Emploi et politiques sociales

Un autre entrepreneur crie au-secours

02 juillet 2009 • l'équipe de la Fondation iFRAP

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Cher Monsieur, comme très souvent, je partage entièrement vos analyses, en particulier sur l'incapacité pour l'Etat d'être le moteur et le promoteur de la croissance et de la création d'entreprise, et sur le rôle crucial des BA et des incitations fiscales nécessaires.

Sur les gaspillages, un exemple concret que je vis actuellement, et qui rejoint d'ailleurs le texte ci-dessus.

Après une longue carrière à des postes de Dg dans des grands groupes, j'ai créé avec deux associés une PME (9 salariés, 16 ETP après 5 ans d'existence) innovante dans les nouvelles technologies.

Suite à la crise qui nous a assez fortement touchés depuis octobre dernier, nos résultats 2008 sont très mauvais et, malgré un carnet de commandes bien rempli et un Business Plan très prometteur, nous avons actuellement de graves difficultés de trésorerie.

Nos deux banques (des grandes banques de la place) refusent de nous accorder des crédits court terme (on parle d'une centaine de milliers d'Euros maximum) pour un CA attendu cette année d'au moins 600 à 800 k€, soit presque le double de l'année dernière, notre année noire), malgré les cautions à la fois de la Coface (qui assure le développement de notre filiale créée fin 2008 aux US), et d'Oséo, qui nous apprécient, nous accompagnent et nous ont déjà financés au maximum.

L'une d'elles prévoit même de supprimer notre autorisation de découvert pour mi-juillet, ce qui nous met en grand danger de cessation de paiement et de faillite avec 12 emplois à la clé.

Or l'un de mes amis travaille chez l'une de ces banques et a eu en interne une communication officielle de la hiérarchie donnant l'ordre aux équipes commerciales de restreindre fortement les crédits aux PME afin de limiter les risques, malgré les fonds reçus par la banque du gouvernement à cet effet ! Il n'a évidemment pas pu intervenir, mais, connaissant mon histoire et mes difficultés, il bouillait intérieurement.

Comment dénoncer ces pratiques éhontées et ces quasi détournements de l'argent public, au mépris des créateurs d'entreprises (et donc d'emplois) cherchant désespérément un peu de financement ? Peut-être pourrez-vous faire remonter ce cas (et je sais que je suis loin d'être le seul !) aux responsables politiques afin de les alerter sur les détournements dont font l'objet les fonds publics qu'ils croient distribuer pour aider le pays, et qui n'arrivent jamais ! C'est désespérant d'investir dans ce pays ! Sachez aussi que nous avons fait appel au Médiateur du Crédit, dont l'intervention nous donne toute satisfaction, et qui pourra, nous l'espérons, faire pencher la balance ces prochains jours.

Merci pour ce que vous pourrez faire, Bien Cordialement et continuez votre action !

LP, un entrepreneur innovant

Commentaires

  • Par Denis Jaisson • Posté le 03/07/2009 à 22:59 La disparition de la propriété privée – faire main basse sur l’économie tout entière – est une étape incontournable de la réalisation du programme social des loges. Mais comment s’y prendre alors que les Français sont si attachés à la propriété privée et à la liberté d’entreprendre? En rendant impossible ce qui est permis, tout simplement! Ceci n’est pas nouveau pour tout le monde; relisons plutôt les propos de Michel Clouscard:

    (www.vulc1.fr/cl/fr/index.php/Les_Trente_Honteuses)
    «Le néo-fascisme sera l’ultime expression du libéralisme social-libertaire, de l’ensemble qui commence en Mai 68. Sa spécificité tient dans cette formule: "Tout est permis, mais rien n’est possible". A la permissivité de l’abondance, de la croissance, des nouveaux modèles de consommation, succède l’interdit de la crise, de la pénurie, de la paupérisation absolue»
    Le comble de l’ironie libérale liberticide est que ces propos sont extraits d’un article, "Les Trente Honteuses", qui parut dans le journal l’Humanité (30 avril 2002).
  • Par Elisabeth PRETRE • Posté le 03/07/2009 à 18:09 Adressez-vous à votre Préfet ou à la CCI

    les Préfets ont reçu des ordres du Gouvernement pour aider les entreprises et il existe des médiateurs qui discuteront avec vos banques.

    Bonne chance
  • Par Luc SEMBOUR • Posté le 03/07/2009 à 00:36 LP a bien du courage d'avoir investi en France. Il commence à comprendre la différence entre la casquette de DG d'entreprise existante et celle d'entrepreneur commençant au ras du sol. Il s'est cru en Amérique (USA, CDN etc...)
  • Par Maellys93 • Posté le 02/07/2009 à 20:11 Ce que n'a pas compris notre entrepreneur qui crie au secours, c'est que les banques ont intérêt à préter à l'ETAT plutôt qu'à une PME.

    L'ETAT est le premier client des banques compte tenu de sa dette abyssale!

    D'autre part l'ETAT c'est du sûr.
    Car derrière l'état il y a tous les contribuables.

    Et en 2012, après les présidentielles, la pression fiscale va fortement augmenter, donc pas de risque de faillite comme pour une PME
    Cher Entrepreneur, un conseil, quittez la France, d'autant plus que vous avez déjà un pied aux US.
    La France avec toute sa bureaucratie n'est pas une localisation favorable à l'épanouissement des entreprises.

    C'est malheureux de le dire, mais c'est la réalité depuis fort longtemps.

    En tant que chef d'entreprise il vous incombe de prendre les décisions STATEGIQUES qui s'imposent.

    La localisation de votre affaire en est une.

    Ne perdez plus tout votre temps à négocier vos lignes de crédit .

    Votre temps est plus utile pour trouvez des clients et développer vos produits.
    De Gaulle, en son temps , s'est bien délocalisé!

    L'histoire a montré qu'il avait pris LA bonne décision statégique.

    Ce qui n'a pas été le cas par exemple de Laval.

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