Fonction publique et administration

Enseignement : enfin la disparition des IUFM

02 juin 2008 • Julien Lamon

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Mis en place sous le gouvernement Jospin à partir de 1991 les IUFM (Instituts universitaires de formation des maîtres) devraient, selon les dernières annonces de Nicolas Sarkozy et de Xavier Darcos, être conduits à disparaître. Chacun s'accorde depuis longtemps, les enseignants les premiers, pour dénoncer le manque d'adaptation des IUFM aux réalités des écoles. Un dernier sondage CSA auprès de 1968 instituteurs de moins de 5 ans d'ancienneté avait montré en décembre 2007 que 76 % des enseignants se disaient mécontents de leur formation (73 % en 2001). Ils sont d'ailleurs 44 % à considérer que la connaissance de la réalité d'une classe leur a manqué.

Supprimer les IUFM, comme l'iFRAP le demande depuis plusieurs années est un premier pas important. Mais si l'on ne s'attaque pas à la cause, le pédagogisme, cette réforme ne servirait pas à grand chose. En effet, l'échec des IUFM est essentiellement dû à l'idéologie véhiculée par les penseurs des sciences de l'éducation (Meirieu, Bourdieu…) prônant un enseignement plus démocratique, diffusant moins de savoir et plus de pédagogisme. Les résultats sont frappants : 49 % des jeunes professeurs considèrent que « transmettre des connaissances » est une priorité de l'école. Pas étonnant que les petits Français aient des lacunes dans les fondamentaux, et que leurs performances en lecture et mathématiques soient très en dessous de celles de leurs homologues étrangers (19ème sur 57 au test PISA [1] et 27ème sur 40 au test PIRLS [2]).

Les nouvelles méthodes pédagogiques devaient combattre la reproduction sociale, et permettre l'égalité des chances, mais ironiquement, les résultats attendus ne sont pas à la hauteur, puisque d'après l'OCDE, « un élève issu d'un milieu défavorisé a 4,3 fois plus de risques qu'un élève issu d'un milieu privilégié de se situer au bas de l'échelle d'aptitudes en mathématiques » (chiffre en dessous de la moyenne des pays de l'OCDE). De surcroît, les élèves n'ayant pas la chance d'être bons dès le début ont de fortes probabilités d'accumuler les difficultés tout au long de leur scolarité, ce qu'admettent désormais nos hautes instances : « l'école élémentaire ne permet pas, en général, de réduire les difficultés repérées au début de la scolarité obligatoire. » (Haut Conseil de l'éducation. 2007).

Alors, que faire pour arriver à corriger un enseignement se dégradant chaque année ? La solution viendra de la diversité. A chaque enfant correspond un enseignement plus ou moins adapté. Seule la liberté de choix des établissements, assortie d'une véritable autonomie pédagogique et managériale des écoles, collèges et lycées permettrait d'offrir leur chance à un maximum d'élèves français. Les parents pourraient choisir les méthodes pédagogiques qui conviennent le mieux à leurs enfants dans l'établissement le plus approprié. Cette solution a été mise en place avec succès dans de nombreux pays, sous des formes différentes (Suède, Nouvelle-Zélande, Etats-Unis, Pays-Bas…). Peut-être une prochaine réforme ?

[1] Programme for International Student Assessment (PISA) de l'OCDE

[2] Progress in International Reading Literacy Study (PIRLS), du Boston college

Commentaires

  • Par Patrice L. • Posté le 03/06/2008 à 09:43 Un pays qui s'endette d'1 milliard d'euros avec une des plus grosses pressions fiscales du monde tous les trois jours ne devrait plus recruter du tout

    Quel est l'intérêt d'allonger la période de formation des enseignants sinon celle de maintenir des effectifs dans les universités.

    Dans les pays d'Europe du Nord y compris Allemagne et Autriche les enseignants sont librement recrutés par les chefs d'établissement.

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