Financement des créations d'entreprises

La misère continue

19 mars 2009 • Bernard Zimmern

Nous avons été sidérés par deux annonces parues l'une sur internet, l'autre dans un grand quotidien.

La première invite à une grande réunion dans une ville proche de Paris pour présenter 10 créateurs d'entreprises sélectionnés, à des « investisseurs individuels, business angels, fonds d'investissement, holding ISF », ces projets ayant été eux-mêmes sélectionnés sur plus d'une centaine de candidatures.

La réunion est sponsorisée par de nombreux organismes publics, rien d'ailleurs que des organismes publics, dont trois chambres de commerce.

Jusque là, tout paraît recommandable, voire même digne d'encouragements (ne faut-il pas aider les entrepreneurs qui osent ?).

Là où l'affaire se corse, c'est que pour « vendre » cette réunion, l'organisation sponsorisante annonce fièrement que les deux manifestations précédentes ont levé au total 5 millions d'euros, soit 2,5 millions par an.

Mais 2,5 millions d'euros, c'est ce qu'une demie-douzaine de business angels devraient être capables de réunir, et sans fanfare. Au lieu de cela, voilà une grande réunion, avec toute la consommation administrative que l'on imagine derrière l'appel à candidature, sélection des candidats, invitations, le tout se terminant par un cocktail dînatoire payé par l'argent public. S'agit-il de créer des entreprises ou de justifier l'existence de bureaucraties ?
N'est-ce pas le même processus que le processus de sélection des innovations, d'abord à l'échelle régionale puis à l'échelle nationale se terminant par une remise de prix solennelle au Sénat, de feu l'ANVAR ? Qui s'est soucié de savoir ce que devenaient ces nominés, quelques années après ? Nous (voir l'affaire M) et c'est la faillite car tout ce que cette bureaucratie recherche, c'est de faire sa publicité pour continuer à pouvoir émarger sur l'argent public. Ce que devient l'entreprise, elle s'en moque puisqu'elle n'y a aucune participation financière.

Deuxième annonce : celle parue dans Les Echos du 11 mars 2009 titrant fièrement « L'Auvergne ouvre à l'Europe un fonds dédié aux PME ».

Là encore du spectacle permettant à l'Union Européenne à travers un fonds Jérémie (Joint European Resources for Micro to medium Enterprises), au préfet et au président du conseil régional des effets d'annonce et de continuer à financer les bureaucraties et leurs parasites, qui vivent de l'argent public ; il s'agit de créer un fonds de 25 millions qui va jouer le rôle de « fonds de fonds », c'est-à-dire alimenter d'autres fonds d'investissement. Faut-il rappeler que dès 1965, les Etats-Unis disposaient de plus de 300 fonds (les SBIC) ayant chacun des montants à investir du même ordre.

Une très grande différence : pas des fonds de fonds, mais des fonds investissant directement et risquant d'abord leur argent avant celui de l'Etat.
Là-aussi, en Auvergne, les sommes mises en œuvre sont donc ridicules et incapables de faire vraiment réussir des entreprises ; leur seul rôle est de justifier la continuation des subventions sans lesquelles tout le petit monde qui les gère et les distribue disparaîtrait car ils sont incapables de se financer, comme le capital-risque légitime, sur de vrais succès.

QUAND L'ETAT SE DECIDERA-T-IL A EVALUER LES RESULTATS DES SUBVENTIONS ET AIDES AUX CREATIONS D'ENTREPRISES ? ET A LES REMPLACER PAR DES DISPOSITIFS OU CELUI QUI INVESTIT PERD SA CHEMISE S'IL SE TROMPE, PAS SEULEMENT L'ARGENT DU CONTRIBUABLE ?