État et collectivités

Mitterrand ou la mémoire oubliée

21 janvier 2006 • Nicolas Lecaussin

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Le 8 janvier 2006, la France célèbre 10 ans depuis la mort de François Mitterrand. Pour cet événement, des dizaines de livres et des centaines d'articles sont à prévoir (certains sont déjà parus) afin de rappeler la mémoire du défunt. Or, trop souvent, cette mémoire est tronquée, surtout dans le cas de Mitterrand. On a donc préféré rappeler dans cet article quelques "faits d'armes" de l'ancien président.


Il a été, de mai 1942 à la fin 1943, un « résistant » en mission à Vichy, décoré le 16 août 1943 de la Francisque n° 2202 par le Maréchal. Il a commencé à publier des articles dans France, la « Revue de l'Etat Nouveau » (n° 5 de décembre 1942). Son premier papier s'intitulait « Pèlerinage en Thuringe » (région orientale de l'Allemagne).

Lors de son ascension au pouvoir, il a été impliqué dans les affaires suivantes : le dossier Boucheron à Angoulême, celui de Gérard Colé (conseiller de Mitterrand à l'Elysée) dans la gestion délirante de la Française des Jeux, les trafics divers et planétaires de Jeanny Lorgeoux, le maire de Romorantin et ex-député PS du Loir-et-Cher, par ailleurs copain de bringue de « Papa m'a dit » (Jean-Christophe Mitterrand), les exploits d'Emmanuelli dans Urba et les rackets du PS, les exploits de Roland Dumas et
Jacques Pihlan (ex-compère de Colé à l'Elysée) dans l'Association pour le référendum (été 1984) et dans Elf, la vente d'UTA à Air France (pour renvoyer l'ascenseur, à bon prix, au camarade milliardaire socialiste Jérôme Seydoux), la reprise d'Yves Saint-Laurent (Pierre Bergé) par Elf-Aquitaine juste avant le retour de la droite au pouvoir, en 1993, les écoutes téléphoniques supervisées à l'Elysée, par le PDG d'ELF, Gilles Ménage. Il faut aussi rappeler le dossier Orta, du nom de ce dévoué militant socialiste devenu promoteur de camps de vacances dans le Sud-Ouest et laissant une ardoise de 300 millions de francs en 1988. Enfin, il ne faut pas oublier la fameuse affaire Pechiney et les escroqueries, dont la bien nommée Vibrachoc, de Roger-Patrice Pelat, son grand ami intime.

Dans le domaine des affaires, la liste est très longue, mais il faut aussi se souvenir de l'affaire Greenpeace, des Irlandais de Vincennes, de l'affaire Luchaire, des frasques de Jean-Christophe Mitterrand et de sa cellule africaine, des commissions touchées en 1993 pour la vente d'un Falcon 900 à la Namibie, des exploits de Guy Ligier et du fameux circuit de Magny-Cour.

Mitterrand est celui qui a nommé Bernard Tapie ministre, repris de Justice, condamné déjà plusieurs fois depuis les années 1970.

Il est celui qui nie toutes ces affaires devant les caméras et qui répond aux journalistes droit dans les yeux des Français : « Je suis plus que jamais là pour assurer la défense des Français modestes contre les spéculateurs de toutes sortes » (émission 7 sur 7 du 11 février 1989 réalisée en plein scandale Pelat).

Il est directement ou indirectement impliqué dans l'affaire du « suicidé » François de Grossouvre, son conseiller et ami de l'Elysée.

Mitterrand c'est aussi l'appartement du 11, quai Branly payé avec l'argent des contribuables pour sa maîtresse, Anne Pingeot.

C'est celui qui a nommé Guy Penne, le dentiste qui lui a limé les dents, conseiller à l'Elysée pour les Affaires africaines.

C'est aussi celui qui, grâce au programme de « rupture avec le capitalisme » a conduit la France au bord de la banqueroute et, quand il fut contraint de virer de bord, en 1984, il se contenta d'instaurer l'économie mixte.

Cette liste n'a pas la prétention d'être exhaustive. Mais il faut rappeler aux lecteurs que la plupart de ces affaires ont gaspillé l'argent des contribuables et que, d'ailleurs, les Français continuent à payer pour la catastrophe des années Mitterrand. Qui plus est, tous les ans, nous avons droit à un procès dans lequel Mitterrand est impliqué (en 2004-2005, nous avons eu le procès des écoutes) et nous pouvons parier que d'autres affaires seront dévoilées dans les années qui viennent…

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