État et collectivités

Du rififi chez Clochemerle : précisions de l'iFRAP

04 février 2008 • Bertrand Nouel

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Le « vigilance » du 14 décembre dernier, exprimant la défense du rôle des avocats en face de la proposition gouvernementale de le transférer en grande partie aux notaires, a suscité certaines réactions d'incompréhension qui appellent une mise au point.

Ces réactions manifestent très souvent une hostilité évidente à l'encontre de la profession d'avocat, probablement causée par des expériences malheureuses. Il y a plus de 43.000 avocats en France, dont le rôle est difficile et souvent ingrat, et on sait hélas que cette profession occupe l'un des derniers rangs dans les sondages de popularité. Mais ce ne sont pas des expériences malheureuses qui peuvent justifier de modifier les compétences légales d'une profession. Chacun a connu des mauvaises expériences avec des plombiers, et il ne viendrait pas à l'idée de faire appel à un électricien pour faire le travail. D'autant que les fâcheuses expériences avec les notaires sont aussi fréquentes, simplement ils sont moins nombreux et on fait plus rarement appel à eux. Nous nous refusons donc à reconnaître la valeur d'un tel argument, et ne pensons pas que la question se résume à défendre l'image de l'avocat. Ce qui n'empêche que la profession a du pain sur la planche à ce sujet…

Un lecteur pense qu'il existe « deux métiers qui exigent deux profils psychologiques différents », l'avocat ayant pour « mission de faire gagner son client quels que soient les moyens employés », le notaire ayant pour rôle d'être « rédacteur » ou « conseil » ayant pour but d'« éviter pour le futur tout risque de litige ». Ceci est une vision étonnement fausse et surannée de la profession d'avocat, réduit encore une fois à une image trop traditionnelle, celle du « baveux », alors qu'il est au moins aussi souvent rédacteur et conseil que chargé de régler un litige. A preuve d'ailleurs le nombre de cas où dans un divorce l'avocat est unique pour les deux parties et chargé par elles de rédiger leur accord mutuel et de le présenter pour homologation par le tribunal. Dans ce cas pourquoi lui retirer ce rôle ?

Car l'avantage de l'avocat est d'être spécialisé. Nous répétons qu'on ne parvient à un consentement mutuel valable, pour quel que contrat que ce soit, qu'après avoir été éclairé sur toutes ses implications et conséquences, et que seul un professionnel ayant l'expérience précise du domaine peut donner cet éclairage. On reconnaît bien la spécialisation dans le domaine médical, pourquoi en serait-il autrement chez les juristes ?

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