Emploi et politiques sociales

Revenir aux fondamentaux de l'économie

Revenir des chimères économiques aux fondamentaux

11 juin 2008 • Bernard Zimmern

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Heureusement pour nous, les statistiques américaines montrent que 95% des emplois sont créés non plus dans des industries technologiques de fabrication mais dans les services et ces créations s'appuient sur une matière première inépuisable et dont la France est très bien dotée : l'imagination. Si nous avons une partie industrielle à jouer, c'est de permettre à des entreprises comme Ubisoft, le spécialiste des jeux informatiques, de se développer et pour cela, l'Etat n'a qu'une stratégie possible : faire financer la création et le démarrage de ces entreprises par le secteur privé, par des investisseurs qui prennent le risque.

Les Américains et les Anglais ont compris de longue date que demander à des fonctionnaires qui ne courent aucun risque dans l'aventure de décider où va la manne de l'Etat était schizophrénique et qu'il fallait laisser les individus faire leur sélection en rendant cependant plus attractif l'investissement dans la création d'entreprises, que nos sociétés modernes dissuadent par des taux d'imposition des profits très élevés. Ce sont les politiques fiscales ayant dynamisé le développement des Business Angels comme la Small Business Investment Act américain de 1958 et l'EIS anglais de 1983 ?

En France, nous sommes terriblement en retard. Là où les Américains, à population égale à la nôtre, mobilisent chaque année à travers leurs Angels de l'ordre de 20 milliards de dollars, les Anglais de l'ordre de 7 milliards d'euros, nous atteignons péniblement quelques centaines de millions. La récente loi TEPA, à travers la mesure ISF, va un peu aider mais malheureusement, cette mesure fiscale, coûteuse, servira peu à créer des Angels car on ne fait pas un Angel en lui demandant d'investir 66.666 euros ; la moyenne des investissements des Angels anglais se situe à 100.000 euros, et celle des investissements américains de l'ordre de 200.000 ; mais le plafond de l'EIS anglais est de 800.000 livres par an, soit environ 1,2 million d'euros. Avec les plafonds de la TEPA ou celui de l'avantage Madelin plafonné à 40.000 euros, l'Etat français favorise la défiscalisation, pas la création d'Angels ; il fait des trous dans son budget mais ne relance pas l'économie.

Il faut arrêter ce jeu de massacre. La voie d'un avenir économique pour la France n'est plus dans la chimère d'un Mittelstand mais dans une vraie mesure fiscale qui pousse ceux qui le peuvent encore à investir plus de 100.000 euros par entreprise et par an dans des créations d'entreprises.

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