Emploi et politiques sociales

Réforme de l'hôpital - L'alerte de la Cour des comptes

Bien plus sévère que les alertes de l'iFRAP ...

18 septembre 2009 • Philippe François

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- 40 % de surcoût moyen des hôpitaux par rapport aux cliniques

- et un écart de 1 à 2 entre les coûts des différents hôpitaux publics

Les rapports officiels sur ce sujet ont été régulièrement classés sans suite, et de nouvelles commissions réunies pour gagner (= perdre) du temps. Mais dans son colloque de 2005 à l'Assemblée Nationale, dans ses tribunes publiées depuis dans la presse nationale et dans ses enquêtes pour Société Civile, l'iFRAP s'est tenu à ses chiffres qui n'ont jamais été démentis et justifient la réforme des hôpitaux ...

Le rapport 2009 de la Cour des comptes vient de fournir des résultats d'enquêtes précises au niveau de services hospitaliers "dans des spécialités moins susceptibles que d'autres d'hétérogénéité dans le contenu des soins".

Ampleur des écarts entre les hôpitaux
Personnel médical par lit Personnel non médical par lit Séjours par lit Durée moyenne des séjours Recette par lit Taux d'occupation
Pneumologie 1 à 10 1 à 3 1 à 4 1 à 4 1 à 2 1 à 3
Orthopédie 1 à 8 1 à 3 1 à 3 1 à 3 1 à 3 1 à 2
Maternité 1 à 5 1 à 4 1 à 4 1 à 2 1 à 3 1 à 3
Source : Cour des Comptes - rapport entre les valeurs maximales et minimales

Note de lecture : dans les services de maternité enquêtés, le nombre de personnel médical varie de 1 à 5 et la durée de séjour de 1 à 2.

L'étude impartiale de la Cour des comptes fournit des informations incontestables qui confortent les enquêtes précédentes. Ces données, et d'autres sur des milliards d'investissements aventureux du plan Hôpital 2007, sont particulièrement bien venues juste avant la discussion au Parlement du budget 2010 de l'Assurance maladie.

Ce qui est moins compréhensible par contre c'est la recommandation de Philippe Seguin d'augmenter les cotisations sociales pour réduire le déficit de l'assurance maladie prévu à 10 milliards d'euros en 2009, et à 20 milliards en 2010. Le rapport de la Cour des comptes le confirme : l'urgence, c'est de réformer les hôpitaux, pas d'augmenter les prélèvements obligatoires.

Commentaires

  • Par Philippe François • Posté le 25/09/2009 à 11:23 1) Dans cette étude, la Cour des comptes ne parle pas des cliniques mais compare des hôpitaux publics entre eux pour des soins "courants". Comme vous pouvez le voir les écarts vont de 1 à 3 dans la plupart des cas. Le scandale est déjà là.

    2) Dans ces conditions, il est vraisemblable que les Cliniques sont capables de faire mieux que ces hôpitaux trois fois moins efficaces que leurs homologues ?

    3) L'argument "les cliniques ne traitent que les maladies rentables" est étonnant. C'est la grille tarifaire qui est mal faite. Tous les actes devraient être payés à l'hôpital comme à la clinique à un prix couvrant les coûts.
  • Par MALKO • Posté le 25/09/2009 à 11:23 Il est très facile d'opposer Clinique et Hôpitaux Publics. Mais en y regardant de plus près, on se rend compte, les situations peuvent varier selon les régions, que dans bien des cas, les cliniques sélectionnent les spécialités et les patients les plus lucratifs, alors que le service public se doit d'acceuillir tout le monde, sans discrimination. Je pourrais vous citer nombre de cas où lorsque la clinique n'avait plus rien à "gratter" sur un malade (examens, analyses, actes techniques...), on lui conseilla gentiment d'aller mourir à l'hôpital public car de toute façon, les soins paliatifs ne sont pas rentables pour une clinique. Dans ces conditions, ne vous étonnez donc pas que l'on décède plus à l'hôpital qu'en clinique et que les chiffres de rentabilité soient à l'avantage du privé. Et cette clinique de ma ville où les acouchements se font souvent après minuit histoite de facturer le tarif de nuit, le tout au détriment de la santé de la mère et de l'enfant. Je vais jusqu'à penser que Clinique et Hôpital ne font décidément pas du tout le même métier.
  • Par bm • Posté le 23/09/2009 à 21:16 J'ai quitté l'AP HP en 1979, écoeuré par le gaspillage tout azimuth.

    Mon travail de gastroentérologue libéral me permet de limiter les hospitalisations et de travailler plus vite, mieux et beaucoup moins cher. Or, le Ministère m'a empêché de faire mes endoscopies au cabinet pour un potentiel d'économies de 600 M d'€/an environ. Je suis tombé dans le guet-apens du secteur 1. Je gagne (bac + 13) 50% de moins pour 20% de travail en plus qu'il y a 30 ans car la valeur des actes n'a pas bougé en monnaie courante en 30 ans. Qui connait un service privé qui a eu la même évolution ?

    J'ai rempli avec enthousiasme les PMSI dont j'espérais qu'ils permettraient de montrer l'efficacité du privé. Dès que la preuve en a été apportée, les PMSI ont été rendus incomparables entre public et privé.

    Les gastros de mon bassin régional se donnent le mal de maintenir une garde permanente mais, depuis le centre 15, ils n'ont plus de patients alors que l'on se plaint de la lenteur et du coût des urgences.

    Et pourtant, je fais toujours les mêmes efforts pour la qualité, la rapidité et le coût.

    Le Ministère a donc eu raison !
  • Par bernin • Posté le 19/09/2009 à 11:04 Les disparités d'encadrement de personnel dans les hôpitaux pour une même discipline est certes importante, mais peut se justifier en grande partie, notamment par :

    - les performances et attraits du service,

    - la durée de séjour des patients et l'importance des actes réalisés en "ambulatoire",

    - la lourdeur et la technicité plus ou moins grande des soins développés,

    - par la configuration des locaux : 1 ou plusieurs étages, chambres individuelles ou à 2 ou 3 lits, etc.

    Les très grands écarts en personnel médical peuvent provenir aussi du fait que dans les CHU, les praticiens ont des fonctions hospitalo-universitaires et de recherche, l'effectif de médecins par lit étant par conséquent surévalué. Par ailleurs, certains hôpitaux peu attractifs manquent cruellement de mèdecins au lit du patient

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