Emploi et politiques sociales

Témoignage : 4 fois aux urgences hospitalières pour rien

30 juin 2005 • une contribution extérieure

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Nous avons retenu ce témoignage pour son objectivité et son exemplarité. Le patient est un adulte. Lui et sa famille ont agi de façon tout à fait méthodique au cours des différentes étapes. Les hôpitaux ont fait preuve d'insuffisances graves dans plusieurs domaines : diagnostic, prise en charge, analyses. L'établissement en première ligne est l'hôpital Saint-Antoine à Paris.

Samedi 20 heures

Le malade, souffrant de fortes douleurs à l'aine depuis 3 jours, consulte SOS médecin qui décide d'appeler les pompiers. Ceux-ci emmènent le malade aux urgences.
Auscultation, prises de sang et d'urine, scanner, lavements… Renvoi du malade chez lui avec antibiotiques à 3 heures du matin.

Lundi 13 heures

Les douleurs sont intolérables. Second retour aux urgences. Auscultation, prises de sang et d'urine, lavements… Renvoi du malade chez lui vers 18 heures.

Douleurs de plus en plus fortes malgré les calmants.
Appel du SAMU vers 2 heures du matin, troisième retour aux urgences.
Auscultation … Renvoi du malade chez lui vers 4 heures du matin avec un calmant.

Mardi 15 heures

Le malade entre aux Urgences (4ème fois) d'un second hôpital sur recommandation du médecin traitant de son père.
A 18 heures, le malade est renvoyé chez lui avec une demande d'analyse de sang.

Mercredi 10 heures

En apprenant cela, le médecin traitant est scandalisé et décide de prendre les choses en main. Il prend contact avec à un collègue-ami chirurgien.

En parallèle, le père du malade essaie d'obtenir de l'hôpital Saint-Antoine les résultats de l'analyse d'urine du samedi, la disponibilité des résultats ayant été reportée de jour en jour pour, soi-disant pour cause d'analyses plus approfondies et de cultures. Finalement le mercredi après-midi : "Personne ne l'a vue, personne n'a de trace, nous avons dû les mettre au frigidaire dimanche matin car le laboratoire d'analyse ne fonctionne pas le dimanche et après on a dû les jeter". Et celles du lundi ? "J'ai beaucoup de travail, des patients attendent, je dois raccrocher".

Jeudi 16 heures

Auscultation par le chirurgien : il faut opérer. Le chirurgien se charge de trouver un lit dans une clinique.

Vendredi 12 heures

Le malade est opéré d'une déchirure musculaire interne à la clinique Jeanne d'Arc. Il va très bien.

Conclusion

La médecine est une technique difficile. Les patients et les symptômes sont complexes. Mais ce cas confirme les problèmes dénoncés par l'iFRAP dans Société Civile depuis des mois :

- Inégalités entre patients : que serait devenu ce malade sans ses relations dans le monde médical ?
- Dysfonctionnements : la qualité des soins n'est pas assurée même dans un grand hôpital de la capitale
- Coûts : le traitement de ce malade a coûté beaucoup plus cher (3 à 5 fois) que s'il avait été correctement pris en charge,
- Désorganisation : beaucoup de services d'urgences sont surchargés parce qu'ils sont désorganisés, pas le contraire,
- Monopole : heureusement que la clinique était là pour le diagnostic et l'opération. Comment ferons-nous si l'Assurance maladie et le ministère de la santé continuent à les faire disparaître ?

Ce témoigange confirme surtout qu'il est urgent d'appliquer les propositions de l'iFRAP pour la réforme des hôpitaux publics

Lire les propositions de l'iFRAP à la fin du dossier du n°48

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