Fonction publique et administration

L'Etat et le secteur non lucratif

Il faut favoriser l'essor de think tanks

01 janvier 2005 • Bernard Zimmern

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La tutelle de l'Etat sur le secteur non lucratif a pour objet de maintenir le monopole des fonctionnaires sur les politiques publiques et d'éviter, par exemple à travers le monopole de l'INSEE sur le traitement des statisitiques, que les Français ne soient réellement informés. Cette tutelle exclut de facto les vraies think tanks qui pourraient apporter d'autres solutions aux problèmes de la nation

Il faut que les activités non lucratives soient débarrassées d'une tutelle de l'Etat, qui, à travers le bureau des regroupements et associations du ministère de l'Intérieur, est encore la source de prébendes et de postes lucratifs, honorifiques et sans risque pour notre nomenklatura.

Une telle mesure devrait permettre la multiplication de think tanks, ces défenseurs de la société civile dont la société française manque terriblement et dont l'absence explique notre retard sur le monde anglo-saxon. Aurions-nous eu des think tanks comme eux, cette caste qui a gangrené l'Etat ne se serait probablement jamais développée.

Si nous parvenons à réaliser cette réforme fondamentale, le non-renouvellement de cette caste serait assuré. En effet, quel jeune continuerait de mettre ses espoirs dans l'avenir de la fonction publique alors que celle-ci devrait inéluctablement voir fondre ses effectifs ?

C'est le rôle de l'Etat de laisser les citoyens créer et financer des organismes de réflexion et de proposition sur les politiques publiques, d'accepter que l'administration n'ait pas un monopole sur leurs études et leurs solutions.

La force des démocraties anglo-saxonnes est d'avoir permis à la société civile de multiplier des organismes, les « think tanks », qui proposent d'autres chiffres, d'autres faits et d'autres alternatives aux solutions préconisées par l'administration.

Laisser le monopole du traitement statistique de l'information comme c'est le cas avec l'INSEE [1] en France, interdire au secteur privé de se donner les moyens de contribuer à l'avancement des sociétés en interdisant des fondations qui ne soient pas sous tutelle ou contrôle public, aboutit à la société actuelle où toutes ou presque toutes les données essentielles sont truquées ou inexistantes, où le débat public se développe en plein brouillard faute d'une information fiable.

[1] La plupart des instituts de statistique étrangers se bornent à réunir l'information statistique brute, qui est traitée et exploitée par une myriade de bureaux d'études privés ; ceux-ci ont été quasiment éliminés en France parce que l'INSEE remplit les deux rôles avec des moyens financiers, payés par le contribuable, que le secteur privé ne peut concurrencer.

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