Emploi et politiques sociales

SNCF : un sérieux problème de crédibilité

25 novembre 2008 • Philippe François

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Comment expliquer la reculade récente de la direction générale de la SNCF sur le fret ? Quels étaient les enjeux de cette réforme ?

A propos du Fret, Guillaume Pepy a affirmé "sa détermination totale" à mener à bien le volet social de la réorganisation du fret, alors que de récentes discussions avec les syndicats ont tourné court. "Une réforme sociale de Fret SNCF est indispensable", a-t-il martelé, faisant de ce point la condition sine qua non de la survie de cette activité, en crise financière chronique depuis des années. (Les Echos, 25 mai 2008)

- 25 mai 2008 : Guillaume Pepy : sans réforme des conditions de travail des conducteurs de trains, le Fret SNCF est condamné à disparaître

- 26 mai 2008 : face à l'opposition des syndicats, la réforme ne s'appliquera qu'aux volontaires

- 1er novembre 2008 : 900 conducteurs de trains du Fret sont volontaires

- 19 novembre 2008 : un projet de réforme minimale est accepté par certains syndicats

- 21 novembre 2008 : face à l'hostilité de SUD, l'application de la réforme est repoussée à plus tard même pour les volontaires

Pourquoi ?

- Avec la crise, l'ambiance sociale n'est pas très optimiste et la direction ou le gouvernement ont pu souhaiter calmer le jeu.

- A l'approche des élections prud'homales, les syndicats ont pu souhaiter faire preuve de surenchères.

Pourtant la donne est simple pour la SNCF :

- A cause de son organisation du travail les coûts directs salariaux sont supérieurs de 34% par rapport aux opérateurs privés.

- Ceux-ci ont pris 10% du marché depuis l'ouverture à la concurrence en 2003-2006 et continuent de gagner du terrain

- Bruxelles n'acceptera plus aucun plan de soutien de l'Etat français au fret.

- La SNCF va droit dans le mur.

Si on avait voulu démontrer une nouvelle fois que la gestion d'une entreprise est incompatible avec la gestion publique, c'est réussi.

Commentaires

  • Par Philippe François • Posté le 26/11/2008 à 23:23 Comme les lemmings, des groupes de personnes semblent parfois saisies de tendances suicidaires. Mais l'expérience montre qu'il suffit de peu de choses (la vérité + un dirigeant) pour que cela change. Des exemples: Air France, France Telecom ... . Quel sera le déclencheur pour la SNCF, c'est toute la question. A l'iFRAP on y croit, mais c'est urgent.
  • Par BR • Posté le 26/11/2008 à 23:23 Eh bien, comme elle est irréformable, il vaut mieux qu'elle meure! On fera autre chose avec les dépouilles...C'est déjà engagé pour le fret qui vient de signer sa condamnation, il ne manque pas de concurrents pour prendre la place, ce sera vrai aussi pour le trafic voyageurs, qui a bien besoin de réformes.
  • Par claudesi • Posté le 26/11/2008 à 17:41 Garder son emploi...

    Gagner plus (en plus des avantages spéciaux acquis...)

    Mais surtout ne pas participer à la "survie" de l'entreprise qui, c'est certain, va se faire engloutir par la concurrence qui "elle" est active n'ayant pas la Garantie de l'emploi.

    Voilà la politique suicidaire de ceux-ci.

    France Télécom était agonisante et maintenant florissante cherchez l'erreur...
  • Par LE LOUP CERVIER • Posté le 26/11/2008 à 15:12 il n'y a malheureusement pas que le frêt pour envoyer cette Société dans le mur, ses nombreux autres services l'y aident beaucoup aussi. Avec un bilan pareil, n'importe quelle Société privée déposerait son bilan.

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