Europe et international

Japon : la recherche de l'excellence

16 avril 2009 • Bernard Zimmern

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Le Japon traverse une crise particulièrement grave ; extrêmement dépendant de ses exportations, il aligne des chutes de commandes impressionnantes qui s'expriment en dizaines de pourcent, que ce soit en électronique grand public, automobile, machine-outil.

Le plus grand problème du Japon est sa gouvernance politique ; très semblable à la France sur ce point, le monde politique et la haute administration japonaise se paralysent mutuellement. Il a fallu le tempérament exceptionnel et les talents de communicant du Premier ministre Koizumi, appuyé sur un ministre des Finances, Tanaka, se libérant de la tutelle de la bureaucratie, pour que le Japon bénéficie de quelques années fastes au milieu de la décennie. Mais les insuffisances de son monde politique (le président du principal groupe d'opposition, Ozawa, seul capable de remplacer le parti au pouvoir sans pratiquement discontinuer depuis la guerre et complètement usé, est pris dans un scandale de financement illégal) ne doivent pas faire perdre de vue que le Japon reste un pays avec lequel il faudra continuer de compter.

L'une de ses forces est son système éducatif qui, très tôt, instille aux jeunes la quête de l'excellence. C'est dès la maternelle que les enfants apprennent la compétition : leurs parents savent que des résultats de leurs rejetons va dépendre l'entrée dans les meilleures classes primaires qui, à leur tour, conditionnent celle dans les meilleurs classes du secondaire qui va décider de l'acceptation dans les universités. Les familles se ruinent d'ailleurs en leçons particulières données dans des instituts privés, les « juku », où vont plus d'un tiers des enfants après les classes de la journée de l'école publique. Le Japon a de ce fait l'une des populations les plus éduquées au monde.

Ceci se traduit par une ardeur, une férocité même, dans l'accomplissement des tâches qui leur sont confiées dans la vie industrielle.
C'est non seulement, anecdotiquement, leur victoire sur la Corée du Sud et le trophée dans le tournoi de baseball qui vient de se terminer, et l'invitation d'un jeune golfeur de 17 ans à participer aux Masters américains.

Mais c'est aussi la construction de plusieurs quartiers de gratte-ciels de l'étendue de celui de la Défense en deux-trois ans, là où il nous a fallu trente ans. Et, dans le domaine technique, des améliorations de performances spectaculaires dans la fabrication de matériaux supraconducteurs qui pourraient leur donner un avantage considérable dans des fabrications comme celles des aimants des IRM, leur développement pour pulser la lumière des nouvelles lampes LED à plus faible consommation et s'en servir pour transmettre de l'information à haut débit aux ordinateurs et téléphones portables, la sortie de la voiture électrique de Mitsubishi, la iMiev, qui va être importée par Peugeot-Citroën, le développement d'une nouvelle bougie pour moteurs à explosion, conjuguant un système micro-onde avec l'étincelle traditionnelle. Innovations citées dans un seul numéro hebdomadaire de leur grand journal économique : le Nikkei.

Et la construction en cours de la Tokyo Sky Tower, dans le quartier de Sumida, qui devait déjà atteindre 200 mètres cet automne et culminer à 610 mètres en 2012.
Pour un pays où les secousses sismiques sont courantes, construire ce qui devait être le deuxième ou le troisième gratte-ciel au monde par la hauteur n'est pas dénué de symbolique pour illustrer ce que donne la quête de l'excellence.

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