Fonction publique et administration

La démocratie populaire de Delanoë

09 mai 2003 • Nicolas Lecaussin

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Le livre (Le marchand de sable, Albin Michel, 2006) de Sophie Coignard sur le système Delanoë à la mairie de Paris est un excellent exemple d'enquête réussie.


Le système Delanoë ? Il reproduit à l'échelle locale les méthodes des anciennes démocraties populaires : manifs téléguidées, fêtes encadrées et dépenses publiques illimitées.

Voici quelques preuves :

- Il a créé le Bureau du Temps et l'égalité des femmes-hommes comme en 1981 lorsque Mitterrand avait créé le ministère du Temps libre. C'est un Bureau destiné à offrir à chaque parisien né "du temps pour bien vivre sa ville". Et pour cela, la Ville a créé "un nouvel espace de débat public avec les acteurs locaux des arrondissements. En parallèle à cette concertation publique, le Bureau du temps mène une réflexion sur la base d'enquêtes de terrain. Ces enquêtes donnent lieu à des recommandations proposées aux élus des directions concernées qui décident de leur mise en œuvre". L'été 2005, ce Bureau a proposé quelques conférences, une séance gratuite de cinéma dans la cour de la mairie du 13e arrondissement, une rencontre d'initiation à la pétanque sur l'esplanade des Invalides et des stages de… jeux de société.

- En février 2002, la Ville a mis en place l'Observatoire de l'égalité femmes-hommes (ah, cette manie bien française de créer des Observatoires) avec trois missions bien définies : "la veille et la prospective sur tous les domaines relevant du principe d'égalité à Paris ; l'impulsion, la coordination et le soutien des initiatives et projets réalisés dans ce champ d'intervention ; la diffusion et la mutualisation des connaissances, expériences et résultats d'actions menées en faveur de l'égalité à Paris".

- Paris est bien entendu contre le racisme en organisant "une grande campagne déclinée (sic) à travers 12 000 panneaux d'affichage municipaux pour dire NON à l'antisémitisme, au racisme et à toutes les formes de discrimination".

- Pour que la fête soit complète, les noms des rues doivent changer : le révolutionnaire Richepanse devenu général de Napoléon n'est pas dans les grâces du maire et se transforme en Chevalier-Saint-George ; Alexis Carrel a été membre de la Cagoule, il faut donc débaptiser la rue. C'est le boulot d'un des conseillers du maire, chargé aussi des affaires militaires.

- A la mairie, toutes les fêtes religieuses sont célébrées, "l'autre" est toujours au centre de toutes les attentions.

- Au-delà de fêtes, on soutient les terroristes : En mars 2004, le Conseil de Paris a voté une résolution soutenant Cesare Battisti, ancien membre des Brigades rouges condamné en Italie pour plusieurs actions meurtrières.

- La solidarité et "l'écoute" des autres c'est bien quand ce n'est pas soi-même qui s'en occupe. Durant la canicule de l'été 2003, Delanoë n'est pas rentré de vacances alors que nulle part la catastrophe n'a frappé aussi fort qu'à Paris.

- Il ( Delanoë) a envisagé de couper les vivres à trois associations juste parce que leur position ne lui convenait pas.

- Airparif a vu les subventions baisser parce que les chiffres sur la pollution ne correspondaient pas aux souhaits des Verts.

- L'échec de la candidature parisienne aux JO de 2012 ? La faute aux Anglais et aux membres du CIO.

- La mairie est l'ennemie jurée de la voiture à Paris. Pourtant, ses fonctionnaires arrivent au bureau en… voiture.

- On a voulu instaurer la "Journée sans voiture" le dimanche. Dans certaines démocraties populaires - dont la Roumanie – un dimanche sur deux était réservé aux voitures avec des numéros d'immatriculation pairs ou, respectivement, impairs.

- Des logements sociaux ont été achetés par la Ville avenue Mozart dans le XVIe. Ils ont été attribués aux… fonctionnaires.

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