Europe et international

Les Business Angels en Europe

17 septembre 2003 • l'équipe de la Fondation iFRAP

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Par Christophe Guisset, Administrateur délégué du réseau de Business Angels

Je voudrais tout d'abord, pour me présenter, vous dire que je suis le gestionnaire du premier réseau indépendant et privé de Business Angels en Belgique. Nous avons 50 Business Angels membres du réseau et nous avons financé 20 à 25 sociétés depuis la création de ce réseau il y a trois ans. Je suis également vice-président de l'Association Belge des réseaux de Business Angels et il existe une Association Européenne des réseaux de Business Angels qui s'appelle l'EBAN pour "European Business Angels Networks" qui organise chaque année des séminaires d'échange de bonnes pratiques entre les réseaux de Business Angels européens, ce qui nous permet ainsi, chaque année, de rencontrer tous les praticiens du secteur. C'est donc dans ce cadre que je vais essayer de vous faire sentir la réalité de ce phénomène Business Angels en Europe et de lancer éventuellement quelques pistes de soutien au développement de tout ce potentiel de Business Angels.

Quelques précisions sur quelques concepts qui tournent autour des Business Angels : nous entendons fréquemment, via la presse française, parler "d'exemples de Business Angels" et souvent sont cités d'assez grands patrons qui ont fait fortune, qui malheureusement, effectivement, pour une partie d'entre eux se sont expatriés et qui n'ont donc pas pu investir des sommes relativement importantes dans les sociétés. Il faut bien se rendre compte, pour la majorité du phénomène Business Angel en Europe, que l'on parle surtout de petits investissements. On constate en effet souvent une moyenne de 50.000 euros par investisseur et c'est tout ce potentiel qui peut vraiment intervenir uniquement au démarrage, dans les premières années de l'entreprise qu'il faut vraiment développer. Donc il ne faut pas se tromper, un Business Angel est un petit investisseur, pour la grande majorité des cas.

Et il y a une autre caricature du Business Angel qu'il faut peut-être corriger : on parle toujours du chef d'entreprise et fréquemment, celui qui a créé son entreprise, qui l'a revendue et qui peut investir. Moi, je pense qu'il y a un autre formidable potentiel de Business Angels à développer et chez nous, et nous le voyons de plus en plus : il y a de très nombreux cadres qui doivent malheureusement quitter leur entreprise - généralement leur grande entreprise - qui vont avoir éventuellement 50 ans et qui auront beaucoup de difficultés à retrouver un emploi. Beaucoup d'entre eux vont effectivement créer un cabinet conseil, ils vont essayer de devenir consultants mais nous constatons que les petites entreprises qui ne peuvent pas se financer en appellent à des conseils extérieurs dans la plupart des cas et que les grandes entreprises ont peu d'intérêt à contacter des consultants individuels. Et il y a là tout un potentiel de personnes qui ont peut-être pu économiser une somme suffisante pour investir dans une jeune entreprise (50.000 à 75.000 euros), apporter ces fonds nécessaires, apporter leur expérience le temps d'aider et de développer le potentiel des entreprises et, peut-être alors, d'obtenir une rémunération au sein de cette entreprise, un an ou deux ans après leur intervention. Mais il y a un formidable travail à faire pour "conscientiser" les salariés de 50 ans compétents, expérimentés, qui ont perdu leur emploi, de se dire que peut-être, ils peuvent le recréer eux-mêmes en aidant une jeune entreprise, en aidant une équipe de jeunes entrepreneurs, de par leur expérience, avec des moyens.

Sur le type d'entreprise, on évoque bien effectivement les entreprises à fort potentiel de croissance. Nous avons déjà évoqué la bulle Internet qui a assez fortement pollué le concept de Business Angels, nous avons lu et entendu dire que les Business Angels étaient apparus avec Internet et disparus également avec Internet, ce qui est faux je pense. La plupart des Business Angels étaient des gens d'expérience et de bon sens qui ont investi dans leur secteur de connaissances et donc, il y a encore de nombreux investissements qui se font via les Business Angels en Europe.

Une deuxième réalité, dans une situation économique plus difficile, c'est que nous constatons que la majorité des Business Angels interviennent non pas à la création de l'entreprise mais peut-être un ou deux ans après, en ayant laissé les entrepreneurs faire un tout petit peu leurs preuves, et cela fausse également les statistiques pour essayer de voir l'intervention des Business Angels dans la création de ces entreprises de croissance.

Il y a également un aspect qu'il faut constamment souligner, c'est que les Business Angels n'apportent certainement pas qu'un apport financier. Tout ce que les Business Angels apportent comme expérience, compétence, carnet d'adresses a encore plus de valeur que les montants qu'ils investissent.

Situation européenne

Quelques mots sur le marché européen des Business Angels. Il faut déjà savoir qu'il s'agit là d'un marché très fragmenté, avec peu de visibilité. Nous rencontrons beaucoup de problèmes pour avoir des informations précises, puisque les Business Angels souhaitent rester discrets voire anonymes dans la plupart des cas. Il y a une première raison - fiscale bien entendu - puisque la majorité des pays n'est pas toujours très heureuse de clamer ce qui se fait à ce niveau-là, et c'est d'autant plus vrai dans la moitié sud de l'Europe (pays de culture un peu latine) où l'on va peu, spontanément, dire que l'on a gagné beaucoup d'argent. C'est d'ailleurs assez mal vu de la plupart des gens : quand on échoue c'est mal vu et quand on réussit ça l'est également. Donc tout cela n'est pas évident.

Concernant les chiffres du potentiel des Business Angels, nous voyons des estimations qui sont assez floues. La Commission européenne a évalué le potentiel de Business Angels à 1 million en Europe - ce qui personnellement me semble énorme - et à 125.000 actifs actuellement. À mon avis, il convient d'être un petit peu plus prudent que cela mais ce que nous pouvons plus facilement mesurer, c'est tout le phénomène dont nous avons parlé qui est le réseau de Business Angels, sur lequel je vais un peu revenir.

La Commission européenne a largement contribué à soutenir la création de ces réseaux de Business Angels et il y a quelques chiffres vraiment assez importants : il y a cinq ans, il y avait 51 réseaux de Business Angels en Europe : 49 en Grande-Bretagne, 1 aux Pays-Bas et 1 en Finlande. Cinq ans plus tard, il y a 180 réseaux de Business Angels en Europe. Il y a donc eu une formidable accélération de ces réseaux qui ne couvrent encore qu'une partie de toutes ces activités. Il y a peut-être 20% ou 30% de Business Angels qui vont se mettre dans un réseau. Beaucoup d'entre eux restent des individualistes mais néanmoins, cela a un effet d'accélération assez important.

La Belgique est un "paradis fiscal", comparé à tout ce que j'ai entendu des orateurs précédents. Chez nous, en effet, les plus-values ne sont pas taxées du tout. En fait, aucune plus-value n'est taxée, c'est-à-dire que si vous achetez des actions sur des sociétés cotées en bourse, il n'y aura pas de plus-value taxée non plus. Il n'y a donc pas d'incitation directe à aller vers des jeunes entreprises à fort potentiel de croissance. Ce n'est en conséquence pas suffisant encore pour développer un nombre très important de Business Angels. Il y a tout un aspect culture du risque, du travail, de la notion d'entreprise qu'il faut vraiment développer chez nous. Et nous sommes également un pays où une grande partie des gens - surtout du côté des administrations - considèrent chaque chef d'entreprise comme à la fois un fraudeur qui va cacher une série de choses, comme un pollueur parce qu'il ne va pas respecter les 147 règles environnementales comme il devrait le faire et comme un exploiteur puisqu'il va garder tout le profit pour lui et ne pas en faire bénéficier son personnel.

Mais il y a néanmoins réellement tout un marché de Business Angels en train d'émerger. On peut estimer à 500, maintenant, le nombre de Business Angels en Belgique, et c'est un nombre qui est en constante augmentation depuis trois ou quatre ans, avec toutes les activités des réseaux de Business Angels. Nous avons beaucoup parlé du Royaume-Uni au niveau Business Angels. On cite des chiffres de 40.000 ou 50.000, donc un nombre assez important. J'ai entendu fréquemment des gestionnaires de réseaux de Business Angels anglais dire que la motivation d'un Business Angel anglais sur deux était une incitation fiscale. Donc pas uniquement en aval. C'est vrai qu'il y a une taxation sur les plus-values qui est assez faible là aussi, mais il y a des incitations directement au moment de l'investissement, d'avoir un abattement fiscal assez important dès la prise de risque dans une jeune société. Et donc, simplement pour des raisons fiscales, la moitié de ces gens deviennent Business Angels, se prennent de passion pour cette activité qui, il faut bien le reconnaître, est réellement passionnante et continuent.

L'Allemagne, quant à elle, a créé en quatre ans 40 réseaux de Business Angels. Ils l'ont fait un petit peu à la méthode allemande, c'est-à-dire qu'ils ont créé une grande structure au départ, une grosse machine qui a créé 40 filiales à chaque fois dans les régions parce que l'aspect Business Angels est très local. C'est vraiment un point important. La plupart des Business Angels le font parce qu'ils peuvent s'impliquer dans la jeune entreprise. Ils doivent avoir un contact régulier avec les fondateurs et donc, ils doivent le faire de manière assez proche, géographiquement. Ces réseaux ont bénéficié d'un soutien public assez important dans le financement (avec, à chaque fois, un équilibre intervention privée/intervention publique) et les chiffres actuels montrent que les interventions des Business Angels parviennent à couvrir 50 %, maintenant, des montants mis par les investisseurs " capitaux risqueurs ", les investisseurs institutionnels. L'Italie essaie également, même si ça a l'air de fonctionner un petit peu moins bien. Ils ont créé 13 réseaux en quelques années, mais avec pour le moment, 10 à 20 sociétés financées par an, au travers de ces réseaux. C'est donc assez faible. L'un des plus beaux exemples de réussite au niveau Business Angels et réseaux de Business Angels, ce sont les Pays-Bas. Vous avez là-bas un réseau national qui est l'un des rares réseaux à être entièrement privé et commercial.

C'est le réseau NEBIB, c'est une superbe machine qui fonctionne très bien, qui va financer 50 à 100 entreprises à très fort potentiel de croissance par an, et tous ceux qui veulent s'inspirer de modèles peuvent les contacter. Ces Business Angels fonctionnent-ils réellement dans les différents pays européens et quels sont les résultats ? Il faut vraiment bien se rendre compte que le nombre d'entreprises financées n'est vraiment pas le critère pertinent. Nous l'avons bien dit, c'est vraiment le type d'entreprise qui importe et j'ai un exemple récent du réseau écossais de Business Angels, " (Lined ?) Scotland ", qui a fait une étude sur 61 entreprises financées au travers du réseau pendant quatre ans. Après quatre ans, sur 61 entreprises, 28 avaient fait faillite et avaient cessé leurs activités et le restant avait créé plus de 3 500 emplois. Ces 3 500 emplois étaient répartis, pour la moitié, sur uniquement deux entreprises. Et donc, à nouveau, ce n'est pas des milliers d'entreprises que nous allons pouvoir créer au travers des réseaux de Business Angels, c'est vraiment le type d'entreprise.

L'intervention des Business Angels dans l'économie est absolument indispensable pour augmenter le nombre d'entreprises, mais en fait, c'est beaucoup plus grave que cela. J'ai entendu ici relater une situation assez catastrophique mais à mon avis, c'est encore pire puisqu'il y a un phénomène très important au niveau bancaire, c'est le recul de la majorité des banques, suite aux accords de (Bâle ?), de se retirer du financement des jeunes entreprises, puisque cela leur coûte trop cher et qu'il y a des problèmes de garantie de plus en plus importants. Donc les Business Angels ne sont pas seulement une solution pour augmenter le nombre d'entreprises à créer, c'est à la limite l'une des rares solutions qui va rester pour sauver le peu d'entreprises que nous parvenons à créer. Donc il faut vraiment le mettre en parallèle à toute l'évolution du secteur bancaire qui est très importante. Concernant les capitaux risqueurs, il vient d'y avoir la première étude quantitative du rendement obtenu par les Business Angels. Elle a eu lieu au Royaume-Uni, là où il y a pas mal de maturité, par le Professeur Colin Mason.

Il y a eu plusieurs chiffres assez intéressants : 33 % de faillites dans les entreprises dans lesquelles sont intervenus les Business Angels, 20 % qui parvenaient à avoir des rendements très élevés pour l'investisseur privé donc plus de 50 % de return annuel. Mais ce qui est intéressant aussi, c'est ce chiffre de 33 % d'échecs. En effet, dans le même temps, les gestionnaires de petits fonds de capital risque qui intervenaient relativement au même stade que les Business Angels avaient 66 % d'échec. Il y avait donc 2/3 d'échecs dans les décisions prises par les gestionnaires de fonds d'amorçage, de démarrage et 1/3 seulement par les Business Angels. Il y a plusieurs raisons à cela : le gestionnaire de fonds est obligé d'investir une fois de temps en temps, sinon ses patrons vont lui demander à quoi il sert, alors que le Business Angel n'a pas d'obligation d'investir. Mais néanmoins, il y a vraiment un intérêt important pour une série d'initiatives, à se coller au raisonnement du Business Angel parce que ça a l'air d'être plus efficace que d'autres. Rapidement, quelques pistes pour encourager la création de nouveaux Business Angels.

En effet, il y a tout un potentiel qui est là, mais il faut le saisir, il y a donc beaucoup de choses à faire. C'est clairement le soutien à ces réseaux de Business Angels. Ils ne vont pas couvrir l'ensemble des Business Angels mais ils vont donner beaucoup de visibilité sur le marché et ils vont surtout permettre de former et d'atteindre beaucoup de gens qui ne sont pas encore Business Angels. Le financement public des réseaux est une méthode excessivement bon marché. Il y a un problème très important dans les réseaux de Business Angels qui mettent en relation les Business Angels avec les entreprises : il y a très peu de modèles économiques viables pour ce type d'activité. Cela coûte cher, ce sont des petits investissements et par exemple, en Angleterre, sur les 50 réseaux actuels, il y en a 45 qui sont encore financés d'une manière ou d'une autre par les pouvoirs publics. C'est donc vraiment très important mais c'est excessivement efficace. Par exemple, en ce qui concerne notre propre société, qui est une société privée, nous recevons un subside de 60 000 euros par an. Grâce à ce subside, nous avons pu collecter 1 million d'euros l'année passée auprès d'investisseurs privés Business Angels qui ne l'étaient pas encore.

C'est donc de l'argent qui ne serait pas arrivé dans les petites entreprises si nous n'avions pas été là pour leur présenter des sociétés. Donc, quand on passe de 60 000 euros à 1 million d'euros investis exactement à l'endroit où il faut investir - c'est-à-dire les jeunes sociétés à fort potentiel de croissance - on ne peut que recommander aux différents pouvoirs publics de soutenir tous ces réseaux de Business Angels qui en ont besoin. En effet, si nous regardons chez nos amis hollandais, qui ont un sens commercial assez pointu, il n'y a pratiquement pas de réseau qui parvient à être privé et se soutenir tout seul. J'ai même constaté un problème en France, assez particulier et étonnant. En fait, il existe souvent deux types de réseaux : il y a les réseaux privés, à but commercial - donc a but lucratif - et puis il y a beaucoup de réseaux qui viennent de différents types d'organisations, qui sont des associations sans but lucratif. Pratiquement partout en Europe, des réseaux qui sont originaires du public ou à la limite des associations sans but lucratif vont recevoir un financement public, un subside opérationné et vont avoir le droit de prendre une commission sur le travail qu'ils ont effectué.

Donc, quand les investisseurs investissent une partie de ces montants, les réseaux prennent 3 %, 5 % de " success fields " c'est-à-dire de commission. Or, en France, c'est quelque chose d'interdit pour les réseaux qui sont des associations sans but lucratif. C'est permis uniquement pour les réseaux commerciaux qui eux, alors, n'ont pas droit aux subsides. Et nous voyons que chez nous, tous les réseaux parviennent à peine à équilibrer leur budget parce que nous avons 50 % de subventions et 50 % de commissions sur les investissements que nous parvenons à générer. Donc, en France, on doit choisir l'un des deux modèles : soit on a 50 % de subventions et on est moitié trop court, soit on fait exactement l'inverse. Cela me semble un problème assez important. Quelques autres pistes pour terminer : le soutien public à ces Business Angels doit passer énormément par la communication. Nous l'avons vu chez nous, il y a eu beaucoup de conférences, de séminaires financés, co-financés par les pouvoirs publics pour diffuser ces notions. Nous organisons également beaucoup de ce que nous appelons " des écoles de Business Angels ", donc des séminaires de un ou deux jours pour former de nouveaux Business Angels, ce que " France Angels " fait déjà et le fait très bien. Mais c'est clair qu'il faut les encourager parce que c'est très, très efficace et même dans une région où il n'y a pas de Business Angel, si l'on organise quelques séminaires comme cela, on peut créer par la suite des réseaux. Autre piste assez intéressante que nous avons pu développer en Belgique, avec des moyens publics à la base : c'est ce que l'on appelle le " fonds de participation ", qui est un organisme national qui couvre tout le pays et avec lequel nous avons lancé en commun le " crédit Business Angels plus ".

C'est vraiment un outil d'effet de levier qui vient compléter, à hauteur de 125 000 euros, tous les investissements faits par des investisseurs privés. En fait, les réseaux de Business Angels ont une exclusivité pour sélectionner les dossiers parce qu'ils sont vraiment au cour de ce métier, nous arrivons auprès de ce [mot incompris ?] en disant " Nous avons un ou plusieurs entrepreneurs qui ont trouvé un ou plusieurs investisseurs privés. Merci de compléter, à hauteur de 125 000 euros, l'intervention uniquement en investisseurs privés ". C'est excessivement utile - c'est un prêt subordonné qui est de 5 ans à 10 ans avec un taux assez intéressant - car une majorité de jeunes entreprises à fort potentiel n'ont aucun accès au financement bancaire. Ou alors, c'est avec des cautions personnelles assez élevées. S'ils sont trois fondateurs, ils doivent donner des cautions pour les deux autres fondateurs et donc, la plupart du temps, ils n'y ont pas accès. Tandis que cette technique leur permet d'avoir un crédit complémentaire bon marché, assez efficace, avec une logique de venir à chaque fois compléter l'apport de Business Angels. Cela fonctionne bien, ça a démarré au mois de janvier et à ce jour, 75 % des dossiers ont été acceptés.

Je termine avec différentes notions que nous avons essayé de lancer pour faire du bruit autour de cela : il y a beaucoup de concours de business plan et de primes d'entreprenariat qui sont lancés ainsi qu'un prix pour le meilleur investisseur, le meilleur Business Angel, de manière à donner encore de la visibilité à toute cette activité.

Cet article fait partie du colloque "Mettre l'ISF au service de l'emploi"

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