a été remercié et l'activité pour laquelle l'ANVAR avait été créée, développer le marché des licences, supprimée mais non sans qu'un autre haut fonctionnaire, pour une fois appartenant au corps des Mines, Christian Marbach, ne prenne la relève en décuplant le déficit.

L'ANVAR est depuis devenue un fromage de l'inspection des Finances avec Philippe Jurgensen, son président de 1996 à 2004 et maintenant (2006) Jean-Pierre Denis et un secrétaire général, Jean-Marie Sépulchre (ENA 1988), magistrat à la Cour des comptes.

Mais l'ANVAR est un des lobbys efficaces pour empêcher la mise en place de dispositions fiscales encourageant le développement des Business Angels dont le bilan est à l'opposé : pour 100 mis par l'Etat, le retour n'est pas 30 mais plus de 300 ; et qui surtout assurerait un marché concurrentiel du financement de l'innovation et permettrait aux porteurs de projets de trouver une alternative au financement par une bureaucratie.

Seule l'absence de contrôles sérieux de l'efficacité de la dépense publique explique que l'on puisse encore croire que la bureaucratie centralisée du Gosplan soviétique soit plus efficace que des financements initiés par des individus sur leurs fonds personnels.

Autre machin destructeur, la Fondation de France imaginée par Michel Pomey, décédé, pour répondre à une demande d'André Malraux, le premier ministre de la Culture, de transplanter en France le mécénat américain. Surtout ne pas laisser les Français créer librement leurs fondations comme les Américains, ce serait trop dangereux pour la toute-puissance de l'Etat et de ceux qui ont reçu la mission de l'incarner, mais imaginer une nurserie, la Fondation de France, où les mécènes seraient sous contrôle – essentiellement des fonctionnaires du ministère des Finances en retraite – et dont Michel Pomey allait se dévouer pour être le secrétaire général.

Aujourd'hui (2006) l'Amérique dénombre quelques 800.000 fondations privées qui couvrent 90% des dépenses culturelles, 40% de l'éducation supérieure, 10% de la santé, pour un total dépassant les 1.000 milliards soit plus de la moitié du budget fédéral hors défense.

Alors qu'en France elles sont à peine 2.000 et le budget mécénat est de 341 millions d'euros soit à peine 0.09% du PIB contre 2,1% du PIB aux USA.

Mais chaque fondation doit obligatoirement avoir à son conseil au moins un haut fonctionnaire avec voix consultative, ce qui crée toute une série de positions et honorifiques et lucratives.

Et c'est l'une des principales justifications du service de Yannick Blanc, Administrateur Civil, énarque 1992, au ministère de l'Intérieur (en 2006) qui gère les affectations à ces postes.

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