Fonction publique et administration

Guillaume Pépy euphorique pour l'avenir de la SNCF

19 juin 2008 • Philippe François

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Le Grand Jury RTL, LCI, Le Figaro du dimanche soir constitue une tribune prestigieuse pour les personnalités françaises. Pour Guillaume Pépy, 4 mois après sa nomination à la Présidence de la SNCF, le 15 juin 2008, c'était un passage important.

Sur la forme, sa performance a été remarquable. Sa connaissance du sujet, son attachement à la SNCF, son enthousiasme et son habileté crevaient l'écran. On aurait dit qu'il parlait de sa start-up.

Sur le fond, sa tâche a été facilitée par la sympathie qu'il inspire à ses interlocuteurs portés à le plaindre. Difficile d'accabler quelqu'un qui accepte de se confronter à des problèmes aussi anciens et profonds que les surenchères de la dizaine de syndicats de la SNCF, la situation catastrophique du fret, les dysfonctionnements des TER, l'ouverture à la concurrence.

Sa conviction fondamentale est que l'augmentation du prix des carburants et la politique de développement durable offrent une chance historique à la SNCF de se développer tous azimuts. Son objectif est d'augmenter la taille de la SNCF de 50% en 5 ans et corrélativement le nombre de cheminots.

Guillaume Pépy a naturellement insisté sur le 1,042 milliard d'euros de bénéfice 2007 de la SNCF qui a permis de verser un premier dividende à l'Etat et une prime aux salariés.
- Alors que le bénéfice 2007 n'a été atteint que grâce à 6,660 milliards d'euros de subventions directes à SNCF et 11,029 milliards d'euros en incluant les subventions à RFF auxquelles il faut ajouter 8,238 milliards d'euros d'effacement de dette par l'Etat.

- Que le poids des subventions versées en 2007 à l'activité ferroviaire est de 581 € par contribuable à l'impôt sur le revenu et 986 € en incluant l'effacement de 8,238 milliards d'euros de dette.

- Que les subventions représentent 0,7% du PIB, soit le dépassement constaté pour 2007 par rapport aux 2% maximum du traité de Maastrich.

Il est étonnant que plusieurs questions fondamentales n'aient pas été évoquées pendant cette heure d'émission :

- Le montant des subventions dont bénéficie chaque année la SNCF de la part de l'Etat et des Régions.

- Le total du déficit de RFF et des subventions annuelles reçues par RFF très supérieur au bénéfice affiché par la SNCF.

- La dette transférée arbitrairement par la SNCF à RFF (niveau 2008 : 27 milliards €, en augmentation constante).

- Les résultats des plans fret précédents.

- Le coût écologique des lignes de chemin de fer à faible trafic.

- Le report de l'ouverture à la concurrence du trafic voyageur en France à une date indéterminée sous la pression de la SNCF.

- Le coût additionnel des retraites résultant de la réforme de 2007.

Le point le plus réaliste et le plus positif de cet entretien a été le constat de Guillaume Pépy qui montre bien que la concurrence est la seule méthode efficace pour réformer : "Quand les cheminots du fret à Marseille ou à Hendaye voient passer des trains de fret de la Deutsch Bahn sous leur nez, cela les fait réfléchir. Et une grève de plus, ça veut dire quoi ? Ca veut dire que le client va aller encore plus à la Deutsch Bahn ou chez Veolia. Je crois qu'il y a une prise de conscience".

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