Emploi et politiques sociales

Suisse : « le chômage au plus haut »… à 3,4% !

19 mars 2009 • Bernard Zimmern

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C'est le titre sous lequel, le grand quotidien « Le Temps » (du 10 mars 2009) publie une courbe du chômage et annonce une progression du taux de chômage en février de 0,1% avec 132.400 chômeurs.

Et contrairement aux légendes qui circulent, ce haut niveau de l'emploi n'est pas lié au secret bancaire. Les banques sont loin de constituer le secteur d'emploi dominant.

Avec environ 100.000 emplois, sur un total d'emplois pour l'ensemble suisse d'environ 4 millions, le secteur bancaire est fortement distancé par le secteur MEM, regroupant les machines, les équipements électriques et les métaux qui lui, occupe 300.000 personnes, avec des sociétés célèbres comme Sulzer à Winterthur.

Bien que loin de la mer, Sulzer, fabrique d'énormes diesels pour la marine ; et parmi les plus grosses turbines à vapeur. De même, l'industrie pharmaceutique est connue dans le monde entier par les géants Hoffman-La Roche et Novartis ; le secteur pharmaceutique emploie à lui seul 68.000 personnes.

Au total, le secteur manufacturier représente environ 20% des emplois, proportionnellement beaucoup plus qu'en France où ce pourcentage est tombé en dessous de 15%.

Il est en particulier remarquable de noter que le seul secteur de la machine-outil se situe parmi les plus importants mondiaux, très loin devant la France qui dans ce domaine n'existe presque plus. L'iFRAP lui consacre d'ailleurs son dossier de mai 2009.

Il faut dire que les Suisses ont compris de longue date qu'il faut de l'argent pour créer ou développer des entreprises et des emplois qui créent des emplois. Et c'est pourquoi ils ont accueilli à bras ouverts, non seulement les stars de la chanson ou du sport, mais tous les Français chassés de leur pays par l'ISF, cet impôt anti-riche.

Peut-être pourrions-nous apprendre des Suisses, qui avec un des plus hauts revenus par tête au monde ont aussi l'un des taux de chômage les plus bas, que plus une nation a de riches, plus la paupérisation recule. Mais ne serait-ce pas croire en Alice au pays des merveilles ?

Commentaires

  • Par Rousalain • Posté le 23/03/2009 à 10:40 Dans cette optique, il serait judicieux de tenter de créer un réseau parallèle aux banques, composé uniquement de PME et ARTISANS.
    Le principe de base serait :
    Prêter en urgence un fonds de trésorerie à "Court Terme"

    Créer un fichier donnant la situation des trésoreries des adhérents pouvant ainsi appeler l'un ou l'autre en fonction des excédents de trésorerie pour les prêter sur maxi 90 jours, afin d'éviter l'asphyxie de la Pme en difficulté passagère.

    Bien sûr une règle de déontologie serait à féfinir.
    Le prêt serait fait uniquement à titre individuel de part et d'autre, mais avec un engagement sur l'honneur, l'étude serait faite par un mini conseil de professionnels de l'activité du demandeur ...
    On parle de solidarité, allons-y et retrouvons nos valeurs de l'humilité pour la demande d'aide, de la lucidité pour la bonne analyse de sa situation et de la loyauté de son engagement pour le remboursement de cette aide.
    Le S A M U de la trésorerie de la PME et de l'ARTISAN
  • Par pascalg • Posté le 23/03/2009 à 10:37 L'attitude des suisses à l'égard de la richesse compte sans doute, mais il y a un facteur très important : l'efficacité de la fonction publique suisse, que je peux illustrer de deux exemples.
    * travaux tripartites (France Suisse Allemagne) sur le Rhin. Les Français viennent en réunion avec un "chef" (qui n'y connait rien mais qui est le représentant officiel) et un technicien (celui qui a vraiment bossé sur le dossier) pour chaque organisme (l'Etat, le conseil régional, le conseil général, l'agence de l'eau, la commune, etc. ) ; et ces participants par dizaines ne sont pas plénipotentiaires, quand la réunion est finie et qu'on s'est mis d'accord (après combien de palabres, chaque organisme intervenant même et surtout quand il n'a rien à ajouter...) il leur faut encore faire valider la décision par une assemblée ou un super-grand chef, ce qui prend quelques mois de plus... Coté suisse, le responsable est unique et il a le pouvoir d'agir immédiatement ; il rendra des comptes a posteriori sur l'exécution, la qualité et le coût des travaux.
    * Recherche : j'ai travaillé avec un chercheur suisse, il était absolument maître de son budget, dont il pouvait faire ce qu'il voulait, immédiatement, sans dépendre d'un visa administratif : participer à des colloques (frais d'hôtels, etc.), acheter du matériel, embaucher des thésards, ou même financer des études d'autres chercheurs dont les résultats l'intéressaient (il l'a fait pour notre équipe !). Bien sûr il avait des compte à rendre, a postériori.
    Quelles économies et quel gain de temps, sans oublier le climat psychologique bien meilleur... et, au final, qui peut affirmer qu'il y aurait moins de détournement de fonds publiques en France qu'en Suisse ?
    cordialement
  • Par Kate Summerbeach • Posté le 21/03/2009 à 10:23 Bonjour!
    Je travaille en Suisse (Genève), sous le statut de frontalière.
    Je voudrais introduire quelques nuances dans votre article:
    1) la banque est l'un des secteurs où les employés sont les mieux rémunérés, ce qui entraîne, comme toutes les autres activités économiques suisses, des retombées importantes sur l'économie locale, voire régionale pour les régions frontières, en termes notamment de consommation et d'immobilier (plus une incidence sur la cherté de la vie qui devient catastrophique pour les non-frontaliers ayant de petits ou moyens salaires, de part et d'autre de la frontière)...
    2) le secteur bancaire est en train de licencier, discrètement, à la hussarde. Il semble que les premiers postes supprimés soient ceux des étrangers engagés plus ou moins récemment.
    3) cela nous amène à la constatation suivante:

    ces étrangers, tout comme les quelque 208'000 frontaliers, sont licenciables, quel que soit le secteur dans lequel ils travaillent, quasiment avec effet immédiat, comme l'autorise la législation suisse. S'ils ne retrouvent pas un autre poste de travail en Suisse, ils doivent quitter le pays (à moins d'avoir un permis C ou la double-nationalité).
    Ils n'apparaissent donc pas dans les statistiques de chômage helvétiques, car si chacun d'eux a dû payer ses cotisations chômage sur son salaire suisse, c'est la France ou tout autre pays d'origine qui doit lui verser ses indmenités chômage. Comme c'est bien souvent la France ou le pays d'origine qui a financé sa formation scolaire, professionnelle, voire universitaire, comme la France finance les écoles de ses enfants, les infrastructures nécessaires à ses déplacements, subventionnera ses transports publics, etc.
    Il y a là tout un sujet à approfondir car si d'une part, ces travailleurs transfrontaliers sont sans doute la préfiguration du monde du travail de demain, dans toute l'Europe, ils sont, pour la Suisse qui manifeste actuellement des sentiments de rejet à leur égard, une main-d'oeuvre extrêmement intéressante, souvent très qualifiée, en tout cas bien formée et courageuse, s'adaptant facilement et qui n'est pas une charge.
    Il serait intéressant de faire une étude auprès des institutions de chômage françaises pour connaître le nombre de chômeurs d'origine frontalière et, pour ceux qui ont travaillé en Suisse, d'inclure leur nombre dans les statistiques suisses.
    Néanmoins, travailler en Suisse est, pour beaucoup de ces travailleurs, non seulement une fierté mais bien souvent très satisfaisant, le pays étant beaucoup plus démocratique que la France avec des liens sociaux sans antagonisme et plus riches, une qualité de vie bien meilleure.
  • Par Thierry FOURGEAUD • Posté le 20/03/2009 à 21:56 Bonjour,
    Comme vous l'écrivez, "les Suisses ont compris de longue date qu'il faut de l'argent pour créer ou développer des entreprises et des emplois qui créent des emplois etc."
    La très grande majorité des Français n'a toujours pas compris... car cette grande majorité préfère un régime socialo-communiste, être dirigée par L'ETAT sans se rendre compte que l'Etat est le plus mauvais gestionnaire du monde et qu'il nous mène droit à la faillite et à la médiocrité... depuis plus de 30 ans; nous y sommes déjà et la situation va s'amplifier ! Le Général DE GAULLE doit "tourner à 8000 T/minute dans sa tombe...
    Notre magnifique Pays est perdu... à jamais.

    Bien cordialement

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