Europe et international

Trois questions à Alexandre Vilgrain

Aide au développement : une bonne partie est injectée dans des projets inutiles

26 août 2009 • Guillaume Varnier

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Alexandre Vilgrain a débuté sa carrière en Chine dans les années quatre-vingts. Il est à la tête de la société agroalimentaire Somdiaa depuis 1995 et président du Conseil des investisseurs en Afrique depuis 2009.

Cet interview complète notre article sur l'aide au développement en Afrique

- De quoi l'Afrique a-t-elle besoin pour sortir de la pauvreté ?

L'Afrique ne se développe pas si mal depuis 20 ans, mais elle pourrait aller plus vite en prenant exemple sur l'Asie et en se posant les bonnes questions. Les aides sont souvent assorties de conditions contradictoires. Inversons la question et laissons les gouvernements définir eux-mêmes leur stratégie de développement.

- L'aide internationale est-elle bien orientée ?

Les prêts bonifiés sont très positifs, car ils permettent de développer des industries dans de bonnes conditions. Mais malheureusement, une bonne partie de l'aide est injectée dans des projets inutiles et même parfois néfastes. Je pense notamment aux subventions agricoles qui détruisent l'activité sur place. Il est possible d'entreprendre en Afrique, et si l'aide était coupée à certains pays, je suis convaincu qu'ils trouveraient des solutions pour développer efficacement des filières.

- Le développement peut-il réellement venir de l'extérieur ?

Un pays ne peut pas se développer tout seul, mais ne doit pas non plus compter uniquement sur l'extérieur. Le développement doit reposer sur l'émergence d'une classe d'entrepreneurs. Personnellement, je préconise une « dictature économique » d'une dizaine d'années et des politiques inverses aux prescriptions de l'OMC qui consistent à supprimer les droits de douane. Seul un minimum de protection permet aux industries naissantes de devenir, à terme, compétitives sur le marché mondial.

Commentaires

  • Par Michel Piot dit Baobab • Posté le 10/09/2009 à 07:05 Témoignages: Il est vrai que des Africains de tous niveaux ne cessent de tendre la main; Attitude culturelle voire d'origine religieuse; En revanche, un Etudiant Africain en Commerce nous disait (AGORAF 2008): "nous voulons nous en sortir seuls; nous ne voulons plus de votre argent, et que nos dirigeants cessent de "s'en mettre plein les poches"; le développement de l'Afrique ne se fera qu'avec le développement des communications par l'Internet et autres; avec de futurs Entrepreneurs et Cadres africains formés en Europe (dont la France, qu’ils aiment bien), USA à des méthodes modernes de Gestion, de Commerce; Un Etat est débiteur de l'équivalent de 10 millions d'euros envers un de nos Clients, Entrepreneur; Pendant ce temps, le Chef de cet Etat (dans lequel des Fonctionnaires "rackettent" des Entrepreneurs), voyage très luxueusement et inutilement en Suisse et/ou ailleurs; De puissants Négociants installés en paradis fiscaux s'entendent entre eux et se partagent des marchés; Ils corrompent et volent des Importateurs africains; Dans un passé récent, les dumpings étatsuniens et la PAC n'ont-ils pas mis à mal nombre de productions africaines ?

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