Emploi et politiques sociales

Grève du 7 septembre 2010

Une grève au seul profit des privilégiés

06 septembre 2010 • Bernard Zimmern

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Les syndicats présentent tous la grève du 7 septembre pour les retraites comme une défense des droits de tous les travailleurs. En fait elle ne vise à protéger que ceux qui sont déjà des privilégiés, ceux qui ont la garantie de l'emploi, les fonctionnaires et les employés des services publics.

Le secteur privé, lui, est contre la grève, et pour le report de l'âge de la retraite à 62 ans, voire 65 ans car il sait que ses emplois sont menacés et que si l'on n'allège pas les charges sociales de leurs entreprises, celles-ci vont disparaître et avec elles leurs emplois. Ils savent que les Allemands, dont les syndicats représentent essentiellement le secteur privé, et pas comme en France les seuls privilégiés, ont voté il y a déjà longtemps l'allongement de l'âge de la retraite à 65 ans.

Car ne l'oublions pas, les syndicats français ne représentent que les privilégiés, ceux du secteur public, 20 % des travailleurs, pas du tout les 80 % des travailleurs du secteur privé. Si l'on regarde leurs cotisants, cotisent environ 20 % du personnel des services publics et 1 à 2 % du personnel employé par le privé (ce taux est si faible qu'il est à peine mesurable).

Mieux, une très grande partie des manifestants qui vont défiler demain dans les rues sont en fait des personnels des secteurs publics à disposition des organisations syndicales et continuant d'être payés par leurs administrations, avec l'argent des contribuables.

Salariés du privé, ceux qui vont défiler, le font avec les sous de vos entreprises, qui auraient pu servir à investir et à créer des emplois. Ils sont unis au service d'une seule cause : préserver la possibilité pour les privilégiés de votre société, les fonctionnaires et employés du service public, de partir à la retraite à 55 ans ou même avant.

Que notre économie s'effondre, que nos entreprises ne puissent plus être concurrentielles et exporter, ils n'en ont rien à faire.

Une grève oui, mais celle des privilégiés pour la conservation de leurs privilèges.

NB : Voilà ce qui circule aujourd'hui chez nos amis de la fonction publique :

"Si vous envisagez de faire grève demain, vous n'avez aucune obligation de vous déclarer a priori, même si votre encadrement le demande."

Lire aussi : Retraites : faire la réforme malgré la grève

Commentaires

  • Par jeanvaljean • Posté le 20/09/2010 à 20:17 Bonjour,

    L'abondance des réactions montre que ce sujet fait vraiment débat.

    Ce qui manque c'est la transparence!

    Un calcul additionnant les avantages des fonctionnaires des régimes spéciaux(départ plus précoce+taux retenu+salaire des 6 derniers mois retenu comme base+primes et bonifications=par exemple gain de 4 trimestres tous les 5 ans pour les agents de police,pénitenciaire et...aiguilleurs du ciel) on arrive à la conclusion invraisemblable que 3,5 millions de retraités de ces "chers" régimes coûtent autant que celle de 11 millions ,à salaire égal au départ!..Et tout ça au pays de l'égalité!!Mais leur réforme a échoué,puisque des avantages ont immédiatement compensé la future baisse,alors pourquoi se gêner?

    Cordialement
  • Par Ph. Périnet-Marquet • Posté le 18/09/2010 à 10:24 Encore bien d'accord et çà fait 50 ans que çà dure !

    Mais çà ne durera plus très longtemps......
  • Par Bernard Zimmern • Posté le 17/09/2010 à 11:49 C'est insuffisant mais au moins vous avez un boulot. Je suis forcé de prendre souvent le taxi et vous ne pouvez pas savoir combien de chauffeurs de taxi sont des techniciens de l'informatique dont le poste avait été supprimé et qui ont été forcés pour vivre de se reconvertir dans le taxi. Ils rêveraient de 2.000 euros net par mois. et avec la sécurité !
  • Par seb • Posté le 17/09/2010 à 11:49 Je suis technicien en informatique dans la fonction publique depuis 20 ans, BAC+5 et je gagne - de 2000€ net par mois, dont une bonne part de primes qui ne seront pas prises en compte dans ma retraite !
    Quand un établissement ferme et c'est de plus en plus fréquent, 3 propositions vous sont faites souvent sans rapport avec votre spécialité, au mieux dans votre département, plus souvent sur votre région. Si vous refusez, vous êtes démissionnaire. Belle sécurité.

    Je ne m'en plains pas c'est un choix, mais de là à s'entendre traiter de privilégié!

    Comparez plutôt le système de retraite que l'on veut nous imposer avec ce qui se pratique chez nos voisins. Pour exemple, nos voisins britanniques partiront à 67 ans c'est vrai, mais d'ici 2040 et il ne leur faudra que 30 annuités pour toucher un taux plein.

    Au lieu de dresser les français les uns contre les autres, renseignez vous à avant d'écrire n'importe quoi.

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