Emploi et politiques sociales

Réforme de l'assurance-maladie aux USA selon Barack Obama

Attention aux « faux amis »

20 novembre 2008 • Philippe François

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La classe politique française, globalement favorable à Barack Obama, est enthousiasmée
par son plan de Couverture maladie universelle. Ce système vise notamment à faire assurer
les 47 millions d'Américains qui ne le sont pas actuellement [1]. Des personnes qui, soit choisissent
de ne pas s'assurer, estimant leur risque de maladie très faible, soit n'en ont pas les moyens.
Ce sont souvent des personnes aux revenus modestes, travaillant dans de petites entreprises
ou en indépendants. Les pauvres, une partie des enfants et les personnes de plus de 65 ans sont,
quant à eux, déjà pris en charge par la collectivité pour la partie la plus importante de leurs soins.

Projet instituant une assurance-maladie obligatoire
pour tous avec une aide
éventuelle de l'État : nos responsables
et de nombreux commentateurs
en ont déjà conclu que
Barack Obama projette de mettre
en place un système d'assurance-maladie
« à la française ».
Mais, voici son programme :

« Under the Obama plan, Americans
will be able to maintain their
current coverage if they choose to »
,
soit : « Avec le plan Obama, les Américains
pourront conserver leur couverture
actuelle s'ils le veulent ».

Faux amis

Entre le Français et
l'Anglais, il existe des listes
entières de mots qui se
ressemblent, mais qui ont
des sens très différents.
« Universal health
insurance » peut faire
penser à « Caisse nationale
d'assurance-maladie » ou
à « Couverture maladie
universelle », mais a très
peu à voir avec eux.

C'est exactement ce qu'Hillary
Clinton avait annoncé dans son
programme : « This is not government-
run : there will be no new
bureaucracy. You can keep the doctors
you know and trust. You can
keep the insurance you have, if you
like that »
, soit : « Ce n'est pas un
programme géré par le Gouvernement : il n'y aura pas de nouvelle
bureaucratie. Vous pouvez garder
les médecins que vous connaissez
et en qui vous avez confiance. Vous
pouvez garder l'assureur que vous
avez, si cela vous convient ».

L'objectif de Barack Obama est
bien que, comme en France, tous
les citoyens soient assurés. Mais la
méthode est complètement différente,
puisque les Américains
conserveront la liberté de choisir
leur assureur. En France, nous
sommes contraints de nous assurer
à la Cnam (ou à la MSA ou la
Canam, suivant la profession) pour
l'assurance obligatoire et pouvons
choisir en plus une assurance complémentaire.

C'est précisément ce
manque de souplesse qui fait que
notre système de soins fonctionne
de façon incohérente : ni le coût
des soins, ni leur qualité ne sont
pris en compte par la Cnam pour
guider leurs clients vers les filières
les plus performantes. Et la dualité
assureur obligatoire/assureur complémentaire,
en plus de dupliquer
les frais administratifs, achève de
déresponsabiliser tous les intervenants.
Puisque nos responsables
sont si enthousiasmés par le plan
Obama, pourquoi persistent-ils à
interdire, en France, la concurrence
entre assureurs santé ?

[1] Notez que si 47 millions sont
à tout moment sans assurance, seulement 5 millions y sont sur une période de plus de 48 mois.

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