Emploi et politiques sociales

Que peut-on attendre des mesures Fillon d'ajustement de la demande à l'offre ?

Colloque "Une comparaison France - Royaume-Uni. Le retard français : 7 millions d'emplois."

25 février 2004 • l'équipe de la Fondation iFRAP

emploi_politiquessociales.jpg

Programme Dutreil 1

Je crois qu'il faut saluer les efforts que le ministre des PME a prodigués pour essayer de pousser à la création d'entreprises en France, mais, ainsi qu'il le dit lui-même, il n'a obtenu du ministère des Finances que 350 à 350 M€, ce qui est trop "timide". Aux Etats-Unis, le déficit du Trésor américain pour créer les incitations fiscales pour développer les entreprises était de l'ordre, il y a quatre ou cinq ans, de 18 milliards de dollars. Simultanément, les mêmes dispositions rapportaient au Trésor américain 68 milliards de dollars.

Nous ne sommes pas dans le même ordre de grandeur, et quand je vois 350 M€, alors qu' Alstom, c'est 500 M€ et que la politique de l'emploi consistant à mettre des rustines pour essayer de "caser" des chômeurs s'élève au bas mot à environ 15 milliards d'euros, il y a quelque chose qui ne "tourne pas rond" et nous devrions faire mieux. Le problème étant bien entendu la nécessité de trouver des dispositions qui, à la fois, augmentent l'incitation à mettre de l'argent dans les entreprises, mais en même temps s'assurent que cela n'augmente pas le déficit.

Programme Fillon

Ce plan n'étant pas encore bien connu, nous nous proposons de prendre rendez-vous avec le cabinet ministériel pour en explorer les différents points. Il semble toutefois que ce plan consiste à ajuster la demande d'emplois à l'offre qui existe, et donc de passer de 350.000 emplois non satisfaits à 250.000 emplois d'ici à la fin 2004. Ceci par une série de mesures touchant à un meilleur fonctionnement du marché du travail avec l'ANPE et avec, espérons-le, la suppression de son monopole, un meilleur ajustement des demandeurs par leur formation avec l'AFPA, et enfin des actions régionales.

Mais il faut s'interroger afin de savoir si cela va aller très loin. En Grande-Bretagne, le nombre d'offres non satisfaites s'élève à 600.000, ce qui veut dire que la normalité dans un marché du travail qui fonctionne bien, ce n'est pas de réduire l'écart entre les offres et les demandeurs, mais d'avoir un grand nombre d'offres non satisfaites. En France, il semble que le problème à l'heure actuelle soit surtout de jouer sur l'offre et de l'augmenter.

J'évoquerai plusieurs pistes dont je sais d'avance quelles seront refusées :

- En libérant le marché du travail du monopole de l'ANPE, un grand nombre d'offres d'emplois n'apparaîtraient-elles pas ? A l'heure actuelle, peu d'entreprises sont sollicitées par les demandeurs d'emplois, parce qu'il n'y a pas le véhicule voulu. En supprimant le monopole, il y aurait 30.000 créations d'emplois au travers de bureaux de placement, ce qui dégagerait des dizaines de milliers d'emplois supplémentaires potentiels que notre système bureaucratique interdit de faire émerger ;

- Autoriser le travail le dimanche. Par comparaison avec la Grande-Bretagne où le travail dominical est permis, cela favoriserait la création de 150.000 emplois supplémentaires ;

- Supprimer les obstacles aux licenciements, en conservant, bien entendu, les indemnités de licenciement, voire en les aggravant, ce qui vraisemblablement permettrait aux entreprises d'embaucher librement et sans doute (mais là, aucune enquête ne permet de l'affirmer) de créer plusieurs centaines de milliers d'emplois, car nous savons tous que les entreprises restent en deçà de leurs capacités d'embauche, ne voulant pas être surprises en cas de renversement de conjoncture.

PowerPoint - 46 ko
Diapos

Cet article fait partie du colloque Une comparaison France - Royaume-Uni. Le retard français : 7 millions d'emplois.

Fermer

Newsletter

Inscrivez-vous à la lettre d'information hebdomadaire de la Fondation iFRAP.

Recevez chaque semaine notre lettre d'information pour vous tenir au courant de l'activité et des travaux de la Fondation iFRAP.