Fonction publique et administration

Congé maladie dans la fonction publique

Limiter les abus des fonctionnaires ...

17 septembre 2009 • Philippe François

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Contrôler les arrêts maladie abusifs, dépister les salariés fraudeurs, traquer les médecins complices. Depuis des années, le gouvernement et les entreprises sont mobilisés, à juste titre puisque ces malhonnêtetés contribuent à ruiner l'Assurance Maladie et à désorganiser les entreprises. Mais l'iFRAP demandait depuis longtemps : pourquoi l'Etat ne s'intéresse-t-il qu'aux salariés du privé, et pas à ses propres salariés, les fonctionnaires ?

Nos enquêtes ont pourtant montré que l'absentéisme pour congés maladie est très supérieur chez les fonctionnaires que dans le secteur privé, presque double dans les hôpitaux et les collectivités locales. Comme dans les entreprises, ces congés abusifs coûtent cher et désorganisent les services. Et ils ont augmenté depuis les 35 heures.

On s'attendrait à ce qu'il soit plus faible dans la fonction publique pour au moins 3 raisons :

- Les conditions de travail sont généralement meilleures
- L'esprit de service public est censé constituer une forte motivation

- Le nombre de semaines de présence au travail (dans l'éducation nationale au moins) est plus faible. Avec 16 semaines de vacances par an contre 6 à 8, la probabilité de tomber malade pendant une période de travail se trouve diminuée d'autant. On imagine que peu d'enseignants se déclarent en congé maladie quand ils ont une angine au milieu de leurs vacances.

Ce laisser-aller a trois causes :
- 1. La progression des carrières à l'ancienneté et la faiblesse de la gestion des ressources humaines dans la fonction publique.

- 2. Il n'y a pas de délai de carence pour les fonctionnaires qui sont payés dès le 1er jour de maladie.

- 3. Et une cause technique :

En effet, les arrêts maladie des fonctionnaires ne sont pas gérés par la CNAM mais par leur employeur. Pour éviter (très normalement) que l'employeur ne soit au courant des problèmes de santé de ses fonctionnaires, le médecin n'indique qu'au seul salarié la cause de son arrêt maladie. Résultat : aucun assureur ne peut dépêcher de médecin inspecteur au domicile du salarié de façon informée, et les abus se multiplient.

Eric Woerth, Ministre de la Fonction Publique, vient d'annoncer qu'il va modifier les procédures. Mais au lieu d'en créer une nouvelle, uniquement pour les fonctionnaires, pourquoi ne pas aligner leur gestion sur celle du secteur privé ?

Commentaires

  • Par Philippe François • Posté le 22/12/2009 à 23:20 Cet article ne ciblait pas particulièrement les enseignants mais parlait surtout des fonctionnaires des collectivités locales et des hôpitaux. Pour les collectivités locales pour lesquelles l'iFRAP a publié un dossioer détaillé, les chiffres sont incontestables: environ deux fois plus de congés maladie que dans le privé, pour des métiers équivalents et des conditions de travail plutôt plus favorables.

    Pour les enseignants, je vous suggère de demander une enquête comparant les absences dans l'enseignemnt public et l'enseignement privé, et en France et dans les pays étrangers.

    Notre article n'accusait pas les fonctionnaires mais le système de gestion du personnel de la fonction publique. Sans système de motivation (récompense, sanction), sans suivi de la carrière de chaque enseignant (évaluation des talents et faiblesses de chacun), sans encadrement par des supérieurs proches (collègue expérimenté, chef d'établissment), très peu de personnes peuvent progresser toutes seules, et même maintenir leur motivation initiale. Et sans motivation, l'absentéisme constitue une fuite naturelle devant les problèmes.

    C'est pour obtenir une véritable gestion du personnel que les fonctionnaires devraient se battre. Pour le moment c'est juste le contraire qu'exigent les syndicats : tous pareils et chacun tout seul face à son métier.
  • Par CB • Posté le 22/12/2009 à 23:20 C'est assez étrange de parler directement d'"abus" de la part des fonctionnaires de l'éducation nationale, quand on compare leur nombre de jours d'arrêt maladie à ceux de TOUT le secteur privé...

    Face à un tel constat, me viendrait plutôt une simple interrogation : pourquoi ?

    Il suffit de faire un tour sur les forums où s'expriment de pauvres enseignants désespérés par leur situation. Leur nombre ne serait-il pas en augmentation ? Changer de métier, diront quelques-uns... Je leur propose de tenter eux-mêmes l'expérience, après tout, démissionner du jour au lendemain c'est donné à tout un chacun. Ils viendront payer les crédits ou le loyer. Mais peut-être serait-ce plus approprié de faire une formation en parallèle, le soir en rentrant du boulot... Mince, il faut choisir : préparer ses cours et corriger les copies... ou s'imaginer une plus belle vie.

    Ou encore, il faudrait se rendre dans des classes de maternelle, voir les pitchounes au nez coulant qui vous éternuent dessus du mois de septembre au mois d'avril. Portez des masques me direz-vous ?

    Mieux encore, des petits malins semblent leur reprocher d'être malades juste autour des longs week-ends. Laissez-nous rire un peu, car le taux d'absentéisme des élèves ces jours-là doit être bien supérieur... Que font leurs parents alors ? Venir bosser en classe avec 5 ou 6 élèves en moins, ça, c'est des vraies vacances, penseront certains.

    Avec un peu d'honnêteté, les détracteurs des enseignants devraient au moins leur laisser le bénéfice du doute : des conditions de travail qui ne sont pas propices à une bonne santé physique... et morale !

    A force de coller une image négative au mot "fonctionnaire", les médias donnent dans le bas étage et le préjugé. Ah mais je suis capable de reconnaître un défaut aux enseignants : de toujours se taire, face aux accusations, de toujours se taire quand ils sont mal dans leur classe, même face à leurs collègues, de toujours se taire quand ils ont besoin d'aide, en particulier face à leur administration sourde dans tous les cas.

    PS: et pour ceux qui piafferaient à propos des jours de vacances, passez le concours, enseignez un an, et on en rediscutera.
  • Par Francette • Posté le 30/09/2009 à 15:55 Vos propos sont franchement scandaleux et témoignent tout autant de mépris que de méconnaissance de l'éducation nationale. Quant aux 16 semaines de vacances (= pas de présence sur le lieu de travail), elles sont en partie occupées par des cours à préparer, des exercices à inventer, des copies à corriger. Ce n'est pas du temps de congé au sens commun, pas plus que les soirées et week-ends largement occupés de même manière. Qu'il y ait des tire-au-flancs, certes, mais pas plus qu'ailleurs, mais la plupart sont des personnels sérieux et soucieux de leurs élèves et vous leur faites injure. Quant aux conditions de travail meilleures qu'ailleurs, que l'on vienne donc une journée dans nos classes, pour nuancer ce discours.
  • Par la • Posté le 28/09/2009 à 17:49 Il serait judicieux de controler systématiquement les personnes en arrêt de maladie ou en invalidité. Ma profession m'a démontré que la plupart des personnes, privé ou public confondus, abusent et re abusent de cette possibilité qui n'est pas un droit. Il serait aussi judicieux de contrôler les personnes à qui l'on donne un RMI sans compensations de travail gratuit pour une municipalité ou autre élément local, alors qu'ils ont un travail régulier non déclaré.

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