Fonction publique et administration

Grèves SNCF : les clients victimes de l'escalade des syndicats

13 janvier 2009 • Sandrine Gorreri

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A la SNCF, une grève chasse l'autre : après celle des conducteurs de mi-novembre pour contester le plan de sauvetage du fret, celle des conducteurs et des contrôleurs de mi-décembre contre la mise en place des nouveaux horaires se prolonge. Les clients n'en peuvent plus des conflits sociaux scandaleux qui s'étirent notamment sur Paris-Nord, Paris St Lazare et dans la région PACA. Aujourd'hui encore, une altercation a provoqué une grève générale bloquant 500 000 personnes à Paris-St-Lazare.

Et le syndicat SUD annonce de nouvelles grèves, cette fois des agents d'aiguillages. Il n'a échappé à personne que cette surenchère syndicale se fait dans un contexte d'élections professionnelles prévues pour mars prochain. Cette propension à arrêter le travail est facilitée par des grèves dites de « 59 minutes » qui permettent de désorganiser le trafic et d'annuler toutes les correspondances tout en limitant les retenues sur salaires.

Un jeu dangereux que dénonce le directeur général SNCF Proximités, Jean-Pierre Farandou, qui a vivement réagi contre l'attitude de certains syndicalistes qui mettent en péril l'entreprise.

La région PACA a ainsi décidé en décembre de doubler les pénalités infligées à la SNCF et a commandé un audit indépendant pour vérifier si la SNCF mettait bien en place les personnels convenus par convention. Mais ce week-end, une nouvelle étape dans la rébellion des clients a été franchie. La région Basse-Normandie a décidé de suspendre son paiement à la SNCF dans le cadre de sa convention TER suite « aux trop nombreux incidents survenus ces derniers mois sur les lignes ». Le Président de la région, Laurent Beauvais, demande à la SNCF de lui indiquer les moyens alloués à l'organisation des transports en Basse-Normandie, « au regard des moyens financiers importants engagés par la région » (50 millions d'euros dans le cadre de la convention). A ce prix, la région juge ne pas en avoir pour son argent. Mais pourrait-il en être autrement ?

Depuis 2000, les transports ferroviaires régionaux sont de la compétence des Conseils Régionaux qui dépensent un quart de leur budget – plus de 2 milliards d'€ au total pour financer le réseau SNCF, le matériel mais surtout l'exploitation des transports. Pour ce faire, les régions n'ont qu'un seul interlocuteur, la SNCF. Dans toutes les régions, on relève une levée de bouclier contre la SNCF. Pourtant, confrontées au renouvellement de leur convention TER, ces mêmes régions ont re-signé pour des durées de 7 à 10 ans. (voir notre bilan sur les TER dans notre Dossier sur la SNCF)

Il faut dire qu'il est impossible pour les régions d'évaluer la convention proposée par la SNCF pour s'assurer que les moyens mis à disposition sont optimum. Seule l'ouverture à la concurrence permettrait aux régions d'évaluer avec justesse ce que leur coûte les transports régionaux. Cette possibilité existe depuis longtemps en Allemagne ou en Suisse. Il faut qu'elle arrive très vite en France. Dès le 3 décembre 2009, le règlement européen 1370 pourrait permettre aux régions de mettre en concurrence les exploitants ferroviaires. Déjà des élus proposent des expérimentations (voir le rapport du sénateur Haenel).

Car les clients excédés attendent de ceux qui prétendent défendre le service public un système de transports qui fonctionne normalement afin qu'ils ne soient plus otages des élections syndicales.

Lire l'interview de Laurent Beauvais, Président de la Région Basse-Normandie

Commentaires

  • Par sophie • Posté le 18/10/2010 à 09:31 Quelle honte pour la sncf, sachant qu'ils ont dit vouloir porter plainte contre les infirmières qui protestaient il y a un mois environ et qui avaient bloquées certains trains pendant 3 ou 4 heures, j'aimerais savoir pourquoi personne ne porte plainte contre eux qui bloquent des milliers de gens pendant des jours et des jours......co-voiturage serait le meilleur moyen de leur donner une leçon.
  • Par Muriel • Posté le 10/10/2010 à 21:26 Ces grèves des agents de la SNCF sont encore plus inadmissibles que celles des autres grévistes envers la réforme des retraites : la SNCF n'est pas touchée par les réformes !! sous couvert de bons sentiments, ces messieurs-dames grévistes disent vouloir faire la grève au nom de ceux qui ne "peuvent" pas la faire : ont ils seulement pris la peine de venir demander l'avis aux gens qu'ils disent vouloir représenter ?? ! Personnellement, personne n'est jamais venu me demander mon avis, pourtant je prends les transports en communs parisiens et les trains pour aller en Province, régulièrement depuis 8 ans et suis très accessible (et polie) à qui voudrait bien réellement entendre ma voix, comme celles de tant d'autres clients (et non "usagers" svp !) d'ailleurs. La démocratie, elle est dans les urnes. Le gouvernement a été élu, vous avez trop tendance à l'oublier. Respectez ce choix de la majorité du peuple. Laisser le faire son boulot, en étant force d'accompagnement et de proposition, certes, mais non de blocage. On voit bien que ce n'est pas vous, mesdames et messieurs agents grévistes qui connaissaient des situations professionnelles délicates !! Sinon, vous n'auriez pas la volonté de provoquer de tels blocages et problèmes sur le pays. HONTE A VOUS !!!
  • Par Artaud • Posté le 29/04/2010 à 11:52 Voici un lien vers ma pétition, en espèrant vous être utile:
    http://www.mesopinions.com/Pour-que-la-SNCF-tienne-ses-engagements-vis-a...
  • Par Albert • Posté le 17/12/2009 à 14:17 Pourquoi en arrive-t-on là ? Un systéme de grèves à répétition

    Parce qu'il n'y a pas de règle de butoir...

    C'est à dire que ceux qui font grève, non pas de sanctions. Les heures de grèves finissent par leur être payées, les revendications sont toujours accordées (salaires en hausse, temps de travail en baisse, retraite date de départ avancée et montant plus élevé que dans le privé). Tout cela payé par le contribuable car les cotisations de retraite sont moindre que dans le privé, pourquoi une telle injustice qui se perpétue ?

    L'état ne peut ouvrir cette société à la concurrence, car le personnel bloque tout. Il faut une table ronde des usagers (c'est à dire des clients), de la direction, des syndicats, de l'état et de la cour des comptes qui mettent sur la table des comparaisons avec les autres pays (bench marking) et qui expose le problème pour que la population se rende compte qu'elle est prise en otage de partout (par la grève et aussi par son porte monnaie) elle paye tout et n'a droit qu'à se taire, c'est proprement scandaleux.

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