Europe et international

2011 : espoirs américains, inquiétudes françaises

06 janvier 2011 • Bernard Zimmern

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Que nous apportera l'année 2011 ? Pour les pessimistes, une nouvelle faillite des marchés débutant peut-être par l'explosion de la bulle immobilière chinoise ?
Pour les optimistes, dont nous sommes, un retour à l'expansion vigoureuse des économies anglo-saxonnes avec, vraisemblablement près de 2 millions d'emplois supplémentaires en rythme annuel créés en fin d'année aux USA et la poursuite en Grande-Bretagne d'un rythme de création autour de 600.000. Ces deux pays et l'Allemagne ont des machines à créer des emplois qui compensent et au-delà les délocalisations et sont en train de faire disparaître le chômage engendré par la crise de 2008, pas la France comme l'a constaté le dernier dossier 2010 de Société Civile sur les créations d'entreprises.

L'inquiétude pour l'Amérique est de savoir si elle saura stopper les dégâts du plan santé Obama voté de justesse et arrêter le développement d'un Etat-Providence à la française. Un Etat-Providence où au nom de la solidarité et autres invocations à la bonne conscience, toute une caste fait la charité avec l'argent des autres… en se servant au passage.

Mais dans l'immédiat, les croissances américaine, anglaise et allemande, économies qui à elles trois représentent plus de la moitié du PIB mondial vont tirer la croissance mondiale en 2011. Pour la France, les perspectives sont beaucoup moins souriantes, avec des créations d'emplois qui ne dépasseront guère les 100.000 et seront donc incapables de réduire sérieusement un chômage, officiellement proche de 10% et en réalité beaucoup plus élevé.

La France paie ainsi 30 ans d'étatisation où des générations de hauts fonctionnaires formés par l'ENA se cherchent une raison d'être dans un monde où prévaut innovation et concurrence, deux mondes qui leur sont étrangers. Ils ont développé des plans innombrables pour rendre les chômeurs plus employables mais sans savoir comment créer des emplois ; et ont détruit d'innombrables emplois en multipliant les aides, les interventions, les règlementations, les seules actions qu'ils savent pratiquer.

Le gouvernement aura-t-il le courage de faire en 2011 ce qu'il n'a pas voulu ou pas su faire depuis 2007 :
- réduire le train de vie de l'Etat. Le non remplacement d'un fonctionnaire sur deux a été largement compensé par les embauches dans les collectivités locales et les augmentations des traitements et avantages des fonctionnaires restants. L'augmentation du point d'indice en 2010 ou la titularisation des fonctionnaires en CDD projeté en 2011 alors que nos caisses sont vides amènent à se poser des questions alors que même Obama gelait le traitement des fonctionnaires américains, que les Allemands ont réduit leur fonction publique de 30% en 5 ans, que les Anglais qui ont déjà 30% de fonctionnaires de moins que nous vont encore les réduire.
- surtout mettre en place une politique fiscale qui incite les Français à investir dans leurs créations d'entreprises et ne pas laisser l'investissement dans le logement social des DOM-TOM rester l'investissement le plus rentable et le moins risqué de notre société.

Manque de conviction de la part de nos dirigeants ? Ou politiques publiques menées en fait par les mêmes hauts fonctionnaires qui nous ont conduits dans le cul-de-sac où nous sommes ?

Un parti aura-t-il le courage de se démarquer des politiques d'assistance généralisée et de déclarer qu'elles ne profitent qu'à ceux qui les orchestrent, que l'assistance généralisée ne crée que pauvreté, inégalités, misère, que nous voulons remplacer protection, règlementation, irresponsabilité par initiative, innovation et responsabilité ? Le courage de proposer de transformer symboliquement l'ENA en une école d'apprentissage au métier d'entrepreneur et la privatisation de la moitié des services publics ?

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