Emploi et politiques sociales

L'innovation technologique n'est pas le moteur de l'emploi

02 juillet 2008 • Sandrine Gorreri

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[*Cet article date de 2008.

Voir notre mise à jour de juillet 2011

sur "le secteur high-tech aux États-Unis.*]

Même avec la baisse récente du chômage essentiellement due à la diminution tendancielle de la population active, la création d'emplois doit rester une priorité du gouvernement. Or l'une des thèses les plus répandues pour développer l'activité économique est d'encourager les nouvelles technologies qui seraient une source majeure de créations d'emplois. Qu'en est-il exactement ?

Si l'on regarde les Etats-Unis, pays du high-tech par excellence ? Certainement pas. L'association The Digital Economy recense dans son annuaire 2006 près de 3 millions d'emplois dans les secteurs de l'information et des communications, à peu près le même niveau qu'en 1997. A quoi il convient d'ajouter les 3,93 millions d'emplois dans les autres secteurs technologiquement innovants (chimie, énergie, espace, électronique). Ce qui représente un peu plus de 5% de l'emploi total. Il est frappant de constater la part finalement assez limitée en valeur absolue de ce secteur d'activité pourtant très largement connu et commenté de l'économie américaine.

La part très faible de l'innovation technologique dans la croissance prévue de l'emploi aux Etats-Unis :



Source : US Labor Department

L'emploi est bien créé par l'innovation mais l'innovation au sens large, c'est-à-dire essentiellement par le marketing. Des entreprises très innovantes se sont créées en renouvelant une offre sur des métiers de base : c'est le cas des magasins Sephora ou des cafés Starbucks pour les professions du commerce ou de Fed Ex pour le courrier. En l'occurrence, il ne s'agit pas d'innovation technologique. Mais du moment que l'on réussit on est forcément innovant.

Commentaires

  • Par V.D. • Posté le 10/07/2008 à 11:31 Comme beaucoup, je suis stupéfait du crédit que vous accordez à cet article conçu par un trafficoteur de chiffres passés, article qui s'oppose à la perception des hommes de terrain cherchant à faire vivre leur propre affaire.

    Etonnant de la part de l'IFRAP qui m'avais habitué à avoir le goût du réel.

    Ce type d'ineptie issue de l'analyse de chiffres nous conduit à de graves déboires comme l'abandon de l'industrie en considérant que la production physique n'est qu'une faible part de la valeur d'un bien. En quinze ans à peine les Chinois et autres Indiens ont rafflé des pans entiers de nos industries de base, ils viennent maintenant racheter nos entreprises de pointe.

    Cet abandon de la production physique a été officialisé à Lisbonne sous le label de l'économie de la connaissance assurant la pérennisation de nos économies sur l'hypothèse que les petits sauvages de Chine, d'Inde ou d'ailleurs sont génétiquement incapables de maîtriser les technologies ou de faire preuve de la moindre créativité.

    Faut-il rappeler qu'au début du siècle dernier on se gaussait de la piètre qualité des produits japonnais, de leurs salaires de misère et des montres vendues au poids.

    Si nous n'investissons pas en innovation produits nous ne serons pas laissés sur place mais engloutis à l'état de pays ex-développés.
  • Par MV • Posté le 09/07/2008 à 20:53 Votre article démontre ce qu'un peu de recul devrait nous faire taxer d'évidence. Et ce qui me stupéfie c'est l'ensemble des réactions qu'il suscite; comme si une sorte de parti-pris d'optimisme à tout prix s'avérait indispensable au maintien des illusions de la fameuse "croissance". Comme s'il fallait à tout prix "croître"? Mais que signifie "croître" au fond; alors que les hommes et les femmes n'ont qu'un seul but : vivre. Et que l'économie n'a qu'un seul moteur : celui de rendre possible la vie en fournissant de l'alimentation et des distractions; rien de plus. Ah si, j'oubliais, nous fournir également de l'armement; là est le seul moteur de l'industrie, le seul besoin d'innovation pour mieux porter la mort et la violence. Comme c'est beau la "croissance" !
    Par ailleurs, les obstacles aux progrès de la chimie par exemple sont induits par la crainte de mettre de nouveaux produits sur le marché du fait de la responsabilité qui en découle. On veut "croître" mais sans risques ! Alors innovons dans la réclame et la pube, dans le marketingue c'est-à-dire l'abrutissement consummériste... Enfin, on commence à parler des ravages de la distribution qui a anéanti le commerce, c'est-à-dire paupérisé tous les intermédiaires...
    Innover demain ça sera simplement accepter de voir son fils devenir plombier ou couvreur ! Lequel de vos ineffables commentateurs scandalisés de voir s'effondrer leurs délires, n'y verrait pas une terrible déchéance ?
  • Par Toto • Posté le 09/07/2008 à 20:00 IFRAP : L'innovation technologique n'est pas le moteur de l'emploi
    Ce titre est formidable en termes de valeurs transmises, et de confiance dans l'avenir. Nos énarques et autres polytechniciens corpsards n'ayant jamais ne serait-ce qu'envisagé de faire quelque chose de technologique dans leur vie en bénificieront pleinement, et seront confortés dans leurs choix qui leur ont permis de ne jamais se salir les mains.
    Je vous propose dans le même genre :
    IFRAP : faire des efforts est souvent du temps perdu.
    IFRAP : profiter du travail des autres est souvent plus rentable que d'être exigeant avec soi-même.
    IFRAP : envoyer ses enfants à l'école n'est pas forcément utile.
    signé : un polytechnicien travaillant dans l'innovation technologique
  • Par GD • Posté le 09/07/2008 à 19:08 si vous voulez créer des emplois, créez des entreprises

    l'innovation technologique n'est qu'une partie de la création d'entreprises

    nécessité d'une banque des créateurs

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